2 min de lecture Société

Déconfinement : "Il y a une diabolisation du monde la nuit", pour Patrick Malvaës

INTERVIEWS - Cela fait 14 mois que les discothèques sont fermées. Elles sont absentes du troisième plan de déconfinement dévoilé par Emmanuel Macron, le 29 avril dernier.

Une discothèque (illustration)
Une discothèque (illustration) Crédit : Linh PHAM / AFP
Capucine Trollion
Capucine Trollion
Journaliste RTL

Les discothèques sont les grandes oubliées du troisième plan de déconfinement d'Emmanuel Macron. Aucune indication sur leur potentielle réouverture, mais des dates pour celles des terrasses, des bars, des restaurants et des lieux culturels

"Mon premier sentiment, c'est celui de la révolte", explique Patrick Malvaës, président du Syndicat National des Discothèques et Lieux de Loisirs à RTL.fr. "Les discothèques ne sont pas liées à l'augmentation du coronavirus. Pendant l'été 2020, que j'appelle 'l'été meurtrier', les gens dansaient de partout, dans les bars, les restaurants, pendant des raves... Si on avait laissé les discothèques ouvertes, peut-être que la deuxième vague aurait pu ne pas arriver en septembre, car nous avions un protocole sanitaire, un plan Marshall pour la réouverture", poursuit-il en précisant que le gouvernement n'a fait aucun retour sur ce protocole sanitaire.

"Je ne comprends pas ce qu'il se passe, pourquoi nous ? Qu'avons-nous fait ? Ce n'est pas normal, on ne peut pas nous traiter comme ça", s'indigne aussi Thierry Fontaine sur RTL, président de l'UMIH du Rhône et propriétaire de deux boîtes de nuit. "C'est honteux, on doit nous donner des dates et des perspectives d'avenir", martèle-t-il. Même son de cloche pour Patrick Malvaës : "Cela montre qu'on est considéré comme des citoyens et des entrepreneurs de secondes zones. Il y a une diabolisation du monde de la nuit".
En attendant d'avoir une réponse du gouvernement, les gérants de boîtes de nuit veulent aussi s'organiser pour les prochains mois. "Nous exigeons que les musiques dans les bars, les restaurants et les campings pour l'organisation de soirées dansantes soient bannis pour cet été. On ne le supportera pas", renchérit Patrick Malvaës. 

Il faut faire quelque chose pour sauver les employeurs

Patrick Malvaës, président du Syndicat National des Discothèques et Lieux de Loisirs
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Et depuis 14 mois de fermeture, les dettes et les problèmes financiers des gérants de boîtes de nuit s'accumulent. "Il faut aussi aider les entrepreneurs, il y a une réalité dramatique, ils ne sont pas indemnisés alors qu'ils ont des familles à nourrir et qu'ils sont au bord de la faillite personnelle. Il faut ouvrir des négociations sur les indemnisations forfaitaires", détaille aussi le président du Syndicat National des Discothèques et Lieux de Loisirs. Il rappelle aussi que certains gérants de boîtes de nuit doivent "un mois de congés payés à chaque salarié", mais qu'ils n'ont pas les fonds pour assurer ces dépenses. 

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Sans oublier les problèmes qui viendront en septembre, si les discothèques peuvent rouvrir. "Il faudra refaire les agrégations de sécurité des 1.500 établissements. Ni les services privés, ni l'État ne pourront les faire à temps", anticipe Patrick Malvaës ce qui annonce une réouverture "très compliquée" des boîtes de nuit. 

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