1. Accueil
  2. Actu
  3. Conso
  4. Impôts : la suppression de l'ISF a-t-elle été vraiment utile à l'économie ?
2 min de lecture

Impôts : la suppression de l'ISF a-t-elle été vraiment utile à l'économie ?

ÉDITO - 2 ans après la suppression de l'ISF par Emmanuel Macron, François Lenglet décrypte le bilan de cette réforme polémique.

Un avis d'imposition de l'ISF (Illustration)
Un avis d'imposition de l'ISF (Illustration)
Crédit : AFP / Damien Meyer
Impôts : la suppression de l'ISF a-t-elle été vraiment utile à l'économie ?
00:03:40
Impôts : François Lenglet décrypte le bilan de la suppression de l'ISF
00:03:40
François Lenglet - édité par Noé Blouin

Un premier bilan de la suppression de l'ISF a été publié mardi 1er octobre dernier. C'est un comité d'évaluation d'économistes, de syndicalistes, de représentants du patronat, qui a enquêté sur cette question ô combien polémique : la réforme de l'impôt sur la fortune, qui frappait le capital financier et immobilier, effectuée par Emmanuel Macron dès son arrivée au pouvoir, à l'été 2017, a-t-elle été vraiment utile à l'économie ? 

Il faut rappeler que cet impôt a été en réalité transformé en super taxe foncière, portant justement sur les propriétés immobilières. On en a exclu tous les investissements financiers, les actions, les obligations, et les participations dans les entreprises, de façon, c'était l'objectif, à augmenter la croissance de l'économie française.

Et parallèlement, on a créé un impôt à taux unique pour frapper les revenus du capital, ce qu'on appelle une flat tax , à 30%.

Les petite fortunes, premiers bénéficiaires de la réforme

Tout d'abord, sait-on à qui ces réformes ont profité exactement ? Bien sûr aux plus fortunés des Français mais, contrairement à une idée reçue, ce sont surtout les petits riches qui ont été exonérés, c'est-à-dire les patrimoines entre 1,3 million et 3 millions. Ceux qui disposent de patrimoines très importants, qui s'évaluent en dizaines ou en centaines de millions d'euros, étaient déjà largement exonérés de l'ISF grâce à un mécanisme de plafonnement. 

À écouter aussi

En moyenne, l'impôt acquitté a quand même été divisé par trois et demie avec la réforme. Cela représente une économie de 6.500 euros par foyer. Les gains causés par la flat tax sont bien sûr aussi concentrés sur le haut de la pyramide sociale. Plus on est riche, plus la part de revenu provenant du capital est importante, bien évidemment.

 
C'est quand même la confirmation que cette réforme profite aux riches, il n'y a pas de doute là-dessus. Mais, comme nous dit le comité, elle a eu un impact sur les inégalités limité, car les montants en jeu sont faibles comparés au montant total des prélèvements et des prestations sociales.

Les départs des contribuables les plus fortunés baissent

Deux ans après, on observe des effets positifs pour l'économie française. Premièrement, un ralentissement significatif des départs de France de contribuables fortunés. Ils étaient 900 l'année où François Hollande a augmenté l'ISF, ils n'étaient plus que 400 en 2017, l'année où a été votée la réforme. On ne voit pas pour autant de retours des exilés fiscaux. Deuxièmement, le montant des dividendes taxés a fortement bondi. Ce qui semble montrer qu’auparavant, les détenteurs de capital ne se versaient plus de revenus, par crainte de payer trop d'impôt, et qu'ils ont rouvert le robinet grâce à la réforme Macron. Le tout est de savoir où va aller cet argent des dividendes.
 

Au départ, l'objectif, c'était de stimuler l'investissement dans les entreprises, et c'est vrai que l'investissement est reparti en France. Mais cela répond à plusieurs causes. L'une de celle-là est vraisemblablement d'ordre psychologique, avec l'arrivée de Macron et de sa politique, avant même les résultats. 

Mais personne ne peut dire dans quelle mesure exacte les réformes de la fiscalité du capital ont joué. Pour une évaluation sérieuse, il faudra plusieurs années de recul. Et plusieurs années de constance dans la réglementation, ce qui n'est pas gagné. Car l'instabilité fiscale est une vieille maladie française. Et la pression politique reste forte pour remettre en cause la réforme de l'ISF, d'autant plus que le Président lui-même avait promis de revenir en arrière, si les évaluations n'étaient pas satisfaisantes. 

La rédaction vous recommande
À lire aussi

L’actualité par la rédaction de RTL dans votre boîte mail.

Grâce à votre compte RTL abonnez-vous à la newsletter RTL info pour suivre toute l'actualité au quotidien

S’abonner à la Newsletter RTL Info

Commentaires

Afin d'assurer la sécurité et la qualit