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Un arrêt maladie (image d'illustration).
Crédit : AFP
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Quelques clics, 3 minutes et 19 euros. C'est ce qu'il nous aura fallu pour recevoir par mail un arrêt maladie. Et ça, sans parler ou voir un médecin, mais en allant tout simplement sur un site internet. Il en existe des dizaines, il y a même des annonces sur les réseaux sociaux.
Une fois sur le site, il suffit de sélectionner sa maladie dans un menu déroulant puis de cocher les symptômes possibles qui vont avec. Pour une dite gastro-entérite, on coche maux de ventre, douleurs abdominales et vomissements. Pour finir, on nous demande la durée souhaitée de notre arrêt. Après avoir réglé 19 euros, on reçoit dans notre boîte mail un arrêt maladie de 7 jours.
Les fraudes aux arrêts maladies coûtent cher aux finances publiques : 30 millions d'euros en 2024. Si bien que les responsables politiques comptent bien enrayer le phénomène. En effet, le gouvernement vient de transmettre deux projets de décrets à l'Assurance maladie pour limiter la durée maximale des arrêts : pas plus d'un mois pour le premier et deux mois pour un renouvellement. Et ce, dès septembre 2026. Pour rappel, il n'existe pas de limite de temps dans la loi actuellement.
Pour voir si la supercherie fonctionne bien, nous avons envoyé notre faux certificat médical à Benoît Serre, Directeur des ressources humaines et coprésident du Cercle Humania. "C'est super bien fait, il y a tout ce qu'il faut", déplore-t-il à notre micro. Une chose cloche cependant : il n'existe aucun cabinet médical à l'adresse indiquée.
Mais cette recherche, les DRH ne la font pas forcément. "On n'a pas le temps et surtout, ce n'est pas son boulot. Vous ne pouvez pas déterminer à l'avance ce qui est un faux ou un mauvais et vous ne pouvez pas accuser les gens de mentir sur le fait qu'ils soient malades", lâche-t-il.
Ces décrets, qui instaurent un plafond de temps pour les arrêts de travail, peuvent-ils s'avérer utiles ? Pour le docteur Kilian Thomas, président du syndicat ReAGJIR qui regroupe les jeunes médecins généralistes, il y a d'autres moyens de traquer les arrêts abusifs.
"J'ai l'impression que c'est plus pour faire un peu de la communication, pour montrer qu'ils prennent cette question des arrêts de travail à bras le corps. Mais sincèrement, je vois très peu de médecins faire ce genre de choses et je ne comprends pas pourquoi l'Assurance maladie ne confronte pas ceux qui font ce genre d'arrêt, sachant qu'ils ont la capacité de le faire", s'étonne Kilian Thomas à notre micro.
Pour rappel, cette mesure doit concerner tous les médecins, généralistes comme spécialistes, en ville comme à l'hôpital. Elle inclut aussi les arrêts prescrits par les dentistes et par les sages-femmes.
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