2 min de lecture Transports

Île-de-France : lancement du T9, premier tramway non exploité par la RATP

La concurrence se concrétise dans les transports d'Île-de-France : le flambant neuf T9 qui relie Paris à Orly sera exploité par Keolis.

Le tramway T9 relie la porte de Choisy à Orly-Ville.
Le tramway T9 relie la porte de Choisy à Orly-Ville. Crédit : Anne-Christine POUJOULAT / AFP
Gaétan Trillat et AFP

La présidente de la région Île-de-France Valérie Pécresse a assisté samedi 10 avril à la mise en service du tramway T9, première ligne qui ne sera pas exploitée par la RATP mais par un concurrent, en l'occurence Keolis. "C'est la première ligne de tram mise en concurrence !", s'est-elle félicitée lors du voyage inaugural.

Ce tram relie sur 10 km la Porte de Choisy, à Paris, à Orly-Ville (Val-de-Marne), remplaçant sur l'essentiel de son parcours l'autobus le plus chargé de la RATP en banlieue, le 183. Il a coûté 404 millions d'euros, auxquels s'ajoutent 75 millions pour les rames, fournies par Alstom.

Île-de-France Mobilités (IDFM), l'autorité régionale des transports, a entrepris de mettre en concurrence tout le réseau francilien d'ici à 2040. La révolution a commencé dans les autobus de grande couronne. L'exploitation de cet ensemble appelé Optile est progressivement mis en concurrence après une division du réseau en 36 lots. IDFM en a jusqu'à présent attribué neuf, dont un comprend le fameux T9. Keolis l'exploitera jusque fin 2024, avant une nouvelle remise en jeu.

Pécresse promet "plus de qualité"

L'ouverture d'Optile est pour les opérateurs une mise en bouche avant la perte du monopole de la RATP qui commencera par les autobus - à Paris et en proche banlieue - le 1er janvier 2025. Suivront les tramways de la RATP en 2030, puis le métro et les RER A et B en 2040. Avant cela, c'est le monopole de la SNCF sur son secteur qui va disparaître par étapes en Île-de-France, entre 2023 et 2033. L'autorité régionale doit aussi choisir des exploitants pour les futures lignes du métro du Grand Paris (15, 16-17 et 18).

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"L'ouverture à la concurrence permet d'avoir des rendez-vous réguliers, ce qui permet de contrôler la qualité. Quand on a un opérateur qui exploite une ligne depuis tout le temps et jusqu'à l'éternité, on ne peut pas le sanctionner s'il n'est pas au niveau", a relevé Valérie Pécresse, promettant "beaucoup plus de qualité pour les voyageurs."

Les sommes en jeu sont considérables : 10 milliards d'euros par an actuellement (dont en gros la moitié pour la RATP et un tiers pour la SNCF). Et plus à l'avenir, notamment quand les nouvelles lignes du métro du Grand Paris seront ouvertes. Pour l'instant, la bataille entre opérateurs reste franco-française, entre la RATP, Transdev (filiale à 66% de la Caisse des dépôts) et Keolis (filiale à 70% de la SNCF).

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