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Urgences : pourquoi de plus en plus de médecins choisissent l'intérim

ÉCLAIRAGE - Pour certaines professions, être intérimaire est synonyme de difficultés. Aux urgences, certains médecins mal payés et débordés le choisissent volontairement pour augmenter leurs revenus et limiter leurs horaires.

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Urgences : de plus en plus de médecins choisissent l'intérim pour être mieux payés Crédit Image : PASCAL PAVANI / AFP | Crédit Média : RTL | Durée : | Date : La page de l'émission
Anais Bouissou
Anaïs Bouissou édité par Paul Turban

L'intérim attire des médecins souvent poussés à bout. Une garde de 24 heures peut rapporter à un intérimaire 1.300 euros nets, le double du tarif versé à certains titulaires. "J'adapte mon travail à mes besoins", explique Lina, médecin intérimaire. "Il y a des périodes où j'ai besoin de temps libre, alors je prends du temps libre. On est payé correctement.
On a un métier qui est difficile. Ce sont des choses qu'il faut prendre en compte."

Ce choix semble presque logique à titre individuel, mais il devient dangereux à l'échelle d'un hôpital. Dans le groupe hospitalier Nord-Essonne, 10 à 20 % des gardes d'urgences sont assurées par des médecins en intérim, par manque de personnel titulaire. "C'est près d'un million et demi d'euros qui sont dépensés chaque année pour trouver des médecins intérimaires, estime Cédric Lussier, le directeur. C'est l'équivalent d'une trentaine de postes d'infirmiers qu'on ne peut pas recruter." 

Le pire, pour le directeur, c'est que ses propres médecins titulaires démissionnent. "Il y a un véritable cercle pervers qui s'est créé", regrette Cédric Lussier. "Les deux derniers médecins urgentistes démissionnaires souhaitaient travailler en intérim. Et pour les remplacer, nous avons dû recruter des médecins intérimaires qui venaient de démissionner d'autres hôpitaux voisins."

Au-delà du budget, Anne, titulaire depuis 25 ans, craint pour la sécurité des urgences, avec des remplaçants qui connaissent forcément moins bien les équipes et les locaux. "Dans un bloc opératoire, il faut savoir où sont les matériels", s'inquiète Anne, "et le moindre retard peut avoir des conséquences." Une solution réclamée par les professionnels de santé serait de commencer par mieux payer les titulaires pour limiter l'intérêt de devenir intérimaire. 

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