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Des puits de pétrole en Iran, le 12 mars 2017. (Illustration)
Crédit : AFP / Atta KENARE
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"L'hypothèse d'une crise passagère n'est plus d'actualité", a déclaré Roland Lescure devant la Commission des Finances de l'Assemblée nationale le mardi 24 mars 2026. Le ministre de l'Économie a également utilisé l'expression "nouveau choc pétrolier".
Cela fait peur car ce terme fait référence à deux périodes des années 1970, qui avaient sonné la fin des Trente Glorieuses et fait fortement chuter la croissance. Ça a été le début du chômage de masse. En 1973, premier choc, le prix du pétrole est multiplié par quatre, à la suite d'une décision des pays producteurs. Et en 1979, il est multiplié par près de trois sur deux ans, à cause de la révolution islamique en Iran.
La situation actuelle présente des similitudes avec celle de l'époque. La région du golfe Persique, ne peut plus livrer librement son gaz et son pétrole, en raison de la fermeture du détroit d'Ormuz, et des destructions de raffineries par les drones ou les missiles. Il manque 11 millions de baril/jour, équivalent à un dixième de la consommation mondiale. Idem pour le gaz. Les prix ont fortement augmenté, mais moins que dans les années 1970. Un choc de même nature, mais de moindre mesure jusqu'ici.
Quelles conséquences peut-il avoir sur l'activité économique française ? L'INSEE vient de publier de nouvelles prévisions. L'impact sur l'activité est réel. Le premier trimestre connaîtrait une croissance de 0,2%, contre 0,3% envisagé auparavant. Idem pour le second semestre. Un autre problème étant le redémarrage de l'inflation, qui passerait de 0,9% à 2%, à cause de la montée des prix de l'énergie et du transport.
Deux conséquences sont à retenir. D'abord il y aurait une évolution du pouvoir d'achat qui deviendrait légèrement négative à la mi-2026, sous l'effet de la hausse des prix alors que les salaires n'augmentent pas assez.
Et en matière d'emploi, l'INSEE anticipe une quasi-stabilité, mais également une remontée du chômage, à 8,1% de la population active dans les mois à venir. Il est possible d'expliquer ce paradoxe, via la réforme des retraites, qui fait travailler les séniors plus longtemps, provoquant une augmentation de la population active. Les effets de la suspension de la réforme des retraites n'interviendront qu'en fin d'année.
La question la plus importante à se poser n'est pas économique. Combien de temps la guerre et le blocage du détroit d'Ormuz va durer, et quels dégâts le conflit va provoquer sur les infrastructures énergétiques ? Personne ne peut répondre à cela actuellement.
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