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Grèce : le sommet de la dernière chance à Bruxelles

L'avenir du pays se joue ce lundi en Belgique, où se réunissent ses créanciers. Tous espèrent qu'un accord sera signé.

Le Premier ministre grec Alexis Tsipras et le président de la Commission européenne Jean-Claude Juncker le 22 juin 2015 à Bruxelles.
Le Premier ministre grec Alexis Tsipras et le président de la Commission européenne Jean-Claude Juncker le 22 juin 2015 à Bruxelles.
Crédit : EMMANUEL DUNAND / AFP
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Dernière ligne droite à Bruxelles pour éviter un défaut de paiement à la Grèce. Les négociations entre Athènes et ses créanciers, l'UE et le FMI, sont entrées dans leur phase finale, ce lundi 22 juin. Une série de réunions marathons se tiennent sur fond d'optimisme prudent.

Après cinq mois de négociations dans l'impasse, les principaux acteurs de la crise grecque se retrouvent pour deux rencontres : une réunion des ministres des Finances de la zone euro, qui sera suivie par un sommet de la zone euro en début de soirée.

La Grèce est à dix jours d'échéances financières cruciales qu'Athènes n'a plus les moyens d'honorer. Un défaut de paiement risquerait d'entraîner l'éjection du pays hors de la zone euro. Une éventualité que tous les participants disent vouloir éviter.

Les créanciers de la Grèce
Les créanciers de la Grèce
Crédit : T. Eberding, smi/teb/jfs/abm/pld / AFP

Juncker prudent

"Le sort de la Grèce, de l'euro se joue en bonne part aujourd'hui", a estimé Pierre Moscovici, le commissaire européen aux Affaires économiques, ce lundi sur Europe 1. Cette crise a déjà été l'occasion de maintes réunions cruciales, mais "cette fois c'est décisif", a-t-il insisté. L'ex-ministre de l'Économie croit en un accord dès lundi soir.

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Un optimisme partagé par les bourses européennes qui bondissaient lundi. Vers 11h30, Paris prenait 2,97%, Francfort 3,14% et Londres 1,24%. La bourse d'Athènes s'envolait de plus de 7,34%.

Mais le président de la Commission européenne Jean-Claude Juncker s'est montré plus prudent. Il n'est pas sûr qu'il y aura un accord lundi soir. "Des progrès ont été faits ces derniers jours, mais nous n'y sommes pas encore. Je ne sais pas si nous aurons un accord aujourd'hui" (lundi), a-t-il déclaré en accueillant le Premier ministre grec Alexis Tsipras.

Propositions grecques

Dans la nuit de dimanche à lundi, Athènes a fait parvenir de nouvelles propositions de réformes et d'économies budgétaires, considérées à Bruxelles comme "une bonne base". "Nouvelle proposition grecque reçue par Jean-Claude Juncker, Christine Lagarde et la Banque centrale européenne. Bonne base pour faire des progrès au sommet de la zone euro", a réagi dans la nuit Martin Selmayr, le chef de cabinet de Jean-Claude Juncker. Mais l'homme de l'ombre de la Commission évoque "un accouchement aux forceps".

Ces propositions, dont le contenu n'a pas été révélé, "vont dans le bon sens, elles peuvent permettre une base d'accord, cela veut dire qu'il y a encore de quoi discuter", a renchéri Pierre Moscovici. Un sentiment positif partagé par le ministre français des Finances Michel Sapin, qui juge "de qualité" le travail autour des dernières propositions d'Athènes. 

Journée chargée pour Tsipras

D'un accord sur les réformes et les mesures budgétaires que la Grèce doit entreprendre dépend le déboursement d'une tranche de prêts de 7,2 milliards d'euros, en suspens depuis des mois et dont Athènes a cruellement besoin. Le pays, à court d'argent, risque de ne pouvoir honorer le 30 juin un remboursement de quelque 1,5 milliard d'euros au FMI. Dans ce cas, il sera en défaut de paiement, et la Banque centrale européenne (BCE) risque de couper les financements d'urgence pour ses banques.

Une réunion des ministres des Finances de la zone euro était prévue à 12h30. Elle sera suivie, dans la soirée, d'un sommet réunissant les 19 dirigeants de la région, la patronne du FMI Christine Lagarde, le président de la BCE Mario Draghi, et le chef de l'Eurogroupe Jeroen Dijsselbloem.

Un premier rendez-vous test attendait dans la matinée le Premier ministre grec Alexis Tsipras. Il devait rencontrer en petit comité les représentants de ses créanciers, soit Christine Lagarde, Mario Draghi, Jeroen Dijsselbloem et Jean-Claude Juncker, qui joue le rôle de médiateur dans ces difficiles négociations.

Ne pas "spolier" les épargnants grecs

Les différentes sessions de négociations devront se conclure par un avis positif sur les propositions grecques, pour que le sommet de la zone euro permette le dénouement tant attendu.

D'autant plus que la situation des banques grecques inquiète, avec une accélération des retraits des épargnants au cours des derniers jours, qui renforce les craintes pour le système bancaire.

"Une des raisons pour lesquelles nous devons agir aujourd'hui, c'est pour éviter que les épargnants soient spoliés", estime Pierre Moscovici, alors que la BCE a relevé lundi l'aide d'urgence aux banques grecques lors d'une réunion extraordinaire. 

Calme dans les banques grecques

Le montant du relèvement - le troisième depuis mercredi, pour faire face à des retraits massifs de leur épargne par les Grecs - n'a pas été précisé. Les gouverneurs de la BCE pourraient se réunir à tout moment pour prendre une nouvelle décision d'aide si nécessaire, "même encore aujourd'hui ou demain", a indiqué une source bancaire grecque.

En attendant, à Athènes, le calme plat règne devant et dans les banques. Les clients étaient servis sans attente au guichet lundi matin, et une très petite portion d'entre eux souhaitait un transfert d'argent à l'étranger. 

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