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Couches, lait infantile... Comment stopper la flambée des prix en pharmacie ?

INVITÉE RTL - La centrale d'achats Pharmazon a constaté de très grosses augmentations sur les produits de première nécessité. Pourtant, les fabricants ne s'expliquent pas et les clients pourraient bien payer l'addition.

Des médicaments dans la plus grande pharmacie de Paris le 8 septembre 2020
Des médicaments dans la plus grande pharmacie de Paris le 8 septembre 2020
Crédit : Martin BUREAU / AFP
Couches, lait infantile... Comment stopper la flambée des prix en pharmacie ?
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Aymeric Parthonnaud
Aymeric Parthonnaud

C'est un phénomène en marche et on sera peut-être amené à le constater très bientôt en pharmacie : l'explosion du prix de certains articles. Depuis deux mois, la centrale d'achats Pharmazon a constaté une réévaluation des tarifs auprès de ses 320 laboratoires fournisseurs.

Sa fondatrice, Audrey Lecoq, tire la sonnette d'alarme : "La flambée des prix peut être très importante. Elle est de l'ordre de 7 à 15 % en fonction des laboratoires, révèle-t-elle au micro de RTL. Traditionnellement, on a des augmentations tarifaires le 1ᵉʳ janvier de chaque année".  Audrey Lecoq remarque cependant qu'en 2022, l'augmentation n'était pas qu'annuelle et note que les prix ont bondi aussi sur "les produits de première nécessité et sur le marché du bébé notamment."

"Les couches, le lait bébé [augmentent] et les laboratoires ne nous expliquent pas forcément pourquoi, regrette Audrey Lecoq. Je cherche à savoir pourquoi ? Quelle est la justification ? Les augmentations tarifaires sont hyper importantes et peuvent mettre en danger les clients qui achètent notamment du lait bébé spécifique pour des bébés qui auraient des pathologies un peu plus importantes". 

Pour les couches Pampers, on note une augmentation incroyable : +91 %. Les couches coûtent presque le double de ce qu'elles coûtaient il y a quelques mois. "Quand on interroge le laboratoire aujourd'hui, on n'a pas de réponse claire. On nous répond simplement que 'les couches Pampers sont les meilleures du marché', remarque Audrey Lecoq. 

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De là à dire que les fabricants profitent de la crise actuelle ? "Je ne peux pas dire ça parce que malheureusement, aujourd'hui, je n'ai pas les preuves pour l'affirmer. Mais on aimerait avoir les explications. Et surtout, on aimerait que l'industrie pharmaceutique porte un bout de cette augmentation tarifaire. Dans l'idée, si chacun avait fait un petit effort, que ce soient laboratoires, distributeurs, pharmaciens... On ne se retrouverait pas avec des hausses aussi importantes pour le consommateur final". 

Les entreprises à la rescousse ?

RTL a joint la Fédération des syndicats pharmaceutiques de France. Pour l'instant, dans les officines, l'augmentation de prix n'est pas encore là. Évidemment, on la craint. Elle pourrait arriver dans quelques semaines, voire à la rentrée. "Elle arrivera automatiquement, prédit Audrey Lecoq. En fait, ce qui se passe, c'est qu'on a tous été prévenus de ces augmentations tarifaires puisque dans nos contrats, les laboratoires ont entre un et deux mois pour nous prévenir. Donc, on a tous fait la même chose : on a constitué des stocks. Aujourd'hui, on a doublé notre capacité de stockage pour pouvoir ainsi maintenir le plus longtemps possible des prix en temps normal. Mais on ne fait que reporter l'échéance." 

Aujourd'hui, le secteur est à la recherche d'alternative face à la vague qui approche. "On a pensé à mettre en place une offre avec les comités d'entreprise où on appliquera une remise de 5 %. Et on demande aux entreprises d'abonder aussi un peu pour aider le pouvoir d'achat et permettent notamment aux jeunes parents de pouvoir accéder à tous les produits de première nécessité", avance-t-elle.

D'autres leviers à activer

Les grossistes du secteur ne pourraient-ils pas, eux aussi, faire pression sur les fabricants pour limiter ces augmentations ? "C'est vrai qu'il y a d'autres secteurs d'activité où la distribution se fait un peu plus entendre. Traditionnellement, en pharmacie, ce n'est pas le cas parce que l'éthique prend le dessus et on veut pouvoir distribuer les produits dont les consommateurs ont besoin. Quand certaines maternités utilisent un lait spécifique pour votre enfant, vous n'avez pas envie de le changer et le pharmacien n'a pas non plus envie de faire ça. Donc c'est vrai qu'on maintient la distribution du lait malgré les hausses tarifaires. Après, je pense qu'en passant par la presse et la radio, comme on peut le faire aujourd'hui, au moins on va se faire entendre et j'espère obtenir au moins des explications". 

Reste un autre acteur de la question qui pourrait radicalement stopper cette inflation : l'État. "On l'a vu. Quand l'État intervient et encadre, définit la limite des hausses tarifaires pendant le Covid par exemple . On l'a vu sur les tests, sur les gels hydroalcooliques... À partir du moment où l'État vous donne une grille tarifaire, ça permet aux consommateurs d'accéder aux produits", conclut-elle.

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