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Industrie : une nouvelle raffinerie ferme, risque-t-on une pénurie de carburants ?

ÉCLAIRAGE - Avec la fermeture du site de Grandpuits en Seine-et-Marne, il ne reste plus que huit raffineries en activité en France.

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Industrie : une nouvelle raffinerie ferme, risque-t-on une pénurie de carburants ? Crédit Image : AFP / ERIC PIERMONT | Crédit Média : RTL | Durée : | Date : La page de l'émission
Christophe Ponzio
Christophe Ponzio édité par Maeliss Innocenti

Total doit annoncer ce jeudi 24 septembre à ses représentants du personnel la fin de son activité de raffinage pétrolier sur son site de Grandpuits, en Seine-et-Marne. C'était le seul d'Île-de-France. La raffinerie avait été mise en service en 1966. Beaucoup d'autres raffineries ont connu le même sort ces dernières années... On pense aux sites de Berre et de La Mède dans les Bouches-du-Rhône, de Petit-Couronne en Seine-Maritime ou encore la raffinerie des Flandres près de Dunkerque.

Il ne reste que huit raffineries : sept raffineries de produits pétroliers en France métropolitaine et une en Martinique. C'est quasiment deux fois moins qu'il y a dix ans. Dans ces raffineries, on transforme le pétrole brut en carburants (essence, gasoil), en fioul ou en bitumes routiers...

Quant aux opérateurs des sites encore en activité, ils sont au nombre de trois : Total, ExxonMobil et Pétro-Inéos. Vous pouvez voir leurs cheminées, leurs torches, aux estuaires de la Seine, de la Loire, près de Marseille, de Lyon... et à Grandpuits donc, à 70 kilomètres de Paris. Cela représente à peine plus de 6.000 emplois directs dans la filière du raffinage, contre 10.000 il y a 20 ans. Une baisse de 40% des effectifs. Preuve du long déclin du secteur.

Les fermetures peuvent-elles mener à une pénurie de carburants ?

Mais à force de fermetures, et avec la fin du raffinage à Grandpuits, ne risque-t-on pas une pénurie de carburants ? Non ! Pas de pénurie possible. Certes, près de cinq millions de tonnes de pétrole brut sont transformées en temps normal par la raffinerie d'Île-de-France mais cela représente moins de 10% de la capacité de raffinage du pays.

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Quand l'activité est stoppée, deux mécanismes se mettent en place. Le premier, c'est une hausse des capacités de production des autres raffineries de l'Hexagone. Elles le peuvent. L'opération est classique. C'est un peu comme pour la maintenance des centrales nucléaires. Quand un réacteur est à l'arrêt, les autres compensent.

Puis le deuxième mécanisme, c'est le recours à plus d'importations de carburants, pour que l'approvisionnement soit assuré, notamment celui des stocks stratégiques - 200 dépôts répartis sur tout le territoire - et celui des 11.000 stations-services du pays. Bref, tout s'équilibre.

La France dépendante en énergies

Mais est-on autosuffisant ? La production de nos raffineries suffit-elle à assurer nos besoins ? Pas du tout. La production française assure moins de 70% de nos besoins. C'était plus de 90% en 2008, avant la nouvelle vague de fermetures.

Pour l'essence, la France est excédentaire : 40% de notre production part à l'export. Mais à l'inverse, nous sommes contraints d'importer la moitié du gasoil que nous consommons. Avec l'arrêt du raffinage à Grandpuits, notre dépendance énergétique risque encore de s'accroître.

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