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"C'était Pipo & Bimbo au Sénat" : la Fédération française du prêt-à-porter féminin dénonce les "mensonges" de Shein et du BHV

Les représentants du BHV et de Shein étaient entendus, ce mercredi 21 janvier, au Sénat. Sur RTL, Yann Rivoallan regrette les "mensonges" et le manque de transparence des deux groupes lors de cette commission.

Frédéric Merlin, propriétaire de la Société des grands magasins (SGM) et de Donald Tang, président exécutif de Shein, sur la façade du BHV Marais lors de l'implantation du géant chinois en France.

Crédit : Stéphane Ouzounoff / Hans Lucas / Hans Lucas via AFP

Audition des représentants de Shein et du BHV : "C'était Pipo & Bimbo au Sént", image Yann Rivoallan, président de la Fédération Française du prêt-à-porter féminin

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Amandine Bégot - édité par Jérémy Descours

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Deux mois et demi après l'ouverture d'un magasin Shein au BHV à Paris, le patron à la tête de la Société des grands magasins (SGM), qui exploite le BHV Marais, était convoqué pour la première fois devant la commission des affaires économiques du Sénat. 

Devant les questions des sénateurs, le dirigeant Frédéric Merlin a parlé d'expérimentation et du temps qu'il a fallu pour trouver la bonne recette. Au moins 5.000 visiteurs viennent quotidiennement, mais peu encore achètent et transforment leur venue en dépenses. Selon les syndicats, le stand de Shein aux grands magasins ne ferait que 2.000 euros de vente par jour.

"En deux mois, pour une première mondiale, on ne peut pas tout bien faire. On ne peut pas tout bien faire, c'est impossible. Avec les premières collections, au tout départ, on transformait, je crois, un client sur dix, ce qui est faible. Et donc, on a adapté des collections", a réagi Frédéric Merlin sur RTL, qui reconnaît par ailleurs "une vraie baisse de chiffre d'affaires depuis l'arrivée de Shein" au BHV. 

Le porte-parole de Shein "a continué à mentir de façon éhonté"

Invité de RTL Midi, le président de la Fédération française du prêt-à-porter féminin, Yann Rivoallan, était présent à cette commission des affaires économiques. "C'est simple, c'était Pipo et Bimbo au Sénat. Pipo parce que Quentin Ruffat [porte-parole de Shein, NDLR] a continué à mentir de façon éhontée sur tout ce que Shein fait en France".

Le président Yann Rivoallan s'interroge après avoir entendu le porte-parole du géant chinois de la fast fashion. "Il nous rappelle que Shein fait des tests, fait des rapports, fait des audits. Comment une société qui semble aussi rigoureuse a pu vendre à la fois des poupées pédocriminelles, des armes ou encore des médicaments ? C'est le premier mensonge". 

L'opacité autour du chiffre d'affaires de Shein en France

Yann Rivoallan avance que Frédéric Merlin, le dirigeant du BHV, est un "homme acculé". "Il doit encore des millions aux marques. Il l'a encore avoué. Il n'a toujours pas remboursé toutes les marques auxquelles il doit de l'argent. Il doit aussi de l'argent à ses fournisseurs. (...) Il est obligé de se lancer dans ce partenariat parce que sans Shein car il sait que tout le château de cartes, qu'il a pu monter à travers son réseau de magasins, va s'écrouler", assure-t-il sur RTL. 

Concernant l'implantation de boutiques Shein dans les anciens magasins Galeries Lafayette en région, le président de la Fédération française du prêt-à-porter féminin pointe du doigt la concurrence, non pas en magasin, mais en ligne avec le reste du marché français. "Shein continue à vendre pour des milliards de chiffre d'affaires en France. Quentin Ruffat nous dit que Shein paye de la TVA mais il ne montre rien, précisément, au regard du chiffre d'affaires qu'il fait, s'agace Yann Rivoallan. Quand Yannick Jadot lui demande le taux de marge et le chiffre d'affaires qu'il fait, il refuse de répondre à ce moment-là."

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