3 min de lecture Réforme des retraites

VIDÉO - Retraites : quels sont ces régimes autonomes contre la réforme ?

ÉCLAIRAGE - Ce lundi 16 septembre, ces différents corps de métier manifestent pour défendre leurs "régimes autonomes" de retraite face au "système universel" voulu par l'exécutif.

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Retraites : la colère des professions libérales Crédit Image : Thomas SAMSON / AFP | Crédit Média : M6info | Date :
Léa Stassinet
Léa Stassinet
Journaliste

Après la RATP vendredi 13 septembre, des professions "qui n'ont pas l'habitude de manifester" descendent dans la rue ce lundi 16 pour défendre leurs "régimes autonomes" de retraite face au "système universel" voulu par l'exécutif. 

"Pour la première fois dans l'histoire sociale de ce pays, des avocats, des professionnels du soin et des salariés du transport aérien réunis en collectif défileront ensemble pour dénoncer le projet de captation sans sommation de leurs régimes autonomes de retraite", a souligné dans le Journal du dimanche le collectif "SOS Retraites", créé par ces professions pour défendre la spécificité de leurs régimes.

En pointe de la mobilisation, le Conseil national des barreaux (CNB) avaient appelé à un rassemblement à 13h place de l'Opéra à Paris, avant un défilé jusqu'à Nation, et s'attendait à une "mobilisation extrêmement forte" des avocats contre la réforme voulue par Emmanuel Macron. Cette manifestation doublée d'une grève des audiences qui s'annonce très suivie, avec la quasi-totalité des 164 barreaux français "mobilisés", selon la Conférence des bâtonniers. Mais quels sont justement ces régimes spéciaux auxquels ces corps de métiers tiennent tant ?

Le régime autonome des avocats

Au nom de "l'équité", tout le monde cotisera au même niveau dans le "système universel" voulu par Emmanuel Macron. Soit 28,12% du salaire brut, part patronale incluse, dans le privé comme dans le public, jusqu'à 120.000 euros de revenus par an.

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Ce taux s'appliquera également aux travailleurs indépendants, mais seulement jusqu'à 40.000 euros - au-delà, leur prélèvement sera de 12,94%. Les intéressés rejettent le barème proposé, qui se traduira in fine par "un doublement des cotisations pour un avocat sur deux", selon le Conseil national des barreaux (CNB).

Avec la réforme, il est question de mettre un terme à tous les régimes spéciaux, pour des questions d’économie, le système général étant très déficitaire. Mais ce n'est pas le cas pour les caisses de ces professions, comme l'explique Christiane Féral-Schuhl, la présidente du Conseil national des barreaux.

"Notre caisse autonome pour la retraite de base comme complémentaire a été créée il y a 50 ans et depuis nous avons été impeccables dans sa gestion. Aujourd’hui, nous disposons de deux milliards d’euros de réserves et nous pouvons garantir 60 ans de pension", indique-t-elle à nos confrères de Capital.

D'autre part, ce régime reverse "chaque année plus de 80 millions d'euros au régime général. Ce système a largement fait ses preuves, et au lieu de le pérenniser, on veut le supprimer !", fustige-t-elle dans Le Point.

Le système de retraite des médecins

Les 123.000 cotisants et 57.000 retraités dépendent de la Caisse nationale d’assurance vieillesse des professions libérales (CNAVPL) pour leur retraite de base, et de la Caisse autonome de retraite des médecins français (CARMF) pour leur complémentaire, selon Le Figaro.

Des caisses indépendantes qui disposent de 7 milliards d'euros de réserve. Si les médecins s'inquiètent à propos de la réforme, c'est aussi parce qu'il pourraient voir leur niveau de pension baisser.

Même crainte pour les infirmiers, qui cotisent à la Carpimko, l’une des dix caisses de retraite qui dépend de la CNAVPL. Avec la réforme, leur pension pourrait être réduite de 30% et leurs cotisations passeraient de 14 à 28%, sans compter la disparition des 3,4 milliards d'euros de réserve, qui s'envoleraient avec la suppression de leur caisse, précise Le Figaro.

Les professionnels de santé libéraux craignent aussi de perdre un avantage lié à leurs conventions avec l'Assurance maladie: ceux qui ne pratiquent pas ou peu de dépassements d'honoraires bénéficient en effet d'une prise en charge partielle de leurs cotisations par la Sécu. 

La caisse complémentaire autonome des pilotes

S'ils cotisent bien à la Caisse nationale d’assurance vieillesse (Cnav), les pilotes, mais aussi les hôtesses et stewards disposent d'un régime complémentaire légal obligatoire, la CRPN, "indépendant et autofinancé" dont ils refusent la suppression. 

"Ce régime, créé en 1952, a donné satisfaction à des générations de personnels navigants sans jamais rien coûter au contribuable", affirme Yves Deshayes, président du SNPL, le principal syndicat de pilotes.

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