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Déficit budgétaire : offensive générale contre la règle des 3%

ÉDITO - Dimanche 25 septembre sur RTL, le socialiste Benoît Hamon candidat s'est d’ores et déjà exonéré d'une limitation des déficits à 3% de la richesse du pays.

Christian Menanteau
Christian Menanteau
Crédit : Romain Boé / SIPA / RTL
Selon Benoît Hamon, la règle des 3% aurait été inventée sur un coin de table : vrai ou faux ?
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Déficit budgétaire : offensive générale contre la règle des 3%
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Loïc Farge
Loïc Farge

L'objectif des 3% de déficit imposés aux pays membres de l'Union européenne par le Traité de Maastricht, "un chiffre de coin de table" ? C'est en tout cas ce qu'a estimé Benoît Hamon, candidat à la primaire de gauche, dimanche 25 septembre lors du Grand Jury sur RTL. Est-ce vrai ? Pas sur un coin de table, mais dans un obscure bureau du ministère des Finances. Nous sommes en 1981. VGE et Raymond Barre laissent un déficit de 50 milliards, très largement supérieur à leurs affirmations. Les promesses du Programme commun de François Mitterrand vont le multiplier par deux. Tout indique que la barre des 100 milliards de déficit va être franchie en 1982. Un chiffre aussi colossal qu’inquiétant.

Comment faire avaler la pilule aux Français et aux Européens ? Simple, grâce au génie de nos technocrates : ils vont, sur ordre, inventer un concept novateur. Les dérapages budgétaires ne devront plus dépasser 3% de notre production de richesse. Cela tombe bien : cette année-là, le PIB est de 3.000 milliards. Avec 3%, on reste dans les clous. Et on fait d’une notion qui n’a aucun fondement économique sérieux, un marqueur de bonne gestion de l’argent public.

Une création "made in France" prise avec sérieux

Pourquoi, si cette obligation est fantaisiste, résiste-t-elle toujours ? Parce que cette notion n’a pas être justifiée. Les discours politiques l’ont s’imposée comme la norme. Pour mieux convaincre les Français, nos gouvernements - qui, au passage, ne l’ont quasiment jamais respectée - l’ont imposée à l’ensemble de nos partenaires européens lors du Traité de Maastricht. Le problème, c’est que les Allemands et les marchés financiers ont pris cette création "made in France" avec beaucoup de sérieux. Beaucoup trop pour nos gouvernants structurellement fâchés avec la gestion de l’argent public.

Mais il n’y a pas que Benoît Hamon qui veut s’affranchir des déficits. On est dans le paradoxe absolu. François Hollande, grâce à un terrible matraquage fiscal et une économie bridée, va probablement remplir ce contrat. À l’inverse,la droite, qui aspire à l’Élysée, fait assaut de promesses qui vont balayer l’équilibre de nos comptes publics : tous, sans exception, prennent leur distance avec la limite des déficits à 3%.

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François Fillon et Nicolas Sarkozy annoncent 50 milliards de coupes fiscales ; Bruno Le Maire, 40 ; et Alain Juppé, 30. En clair, on peut d’ores et déjà prévoir des déficits de 4 à 5%, voire plus, dès 2018. Pour peu que Bruxelles se fâche et que les taux d’intérêt remontent, et nous verrons apparaître un énième "tournant de la rigueur".

Le bloc-notes

Un hommage à Jean Boissonnat, décédé dimanche 25 septembre à Paris à l'âge de 87 ans. Il aura été le journaliste essayiste qui  le premier a su à la fois vulgariser l'économie et ses enjeux avec beaucoup de rigueur.

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