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La croissance risque d'être "divisée par deux" : pourquoi la France ne doit pas baisser les prix du carburant

ÉDITO – Face à la flambée des prix de l'essence en raison de la guerre au Moyen-Orient, le gouvernement ne souhaite pas baisser les tarifs à la pompe. Une telle décision creuserait le déficit d'un pays déjà surendetté.

Aperçu d'une station service en France (illustration).

Crédit : Eric Broncard / Hans Lucas / Hans Lucas via AFP

Martial You - édité par Ennio Aparicio-Szkudlarek

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“La France n’a plus les moyens du quoiqu’il en coûte". C’est avec ces mots que la porte-parole du gouvernement, Maud Bregeon, a expliqué que la France n’allait pas faire comme son voisin italien, en abaissant le prix du litre d’essence de 25 centimes (au moins pour les 3 semaines qui viennent). Et elle a raison. 


J'encourage vivement le gouvernement à tenir bon dans les prochaines semaines, car nous n'avons pas le premier sou en caisse pour se permettre de telles largesses. Il ne faut pas se faire d'illusion.

Si on se prive de 12 milliards d'euros de recettes fiscales grâce aux taxes sur les carburants, ce sera aux Français qui consomment et paient des impôts de régler la note un peu plus tard. Avec cette affaire, on découvre tous ce que signifie d'être un pays surendetté. 

Creusement du déficit de la France

À la fin du quinquennat en 2027, le premier budget de l'État sera le remboursement de notre dette, estimée à 70 milliards d'euros. Celui de l'Éducation nationale est à 40 milliards. Avec une baisse des taxes sur le carburant, nous creusons encore notre déficit. Nous allons nous prêter de l'argent à des taux d'intérêts d'usurier et la dette nous coûtera encore plus cher.

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Ce n'est plus le cas de l'Italie, dont le déficit est désormais à 3%, quand nous espérons être à 5%. La France est une famille surendettée qui s'endette encore pour rembourser son crédit conso.

Une hausse des prix du carburant n'enrichit pas forcément l'État. Il gagne plus sur le carburant, certes. Même si on va en consommer moins pour faire des économies. Mais 50 dollars de plus sur le prix du baril, c'est 0,5 point de croissance en moins si ça dure un an, car l'activité ralentit. Il y a moins de chantiers, de livraisons et de consommation.

"Aides ciblées" pour les plus fragiles

Si la situation reste identique à aujourd'hui, la croissance de la France sera divisée par deux. Baisser les taxes pendant quelques semaines pour ensuite les remonter n'est donc pas la bonne option. 

Les Gilets Jaunes avaient pris d'assaut les ronds points quand le litre d'essence était à 1,42€ et que le gouvernement voulait remonter les taxes. Si vous les baissez, vous ne pouvez plus les remonter. Il faut tenir, dans l'intérêt des classes moyennes. Si l'État a des marges de manœuvre grâce à l'essence qui coûte plus cher, il choisit des aides ciblées pour les plus fragiles qui doivent prendre la voiture.

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