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Violences gynécologiques et obstétricales : le sexisme du milieu médical épinglé

Rendu public ce vendredi 29 juin, le rapport du Haut Conseil à l'Égalité sur ce type de violences subies par les femmes appelle à lutter contre le sexisme au sein du milieu médical.

Le rapport du Haut Conseil à l'Égalité sur les violences gynécologiques et obstétricales déplore le sexisme dans le milieu médical.
Le rapport du Haut Conseil à l'Égalité sur les violences gynécologiques et obstétricales déplore le sexisme dans le milieu médical.
Crédit : iStock / Getty Images Plus
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Emeline Ferry

Mettre fin aux violences gynécologiques et obstétricales, voilà l'objectif du rapport remis à Marlène Schiappa, ce vendredi 29 juin. Réalisé par le Haut Conseil à l'Égalité, il dresse un état des lieux de ces maltraitances, vécues par de nombreuses femmes lors de consultations chez leur gynécologue ou bien pendant leur accouchement. 

À la suite d'une polémique sur le taux d'épisiotomie en France, il y a près d'un an, de nombreuses femmes se sont mises à témoigner et à raconter leurs mauvaises expériences. Cela va de l'injure sexiste au manque d'écoute, en passant par des actes médicaux non-consentis ou des agressions sexuelles.

Dans leur rapport, les membres du Haut Conseil à l'Égalité proposent plusieurs recommandations pour éradiquer ces actes sexistes, parfois violents. L'instance consultative cherche également comment expliquer l'ampleur de ce phénomène. Elle s'attache particulièrement sur le sexisme qui règne dans le milieu médical a un impact sur les patientes.

Des actes pratiqués sans le consentement de la patiente

Citant les théories de l'anthropologue Françoise Héritier, le rapport du Haut Conseil à l'Égalité note "une constante dans toutes les sociétés : la volonté d'emprise des hommes sur le corps des femmes, afin de maîtriser leur capacité d'enfanter". L'étude explique ainsi comment au fil des siècles, l'accouchement est progressivement devenue monopolisé par les hommes.

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Aujourd'hui encore, ce sont majoritairement des hommes qui occupent des postes de pouvoir dans les hôpitaux et dans les salles d'accouchement. Le bureau du Collège national des gynécologues et obstétriciens français est par exemple composé à 26% de femmes. Le Haut Conseil à l'Égalité y voit une première explication aux actes sexistes contre les femmes.

Quand les femmes témoignent pour raconter leur accouhement, beaucoup dénoncent des pratiques abusives, comme une épisiotomie imposée (acte chirurgical qui consiste à ouvrir le périnée pour faciliter la sortie du bébé) ou une péridurale (intervention qui consiste à injecter un anesthésique local avec une aiguille) réalisée sans le consentement de la patiente.

Se basant sur une étude de l'Inserm, le rapport du Haut Conseil à l'Égalité explique que parmi les accouchements de femmes où la péridurale ne paraissait pas incontournable, elle avait tout de même été pratiquée dans 52% des cas, bien qu'un quart d'entre elles avait déclaré pendant leur grossesse ne pas vouloir de cette méthode.

Le rapport remis ce vendredi à Marlène Schiappa note aussi que de nombreuses femmes critiquent l'hyper-médicalisation de l'accouchement, où les soignants, souvent en sous-effectif, sont surchargés de travail et accordent moins de temps et d'attention aux patientes.

Un sexisme ancré dès les études de médecine

Le sexisme est très présent entre professionnel(le)s de santé. C'est l'un des constats de cette étude. Cela commence dès l'université, où les étudiantes et étudiants apprennent les bases du métier qu'ils vont ensuite pratiquer en contact avec les patient(e)s. 

En novembre 2017, l'intersyndicale des internes en médecine a publié une enquête sur ce sujet. Il en ressort que 86% des internes (hommes et femmes confondus) déclarent avoir subi des manifestations de sexisme (95% des femmes et 68% des hommes). Environ 9% des personnes sondées se disent victimes de harcèlement sexuel.

Comme dans tous les milieux professionnels, certaines personnes osent dénoncer ce sexisme. Sur le site Paye Ta Blouse, des soignantes et soignants racontent des situations dont ils ont été victimes ou témoins.

Conséquences de ces agissements sexistes : un mal-être et une atmosphère de travail dégradée, qui participent à la maltraitance des patients et patientes.

Le Haut Conseil à l'Égalité souligne un aspect encore plus inquiétant. Le sexisme dans le milieu médical est institutionnalisé, comme le montre la polémique autour d'une fresque pornographique dans un hôpital de Clermont-Ferrand. Vivement critiquée en 2015, elle existait pourtant depuis une quinzaine d'années et était défendue par des médecins. Bien souvent, ces actes sont donc peu dénoncés par peur des représailles et des conséquences sur la vie professionnelle de celles et ceux qui osent prendre la parole.

Pour mettre fin aux violences gynécologiques et obstétricales, le Haut Conseil à l'Égalité préconise donc de mettre l'accent sur la formation du personnel. Les auteures de l'étude déplorent en effet une formation des professions médicales trop centrée sur la technique, "au détriment de la relation humaine et du respect du consentement". Elles espérèrent parvenir à une attitude des médecins plus respectueuse et plus bienveillante.

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