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La Banque de France dans le viseur de la Cour des comptes

ÉDITO - La Cour des comptes s’est intéressée à une vieille dame, la Banque de France, et a ouvert pour nous les lourdes portes de cet établissement bien secret.

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La Banque de France dans le viseur de la Cour des comptes ? Crédit Image : SIPA | Crédit Média : RTL | Date :
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François Lenglet et Clarisse Martin

Vous ne la connaissez pas forcément, mais elle vous est pourtant indispensable. La Banque de France, c’est cet organisme public qui gère l’argent en circulation. Elle imprime les billets, intervient sur les marchés financiers, surveille les banques et, en lien avec la Banque centrale européenne (BCE), définit les taux d’intérêt, c’est-à-dire les prix du crédit quand on emprunte. C’est ce qu’on appelle une banque centrale.         

Elle imprime 20% des billets qui circulent dans la zone euro, et elle travaille aussi pour des pays étrangers. L'an passé, elle a fabriqué deux milliards et demi de billets, sur un site unique : Chamalières, en Auvergne. On avait installé l’imprimerie là en 1917, parce que, dit-on, c’était l’endroit le plus éloigné de toutes les frontières françaises, afin de limiter les risques d’occupation. 

Un billet de banque, aussi sophistiqué qu’il soit, a une espérance de vie limitée. Évidemment, plus il est utilisé, plus sa durée de vie est courte. Un billet de 10 euros vit ainsi 18 mois, un billet de 500 euros trente ans. Il faut donc les trier, et les renouveler régulièrement. 

Le cash est-il très utilisé ?

Moins utilisé qu'avant, il l'est malgré tout encore beaucoup. Le retrait moyen dans les distributeurs automatiques est de 85 euros, un montant en augmentation. Et les Français font les trois quarts de leurs paiements en liquide avec les billets de 5, 10 et 20 euros. 

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Des problématiques qui ne sont pas gérées par la Banque centrale européenne, et c'est bien là le problème. Les banques nationales ont voulu préserver leur existence, en conservant certaines de leurs prérogatives. Il a fallu quand même qu’elles diminuent de taille. Mais notre Banque de France, si elle a fait des efforts incontestables depuis quinze ans, est encore à la traîne.

Elle possède encore 126 implantations sur le territoire national, contre 44 en Allemagne, 39 en Italie et 15 en Espagne. Les effectifs ont bien fondu de 15% entre 2011 et 2017, mais l’on conserve à la Banque de France des conditions de travail avantageuses. 

Des congés exceptionnels par exemple : 10 jours en cas de mariage, et une garantie de 9 jours fériés par an, même si les fêtes tombent le week-end. Le tout avec des avantages sociaux importants, et une réduction de 30% sur le loyer lorsque les agents sont logés dans le vaste parc immobilier de l’institution. 

Dans le viseur de la Cour des comptes ?

Ces avantages ne plaisent pas outre mesure à la Cour des comptes, et les limiers de la rue Cambon relèvent d’autres bizarreries. Tout d’abord les dérives financières d’un projet de musée, la Cité de l’Économie et de la Monnaie, dans le XVIIe arrondissement de Paris, qui est passé de 47 à 97 millions d’euros. Il ouvre en janvier, on espère que ça en valait la peine, alors qu’existe déjà l’excellent Musée de la Monnaie de Paris. 

Plus saugrenu, l’achat, par la Banque de France, d’un Rembrandt à 80 millions d’euros, pour le Musée du Louvre, le tout financé par un crédit d’impôt de 90%. La Cour pointe, je cite, "l’absence de tout lien avec les missions de la Banque". C’est ce que l’on appelle un euphémisme. En français normal, on pourrait traduire : mais qu’est-ce que la Banque de France a été chercher dans cette affaire, financée par le contribuable ? 

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