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ÉDITO - Loyers : le numéro d'équilibriste du gouvernement

Le gouvernement propose de plafonner la hausse des loyers à 3,5% maximum, pendant un an, pour limiter l'impact de l'inflation sur les locataires.

Paris est la cinquième ville où les loyers sont les plus chers en Europe (illustration)
Paris est la cinquième ville où les loyers sont les plus chers en Europe (illustration)
Crédit : DR
LOYERS : le numéro d'équilibriste du gouvernement
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Le gouvernement va proposer une hausse et ensuite un gel des loyers. Du "en même temps" qui a du mal à passer auprès des locataires. En effet, le gouvernement a coupé la poire en deux. Et c'est un bon résumé du numéro d'équilibriste que le gouvernement va devoir faire au cours des prochains mois, à chaque fois qu'il devra présenter un texte à l'assemblée nationale.

Que prévoit le texte sur les loyers ? D'abord une hausse. A la mi-juillet, les propriétaires seront autorisés à augmenter leurs loyers de 3,5% à la date anniversaire du contrat. Plus 3,5%, ça correspond exactement à la hausse qui était prévue et qui prend en compte l'inflation. Là où le gouvernement fait un geste (par anticipation) en direction des locataires, c'est qu'il gèle cette hausse. 

Pendant 12 mois, même si l'inflation continue à progresser fortement (et c'est ce qui va se produire), les loyers ne pourront pas augmenter de plus de 3,5%. Donc ceux qui seront un peu gagnants dans l'affaire sont ceux qui ont signé leur contrat après le mois d'octobre car ils auraient pu avoir une hausse de 4% du loyer si on suit l'évolution de l'inflation.

Un coup dur pour les locataires ?

Forcément. Ils sont 12 millions environ à être locataires en France. Et tous ne perçoivent pas des APL. C'est un coup dur car le coût du loyer n'est pas intégré dans le calcul global de l'inflation. Donc ça veut dire que nous sommes sur un rythme de 5 à 6% de hausse des prix dans les grandes surfaces. 

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Un prix du carburant à plus de 2 euros le litre et ça risque de rester à ce niveau-là un petit moment et maintenant un risque de hausse des loyers. Si on prend un loyer de 600 euros par mois, la hausse pourra représenter 21 euros de plus tous les mois. Le gouvernement a aussi annoncé que les APL seraient, elles aussi, revalorisées de 3,5% mais on sait que 44% seulement des locataires y ont droit c'est-à-dire 3 millions de foyers dans le pays.

Les propriétaires privilégiés ?

Ce serait un peu caricatural de dire ça. Je pense que le gouvernement a essayé de ménager tout le monde dans cette histoire. Si vous découragez les propriétaires d'investir, on bloque le marché de l'immobilier. Vous n'avez pas assez de logement et, du coup, dans les grandes villes qui sont des zones tendues, les loyers augmentent. Cette réalité-là existe. Vous n'avez que 17% des français qui ont une résidence secondaire qu'ils louent. Un tiers de ces Français sont à la retraite et ces loyers sont un complément de salaire. Donc, il fallait entendre aussi leurs arguments.

Donc le gouvernement ménage les propriétaires et va aider les plus modestes autrement ? C'est tout l'objet de la loi "Pouvoir d'achat". Il va y avoir toute une série de mesures qui vont directement cibler les plus fragiles : hausse de 4% sur de nombreux minimas sociaux comme les retraites, le Smic, le RSA (40% de ceux qui touchent des aides au logement comme les APL vivent sous le seuil de pauvreté avec moins de 34 euros par jour pour vivre). 

La loi "Pouvoir d'achat" ?

La loi "Pouvoir d'achat" prévoit aussi un triplement de la prime Macron, des aides pour la prise en charge des coûts de transports pour les salariés. Vu de Bercy, on se dit qu'on a essayé de concilier les impératifs des locataires et des propriétaires. 

Le gouvernement a-t-il vraiment voulu contenter tout le monde ? Sûrement mais il est bien évident que la hausse de 3,5% des loyers permet aux propriétaires de compenser les effets de l'inflation sur leurs investissements. Les aides sur les minimas sociaux sont des planches de survie pour les plus fragiles d'entre nous. Ce n'a pas la même importance. 

Selon Empruntis les crédits Conso pour des sommes de moins de 2.000 euros ont augmenté de 40% depuis trois mois. Ce sont des crédits pour payer l'essence, la nourriture et le loyer. Les hausses de salaires depuis janvier sont en moyenne de 3% selon la Banque de France donc on est en dessous de l'augmentation autorisée des loyers. 

Ce texte a-t-il une chance de passer à l'Assemblée ?

Ce sera un excellent test pour les cinq ans qui viennent. Le conseiller d'un Ministre me disait hier : "On va faire des compromis tout le temps au cours des prochains mois. Des compromis, pas des concessions. Un compromis, c'est positif et constructeur." Les partis qui défendent les classes moyennes et les plus modestes (la NUPES et le RN) ne vont sans doute pas laisser passer ça. La majorité pourrait se situer du côté d'En Marche! Ensemble! et des Républicains. 70% des propriétaires bailleurs ont plus de 50 ans. C'est plutôt leurs électeurs.

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