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Trump creuse le fossé entre l’Amérique et l’Europe

Le président américain devrait annoncer le retrait des États-Unis de l'accord de Paris, jeudi 1er juin.

Isabelle Choquet La Revue de Presse Isabelle Choquet iTunes RSS
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Trump creuse le fossé entre l'Amérique et l'Europe Crédit Image : Evan Vucci/AP/SIPA | Crédit Média : Adeline François | Durée : | Date : La page de l'émission
Adeline François
Adeline François
Journaliste RTL

C'était il y a pile 80 ans. Juin 1937 l'exposition universelle bat son plein à Paris. Elle vient d'être inaugurée en grande pompe par Léon Blum. Pendant 6 mois, 45 nations occidentales vont présenter et comparer leurs innovations techniques et artistiques dans des pavillons éphémères. Le succès populaire va être énorme : 30 millions de visiteurs. C'est le mensuel 75 qui raconte dans son numéro de juin cette "dernière expo avant le chaos".

Nous sommes en 37, dans deux ans éclatera la Seconde guerre mondiale. Pour cette exposition universelle ont été construits le Palais de Tokyo, le Palais de Chaillot et le Palais de la Découverte. On a aussi mis en haut de la tour Eiffel une antenne qui permet pour la première fois à la télévision d'émettre régulièrement. Le public s'émerveille, chaque pays pavoise et en profite aussi pour étaler sa puissance. Le pavillon de l’Italie présente une immense statue équestre de Mussolini.

Mais les visiteurs remarquent surtout deux pavillons qui se font face au pied de la tour Eiffel. D'un coté celui de l’Allemagne, de l'autre celui de l'Union soviétique. Au sommet du premier, un aigle enserre une immense croix gammée, comme pour se défendre de la faucille et du marteau, de l'ouvrier qui chapeaute le second. Le symbole frappe les esprits qui ont en tête le slogan de cette expo universelle "Promouvoir une saine pratique de concorde et de paix internationale". On est en 1937, le monde va brûler mais on regarde ailleurs, dernière expo avant le chaos, à lire dans la revue 75.

Éviter le chaos du changement climatique

"Notre maison brûle et nous regardons ailleurs", disait Jacques Chirac il y a 15 ans à propos du réchauffement climatique. Ce matin, nous regardons vers l’Amérique. "Trump creuse le fossé entre l’Amérique et l’Europe", titre en une le Figaro; tandis qu'en une de Libération, Merkel et Macron de dos semblent dire au revoir à quelqu'un. "Merci Trump" ironise Libé. La presse américaine est formelle, quand Donald Trump parlera a 21 heures ce soir, ce sera pour dire que les États unis quittent l'accord de Paris sur le climat.

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Pascal Coquis dans les DNA y voit "une manière de prouver à ses électeurs que rien, même pas l'avenir de la planète, ne se situe au-dessus des intérêts américains, quand bien même ils seraient à court terme 'America first' était un slogan, c'est désormais une idéologie."

"Si ce tournant se confirme, écrit Laurent Marchand dans Ouest France, il aura des conséquences majeures. Les Européens vont devoir prendre en main leur destin, comme jamais depuis 1945". Le "pivot asiatique", théorisé par Obama, pourrait bien être le nouvel horizon des Européens. La Chine veut respecter l'accord de Paris car elle investit massivement dans la transition énergétique. Ça tombe bien, un sommet Europe Chine se tient aujourd’hui à Bruxelles note le Républicain lorrain sous la plume de Michel Klekoowicki qui y voit les "prémices d'un nouveau partenariat construit sur les ruines de l'ouragan Trump".

La moralisation à travers les âges

On va aussi parler moralisation de la vie politique aujourd’hui et ce ne sera pas nouveau non plus, ça ressemble à un sujet du bac philo. "Morale et politique, l'éternel retour", titre en une le journal la Croix avec une photo de Richard Ferrand. Le Télégramme a révélé que le parquet de Brest avait finalement décidé d'ouvrir une enquête préliminaire, estimant que seules des investigations permettraient de lever les incertitudes qui pèsent dans ce dossier.

Et c'est donc dans ce contexte que François Bayrou  va présenter à la presse son projet de loi de moralisation de la vie politique, un vieux serpent de mer à ire dans l'Obs ce matin. "La moralisation à travers les âges. 1992, Pierre Bérégovoy  entend vider l'abcès de la corruption. Avant lui François Mitterrand 1965, en pleine affaire Ben Barka, promet le nettoyage des bas fonds. On pourrait poursuivre comme ça jusqu’à la grande ordonnance de réformation de 1254 par cet acte, Saint Louis interdit à ses baillis, les administrateurs de l'époque, de recevoir un présent, quel qu'il soit, d'homme qui soit de leur baillage.

Moins loin de nous, en 1887 la presse se déchaîne contre le président de l'époque Jules Grévy, dont le gendre est accusé d'avoir trafiqué des Légions d'honneur. Que reste-t-il de cette affaire ? Une loi du 4 juillet 1889 qui a créé une notion juridique dont la résurgence est permanente : le trafic d'influence.

Deux objets resurgissent du passé

D'abord un tennisman dans l'Équipe ce matin. "Les gens me portent partout dans le monde mais très peu savent que j'ai joué au tennis", dit-il. Rencontre avec Stan Smith, l'ancien numéro 3 mondial, vainqueur de Wimbledon et de l'US Open, devenu une marque planétaire grâce à la chaussure qui porte son nom. Il raconte que le modèle a été créé par Adidas en 1964 mais portait d'abord le nom du joueur français Robert Haillet, ça n'est devenu la Stan Smith qu'en 1971.

Aujourd’hui, quand il donne son nom pour réserver au restaurant, on lui dit : "Stan Smith comme la chaussure ?" Adidas avait stoppé la commercialisation de la chaussure avant de la relancer en 2014, 40 millions d'exemplaires, c'est bizarre dit Stan Smith dans l'Équipe.

Journée bizarre aussi pour les collectionneurs de voiture. Sachez-le c'est aujourd’hui 1er juin la fin d'une époque et c'est en une de Ouest France. La suspension Citroën c'est fini. C'était l'innovation majeure des années 50, la suspension hydropneumatique apparue d'abord sur les roues arrières des dernières tractions, reprises en 55 sur la DS mais vous l'avez plus certainement connu sur la BX:

Cette suspension sur "coussins d’air" faisait se soulever l'arrière de la voiture au démarrage, lui permettant une hauteur constante, quelle que soit la charge du véhicule, C'était révolutionnaire et magique¿: le confort et la tenue de route faisaient un bond en avant, reléguant à des années-lumière les autres voitures. Rolls Royce   avait même acheté le brevet à Citroën pour sa Silver Shadow en 65. On est en 2017 et la technologie a vieilli, elle est marginale et coûte très cher, au revoir la suspension. On ne dit pas adieu, parce qu'on a déjà vu des pompes resurgir avec succès.

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