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"Le secteur a licencié l'équivalent de la ville de Tours" : pourquoi l'industrie automobile a perdu un tiers de ses effectifs entre 2010 et 2023

L'industrie automobile française traverse une crise sans précédent, avec une perte d'un tiers de ses effectifs entre 2010 et 2023. Délocalisations, hausse des coûts de production et concurrence chinoise sont les facteurs qui ont contribué à cette baisse d'emplois.

Des voitures garées sur un parking. (Illustration)

Crédit : M6 adobe stock

1/3 des effectifs perdus dans l'automobile en 13 ans

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Martial You - édité par Alexian Giron

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L'industrie automobile a perdu un tiers de ses effectifs entre 2010 et 2023, selon l'INSEE. Une chute de l'emploi parmi les constructeurs mais également chez leurs sous-traitants. Avec l'automobile, la France ne s'est pas tirée une balle dans le pied, elle a vidé un chargeur de kalachnikov.

En moins de 15 ans, le secteur a licencié 138.700 personnes, l'équivalent de la ville de Tours chez les constructeurs, mais aussi parmi les fournisseurs de pare-chocs, de pneus ou de connectique. 33% d'effectif en moins dans l'automobile alors que la France est quasiment stable dans le reste de l'industrie.

Cela s'explique par les délocalisations. Les constructeurs français ont ouvert des usines en Europe de l'Est, au Maroc ou en Turquie. Sur les dix voitures les plus vendues en France, neuf sont de marques françaises mais trois seulement sont fabriquées dans l'Hexagone. Et, parmi elles, une Japonaise : la Toyota Yaris. Les Français achètent plus de voitures neuves fabriquées en Espagne que de modèles sortis des usines tricolores. 

Les consommateurs conservent leur vieux modèle

Le coût de la main d'œuvre est plus élevé en France. Et puis, les prix des voitures neuves : +33% en 10 ans, équivalent à 35.000 euros de prix moyen. Résultat, les consommateurs achètent moins et conservent leur vieux modèle. 

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La concurrence chinoise s'est aussi renforcée. La faute à la France, qui a installé ses usines là-bas. Les Chinois ont pu avancer sur la technologie électrique et ont même décidé que les Européens rouleraient en voitures électriques. Et donc, en voitures chinoises. 

13,5 millions de postes menacés en Europe

La voiture électrique provoque des licenciements. Il y a 40% de pièces en moins sur ce type de modèle et donc, moins de travail pour les équipementiers. Il n'y a également pas de vidange à faire, représentant une perte pour les garagistes et ces modèles ont besoin de 40% d'ouvriers en moins pour les fabriquer. La conclusion étant forcément des pertes d'effectifs. 

Même si la production des voitures électriques est rapatriée en Europe, les usines iront sans doute dans les pays de l'Est et pas en France. Selon le Commissariat au Plan, 13 millions et demi de postes en Europe sont menacés par l'industrie automobile chinoise.

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