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Coronavirus : la France se transforme en super-État providence

ÉDITO - Le "quoi qu'il en coûte", version XXL. Cette formule résume à elle seule l'esprit des nouvelles aides annoncées jeudi soir par le gouvernement.

Emmanuel Macron, président de la République, avec Bruno Le Maire, ministre de l'Economie et des Finances, le 26 mai 2020
Emmanuel Macron, président de la République, avec Bruno Le Maire, ministre de l'Economie et des Finances, le 26 mai 2020
Crédit : Ludovic MARIN / POOL / AFP
Coronavirus : la France se transforme en super-État providence
02:48
Coronavirus : la France se transforme en super-État providence
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François Lenglet - édité par Valentin Deleforterie

Nouvelles restrictions à l'activité à cause de la crise sanitaire, nouvelles aides... C'est la chanson du jeudi soir que nous avons entendue hier, comme à chaque fois que Jean Castex fait une conférence de presse avec les principaux ministres de son gouvernement. Bruno Le Maire, Elisabeth Borne et le Premier ministre ont ainsi annoncé de nouvelles aides, pour quatre milliards d'euros supplémentaires par mois, sans compter le coût du chômage partiel.

Il s'agit d'abord d'aider les commerces qui seront fermés pour cause de couvre-feu. Ces commerces réalisent 10 à 20% de leur chiffre d'affaires après 18 heures en temps habituel, et tout n'est pas rattrapable sur d'autres plages horaires.

Il s'agit également d'étendre le bénéfice du fonds de solidarité aux entreprises de taille moyenne, avec jusqu'à 3 millions d'euros d'aide comme "point de départ", a précisé Bruno Le Maire. Ça pourrait donc être davantage. 

La prolongation du "quoi qu'il en coûte"

Ce fonds va par ailleurs être étendu à de nouveaux secteurs, ceux qui sont victimes indirectes de la fermeture des restaurants, comme les blanchisseries, qui n'ont plus de nappes à laver.

À écouter aussi

Les exonérations de charges sont bien sûr maintenues, tout comme le chômage partiel payé par l'État. Le remboursement des prêts garantis va également pouvoir être reporté inconditionnellement d'un an, jusqu'au printemps 2022.
 
Bref, le gouvernement n'a pas lésiné. C'est la prolongation du fameux "quoi qu'il en coûte", au moins jusqu'à la fin du mois de février. Voire plus tard si nécessité sanitaire, a prévenu Elisabeth Borne.

Combien de temps la France pourra-t-elle tenir comme cela ? Le pays s'endette massivement grâce aux prêts à taux zéro de la Banque centrale européenne, comme les autres pays du reste. Ce qui est symptomatique dans les annonces d'hier, c'est que le gouvernement a intégré les viticulteurs dans les bénéficiaires. 

Un super-État providence

C'est vrai qu'ils sont pénalisés par des droits de douane qui frappent leurs exportations aux États-Unis, des taxes décidées par Trump. Mais ça n'a rien à voir avec la crise sanitaire. Cela tend à montrer que ce régime d'aide se pérennise, qu'il devient une façon de gérer l'économie, où l'État intervient massivement non plus seulement pour compenser les revenus des individus, mais aussi ceux des entreprises. 

Un super-État providence, qui ne bute plus sur aucune contrainte financière. Et qui a toute chance de durer au moins jusqu'à la présidentielle de 2022. Car on voit mal un président candidat à sa propre succession débrancher tout cela en pleine campagne électorale et prendre le risque de provoquer, à la veille de l'élection, crise sociale et mécontentement. 

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