1. Accueil
  2. Actu
  3. Conso
  4. ÉDITO - GAFA : les géants du numérique bientôt taxés à 15% minimum
3 min de lecture

ÉDITO - GAFA : les géants du numérique bientôt taxés à 15% minimum

Les chefs d'État et de gouvernement du G20 ont donné samedi à Rome l'ultime feu vert à une réforme fiscale historique.

Un centre de distribution Amazon, le 25 avril 2020, à Las Vegas dans le Nevada, aux États-Unis. (Illustration)
Un centre de distribution Amazon, le 25 avril 2020, à Las Vegas dans le Nevada, aux États-Unis. (Illustration)
Crédit : DAVID BECKER / AFP
La fin du carrousel fiscal des géants du numérique
04:00
La fin du carrousel fiscal des géants du numérique
04:00
Martial You - édité par William Vuillez

Les membres du G20 à ROME ont adopté une taxation mondiale pour toutes les entreprises, de 15% minimum. Ce sont les géants du numérique qui sont visés très clairement. Ce lundi, inventons un nouvel acronyme. Vous connaissez les GAFA ? Google, Amazon, Facebook et Apple. Cette imposition mondiale a souvent été présentée comme la Taxe Anti-GAFA. Eh bien cet impôt mondial devient la taxe anti-MAGNAT. 

M pour META (le nouveau nom de Facebook), A pour Amazon, G pour Google, N pour Netflix, A pour Alibaba et T pour TikTok. MAGNAT, l'impôt mondial qui va surtout toucher les géants du numérique américains et chinois. Cela concerne un peu moins d'une centaine d'entreprises mondiales qui réalisent au moins 750 millions d'euros de chiffre d'affaires dans le monde.

Elles devront payer au moins 15% d'impôt sur les bénéfices qu'elles réalisent quel que soit l'endroit où elles sont immatriculées. Ça devrait rapporter 150 milliards de recettes par an, 150 milliards qui seront ensuite redistribués aux pays où le groupe fait du business. Avant, pour les entreprises du numérique qui avaient des clients en France mais qui n'employaient presque personne et n'avaient pas d'usine, il n'y avait quasiment pas d'impôts.

La fin du "carrousel fiscal"

On estimait qu'il n'y avait pas de chiffre d'affaires physique. C'était évidemment faux, mais ça a permis, pendant des années, aux géants du numérique de faire un "carrousel fiscal" et d'aller en Irlande où l'impôt des sociétés est de 12,5% ou en Hongrie (9%) alors qu'en France on se dirige doucement vers un taux à 25%.

À lire aussi

Avec l'accord de ce week-end, l'Irlande, la Hongrie mais aussi Jersey, Les Bermudes, les Îles Caïmans qui étaient connues jusqu'ici pour leur souplesse fiscale, vont appliquer la nouvelle règle des 15%. Pour un certain nombre d'ONG comme Oxfam, c'est même trop peu. Si on fait la moyenne mondiale de l'impôt sur les sociétés, on est à 22%, pas très loin de la France.

Mais comme on dit à Bercy, une taxe ne meurt jamais. Le plus dur, c'est de la créer et après elle pourra monter. Cette taxe entre en vigueur en 2023 et la France espère profiter de sa présidence de l'Union Européenne pour boucler le dispositif. On peut espérer gagner 850 millions d'euros par an, selon une estimation du Conseil d'Analyse Économique, il y a quelques mois.

Un impôt qui rétablit un peu d'équité

C'est vraiment une révolution au niveau fiscal. L'impôt, c'est LA souveraineté, c'est le pouvoir absolu des États. On ne pouvait pas avoir des États qui s'endettaient pour sauver leurs entreprises après la Covid et des géants du numérique qui publiaient des résultats en forte hausse grâce au confinement sans payer un impôt juste. Les MAGNATS sont devenus trop puissants et déstabilisent les économies en affaiblissant certains acteurs locaux. Cet impôt rétablit donc un peu d'équité.

On se souvient du combat de Stéphane Treppoz, patron de Sarenza à l'époque contre Amazon, qui ne payait pas les mêmes impôts que lui quand il vendait une paire de chaussures. Les MAGNATS remettent aussi en question la souveraineté des États puisqu'ils sont parfois plus riches qu'eux : Amazon pèse autant que le PIB de l'Indonésie, 273 millions d'habitants et 16e puissance économique mondiale.

Les MAGNATS peuvent influencer une élection grâce aux réseaux sociaux et surtout, ces géants menacent les monnaies comme le Dollar, l'Euro ou le Yuan en développant leur argent virtuel comme Facebook ou via les bitcoins. Il fallait donc un acte fort pour ramener les MAGNATS dans le rang.

Cette fois-ci, 136 pays qui représentent 90% du PIB mondial se sont mis d'accord. C'est une démonstration de force alors que les MAGNATS avaient pris l'habitude de grandir dans les failles de la concurrence entre les États. Disons que les GAFA eux-mêmes ont intérêt aujourd'hui à s'acheter une virginité fiscale.

Changer d'image

Les MAGNATS ont grandi. Ils sont en train de rejoindre l'économie réelle. Ils commencent à avoir des salariés, des clients sensibles aux questions environnementales, fiscales et sociales et ils commencent à avoir des magasins. Amazon a racheté Whole Food dans la grande distribution. Les MAGNATS vont donc essayer de devenir des entreprises comme les autres : et pour ça, il faut payer des impôts comme les autres.

Regardez comment McDo a évolué dans l'opinion. Il y a 20 ans, on brûlait certains restaurants. Aujourd'hui, McDo est accueilli au salon de l'agriculture et présenté comme un acteur majeur de la filière bovine et de la production de pommes de terre. Amazon fait la même chose en accueillant des PME sur sa plateforme et en ouvrant des entrepôts.

Depuis la Covid, magasins physiques et internet se sont rejoints, c'est la convergence des deux mondes. Cet impôt mondial est un juste retour des choses et les MAGNATS ont de bonnes raisons d'être magna...nimes. 

La rédaction vous recommande
À lire aussi

L’actualité par la rédaction de RTL dans votre boîte mail.

Grâce à votre compte RTL abonnez-vous à la newsletter RTL info pour suivre toute l'actualité au quotidien

S’abonner à la Newsletter RTL Info

Commentaires

Afin d'assurer la sécurité et la qualité de ce site, nous vous demandons de vous identifier pour laisser vos commentaires.
Cette inscription sera valable sur le site RTL.fr.

Signaler un commentaire

En Direct
/