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Affaire Carlos Ghosn : les origines du conflit entre Renault et Nissan

ÉDITO - Alors que Carlos Ghosn, le patron de Renault-Nissan, est toujours en garde à vue, les relations se tendent entre les deux constructeurs.

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Affaire Carlos Ghosn : les origines du conflit entre Renault et Nissan Crédit Image : ERIC PIERMONT / AFP | Crédit Média : RTL | Date :
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François Lenglet et Leia Hoarau

Au Japon, c'est le patron de Nissan qui s'exprimait devant les salariés hier, et qui a déclaré que le renvoi de Carlos Ghosn constituait, je cite, une "bonne opportunité" pour redéfinir l’alliance entre les deux entreprises. En clair, pour reprendre le pouvoir aux Français

Alliance qui est, aux yeux des nippons, déséquilibrée : Nissan réalise l'essentiel de la croissance et des profits, même si la période récente a été bonne pour Renault, alors que le Japonais est toujours contrôlé par le Français. Renault détient en effet 45% de Nissan, alors que Nissan ne possède que 15% du Français et sans droit de vote.

Cette répartition des pouvoirs avait été décidée en 1999, lorsque à l'initiative du prédécesseur de Ghosn, Louis Schweitzer, Renault avait sauvé Nissan de la faillite en s'associant à lui.

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Et côté français ?

Au lendemain de l'arrestation de Ghosn, les Français ont formellement demandé un quatrième poste d'administrateur au conseil d'administration de Nissan, l'organe de contrôle du constructeur. Une façon pour Paris de montrer les dents. Selon l'Asahi, un quotidien japonais, Nissan a répondu qu'il n'en était pas question. Les dirigeants des deux pays doivent se retrouver cette semaine à Amsterdam pour trancher.

Les Japonais souhaitent que Renault se sépare d'une partie de sa participation, pour redescendre à 25%, ce qui le priverait du contrôle. Ils souhaitent encore sortir des cadres français du comité exécutif, toujours selon l'Asahi. En fait, ils veulent s'affranchir de ce qu'ils perçoivent comme une tutelle, et re-japoniser l'entreprise.

Comment cela peut-il évoluer ?

Pas très bien, du moins à court terme car les relations sont mauvaises, et seul Ghosn parvenait à tenir cette alliance avec un schéma aussi éloigné du rapport de force économique actuel.

Il le savait, et il travaillait sur un projet de fusion des trois entreprises (Renault, Nissan et Mitsubishi) de façon à formaliser une association qui restait fragile et déséquilibrée. Il est probable que ce projet de fusion, auquel les nippons sont farouchement opposés, ait déclenché la dénonciation, l'opération judiciaire et la révocation du patron français.

Y a-t-il eu complot ?

En fait je pense qu'il peut y avoir eu à la fois, des malversations, dont la réalité et l'étendue restent quand même à démontrer, et une opération de prise de pouvoir des Japonais, qui connaissaient probablement ces faits depuis longtemps et attendaient une occasion pour faire exploser le scandale et l'utiliser de façon un peu lourde.

Selon l'Asahi, outre les accusations d’abus de biens social, c'est-à-dire de détournement d'argent de la société à des fins personnelles ou pour ses proches, il y aurait eu la dissimulation de plusieurs dizaines de millions d’euros, non pas que Ghosn a déjà touchés, mais qu'il devait toucher lorsqu'il partirait à la retraite, ou au moins qu'il quitterait le Conseil d'administration de Nissan. 

Il s'agirait donc d'une rémunération différée et non perçue. Il n'y aurait donc pas du tout fraude fiscale, mais non déclaration de cette rémunération future aux autorités boursières. Le patron l'aurait laissée dans l'ombre pour ne pas envenimer la polémique sur son salaire important, polémique qui avait pris une certaine ampleur au Japon, comme en France.

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