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Un aéroport (illustration).
Crédit : Unsplash/Ashim D’Silva
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Les frappes continuent au troisième jour de l'opération menée par Israël et les États-Unis envers l'Iran. Et cela n'est pas sans conséquences sur le trafic aérien mondial qui est toujours perturbé ce lundi 2 mars, laissant des dizaines de milliers de passagers bloqués à travers le monde et perturbant des milliers de vols.
La suspension de nombreux vols vers le Golfe et la fermeture d’espaces aériens en Iran, en Irak, au Qatar, au Koweït, à Bahreïn ou encore en Israël provoquent aussi un effet en cascade sur les liaisons entre l’Europe et l’Asie. Les hubs stratégiques comme Dubaï ou Doha, habituellement utilisés comme plateformes de correspondance, se retrouvent eux aussi au cœur des perturbations.
Alors que des vols reprennent de manière "limitée" ce lundi 2 mars au soir depuis les aéroports de Dubaï, la compagnie Air France a, de son côté, décidé de prolonger la suspension de la desserte de ses quatre destinations au Moyen-Orient du fait de la guerre dans la région, a annoncé lundi 2 mars la compagnie aérienne. "En raison de la situation sécuritaire à destination, la compagnie a décidé de prolonger la suspension de ses vols de et vers Tel-Aviv, Beyrouth, Dubaï et Ryad jusqu'au jeudi 5 mars inclus", a précisé dans un communiqué le transporteur, qui avait pris cette mesure dès samedi 28 février.
"La reprise des opérations restera soumise à une évaluation de la situation sur place", a ajouté Air France
Le premier réflexe à adopter est de ne pas annuler soi-même son billet. Si la compagnie supprime le vol, elle doit activer les dispositifs prévus par la loi. Au micro de RTL ce lundi 2 mars, Bernard Sabbah, président de No Risk Travel et fondateur de l'agence Cbs partner spécialisée dans le marketing du tourisme, met en garde : "Ne cochez surtout pas la case remboursement. Parce que si tu coches la case remboursement, tu désengages la compagnie aérienne. Elle va te rembourser immédiatement et après c’est à toi de te débrouiller pour rentrer."
Tant que le contrat de transport court, du point A au point B à l’aller comme au retour, la compagnie reste responsable du passager. En cas d’annulation, elle doit proposer soit un remboursement intégral, soit un réacheminement vers la destination finale dans les meilleurs délais.
Lorsque l’annulation est liée à un conflit armé ou à une fermeture d’espace aérien, il s’agit d’une "circonstance extraordinaire". L’indemnisation forfaitaire (de 250 à 600 euros selon la distance) n’est alors pas due. En revanche, l’obligation d’assistance demeure.
Attention cependant, lors d'une demande d'annulation de billet, la "peur" liée au contexte géopolitique "ne constitue pas en soi un motif d’annulation sans frais", rappelle Maître Llop, experte en tourisme, auprès du Figaro. Tant que le voyage peut objectivement se dérouler et que la destination n’est pas formellement interdite, des pénalités peuvent s’appliquer.
Le cadre juridique varie selon la compagnie et le lieu de départ. Pour un vol au départ de l’Union européenne ou opéré par une compagnie européenne, le Règlement (CE) n°261/2004 impose une prise en charge : assistance, réacheminement ou remboursement.
En revanche, une compagnie non européenne appliquera principalement la Convention de Montréal, moins contraignante en matière d’assistance. "Les compagnies européennes ont une obligation par l’Europe de s’occuper des clients, de les encadrer et de les dédommager. Ce qui n’est pas le cas d’une compagnie extra-européenne", souligne Bernard Sabbah au micro de RTL.
À noter toutefois : si le vol part de France, le droit européen s’applique à toutes les compagnies, quelle que soit leur nationalité.
La différence est majeure entre un billet acheté seul et un voyage à forfait (vol + hôtel, ou vol + autre prestation de plus de 24 heures). Dans le cadre d’un forfait, l’organisateur, agence ou tour-opérateur, a une obligation d’assistance renforcée. Bernard Sabbah explique au micro de RTL qu’en situation exceptionnelle : "Pendant les trois premières nuits, l’hébergement et les repas doivent être pris en charge [si le retour est impossible]". À partir de la quatrième nuit, on entre dans un cas de force majeure."
Ce dispositif constitue une véritable sécurité pour les voyageurs passés par un acteur du tourisme. "C’est parfois un peu plus cher, mais vous payez votre sécurité", insiste le spécialiste.
En revanche, si les billets ont été achetés séparément, vol d’un côté, hôtel de l’autre, chaque contrat est distinct. La protection est alors plus limitée.
Si vous êtes immobilisé sur place, contactez d’abord la compagnie via son application ou votre espace client : les modifications apparaissent souvent avant les emails.
Si la réservation a été faite via une agence, celle-ci doit intervenir directement auprès du transporteur pour reconstruire un itinéraire alternatif. Les professionnels du tourisme suivent en temps réel les fermetures d’espaces aériens et tentent de trouver des solutions de réacheminement, parfois via d’autres hubs en Europe, en Asie ou en Amérique du Nord.
La prudence reste essentielle : ne pas se rendre dans un aéroport fermé et suivre strictement les consignes des autorités locales et du ministère des Affaires étrangères.
En zone à risque, une démarche peut faire la différence : l’inscription sur le Fil d’Ariane du ministère des Affaires étrangères, explique Bernard Sabbah. Accessible via le site du Quai d’Orsay, ce service permet aux autorités françaises de localiser les ressortissants à l’étranger et de les informer en cas de crise.
"Il faut se signaler", insiste-t-il. Plus de 400.000 personnes se trouvent actuellement autour du Golfe persique et du Moyen-Orient. En cas d’opération de rapatriement, seuls les ressortissants français peuvent en bénéficier, quelle que soit la compagnie choisie.
Certaines assurances incluant une garantie "interruption de séjour" ou "retard de transport" peuvent couvrir des frais supplémentaires, comme l’hébergement ou l’achat d’un nouveau billet. Il est recommandé de déclarer le sinistre avant toute dépense importante. Les coordonnées figurent sur l’attestation d’assurance ou via la carte bancaire si le voyage a été réglé avec celle-ci.
Par ailleurs, en cas de désaccord avec une compagnie aérienne, la procédure a évolué. Un décret du 5 août 2025, entré en vigueur le 7 février 2026, rend obligatoire une médiation préalable avant toute action en justice pour un litige lié à une annulation, un retard important ou un refus d’embarquement.
Les passagers doivent saisir le "médiateur tourisme et voyage". À défaut, leur demande pourra être jugée irrecevable.
S’ils décident ensuite de saisir la justice, ils doivent désormais procéder par assignation, via un huissier, et non plus par simple requête. Une mesure qui vise à limiter les actions de masse.
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