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La taxe à 75% discrètement enterrée

C'est en toute discrétion que la taxe à 75% sur les très hauts revenus, mesure phare de François Hollande, vit ses derniers jours en France.

Le ministère de l'Economie et des Finances à Paris, le 14 avril 2012 (archives).
Le ministère de l'Economie et des Finances à Paris, le 14 avril 2012 (archives).
Crédit : LOIC VENANCE / AFP
La rédaction numérique de RTL & AFP

La France s'apprête à enterrer sans bruit une mesure emblématique des débuts de la présidence du socialiste François Hollande, la "taxe à 75%" sur les très hauts revenus, qui aura suscité plus de polémiques que rapporté d'argent aux caisses en déficit de l'Etat.

Promise par François Hollande lors de sa campagne de 2012, édulcorée après son élection, cette "contribution exceptionnelle de solidarité" vit ses ultimes semaines : les entreprises qui la paient ont jusqu'au 1er février pour verser leur dernier écot.

Selon les projections du gouvernement, la "taxe à 75%" aura rapporté en deux années d'existence un peu plus de 400 millions d'eurosun montant quasi anecdotique au regard des milliards du déficit de la France.

Une mort attendue

La disparition de ce prélèvement controversé était en fait programmée de longue date. Il était prévu dès le départ pour viser les rémunérations des seules années 2013 et 2014, et ne figurait plus dans le budget 2015 avalisé par le Parlement en décembre.

Le Premier ministre, Manuel Valls, avait lui-même annoncé dès octobre lors d'un déplacement à Londres que cet impôt, dont l'instauration avait fait grand bruit en France et à l'étranger, ne serait pas prolongé.

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Cette confirmation, dans la capitale britannique, revêtait un caractère symbolique : avant même de se concrétiser, la taxe avait suscité des tensions diplomatiques entre la France et la Grande-Bretagne. Lors du G20 au Mexique en 2012, le Premier ministre britannique David Cameron s'était dit prêt à "dérouler le tapis rouge" aux entreprises françaises visées par le projet.

La taxe la plus contestée depuis l'ISF

Dans une France à la fiscalité parmi les plus élevées d'Europe, aucun impôt n'a fait couler autant d'encre depuis les années 80 et l'instauration par François Mitterrand, de l'impôt sur la fortune.

La polémique s'était enflammée à l'automne 2012 après l'annonce de Bernard Arnault, première fortune de France et patron du numéro un mondial du luxe LVMH, qui avait "sollicité la double nationalité franco-belge". Puis en décembre, Gérard Depardieu claquait la porte en accusant le fisc français de lui prélever 85% de ses revenus et en sollicitant la nationalité russe.

Parmi les plus féroces adversaires de cette taxe, les clubs de foot de Ligue 1 et 2 ont bataillé contre elle jusqu'au bout, brandissant même à l'automne 2013 la menace d'une grève des matches. L'initiative avait tourné court, faute de rallier la sympathie du public pour la cause des multi-millionnaires de grosses formations.

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