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Italie : les ambitions de la privatisation de Poste Italiane

REPLAY - ÉDITO - Le gouvernement italien, qui a donné le coup d'envoi à la privatisation partielle de Poste Italiane, envoie là un triple message.

Italie : les ambitions de la privatisation de Poste Italiane
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Italie : les ambitions de la privatisation de Poste Italiane
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Loïc Farge
Loïc Farge

L’Italie vient d’engager une privatisation symbolique : celle de sa Poste. Une opération très lourde, souvent reportée. Tout indique que cette fois, c'est la bonne. Il y avait moins de vingt manifestants, lundi 12 octobre, devant le ministère italien de l’Économie après l’annonce de ce qui sera la plus grosse privatisation italienne depuis un quart de siècle. Il s’agit d’un élément clé du programme de réforme de Matteo Renzi. Le Premier ministre italien n’a pas choisi cette institution au hasard.

Poste Italiane, qui est née avec l’unité du pays en 1862 et qui irrigue 96% des villes de la Péninsule, est une entreprise saine. C’est un colosse dans le courrier, bien sûr. Mais cette activité, ici comme ailleurs, est en voie d’extinction. C'est surtout dans la logistique, l’e-commerce, la finance, l’assurance et même la téléphonie mobile qu'elle prospère. Sa valeur est estimée à 10 milliards d'euros. L’Etat italien veut en vendre un peu moins de 40%.

L’objectif est strictement financier. C’est un passage obligé. L’État italien espère récolter immédiatement 4 milliards d'euros qui serviront au désistement du pays. Mais cette opération a d’autres ambitions. D'abord démontrer à Bruxelles, où l’on s’inquiète des 2.135 milliards de dettes du pays, que les réformes sont en marche, et qu'à l’inverse de certains pays voisins, elles ne le sont pas sur le papier.

Répétition générale

Ensuite, il a une dimension de politique intérieure. Depuis soixante ans, la Poste est l’un des sanctuaires de la Combinazione à l’italienne. Le personnel politique s’en est gaillardement servi pour promouvoir ses intérêts personnels. C’est ce clientélisme furieux que Matteo Renzi veut décapiter. Enfin, c’est une répétition générale avant la grosse vague de privatisation en 2016 qui concernera les chemins de fer et le contrôle aérien.

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Qui va acheter la Poste italienne ? En priorité les 143.000 salariés du groupe, à qui 4% du capital est réservé. Ensuite, il y aura des fonds souverains de pays comme la Norvège, du Golfe mais aussi de Chine, qui recherchent des placements de très long terme, sûrs et sérieux. Poste Italiane, qui réalise 85% de ses 25 milliards de chiffre d'affaires dans la finance et l’assurance, gagne bon an mal an de 200 à 900 millions d'euros. Ce n’est pas un canard boiteux.

Les fonctionnaires vont conserver leurs emplois. L’État italien contrôlera toujours 60% du capital, et les investisseurs privés ne pourront statutairement posséder plus de 5% de l’entreprise. Le sérieux et la cohérence de Matteo Renzi semblent apaiser les contestations.

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