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Toulouse : sourde, une femme se voit interdire le métier de professeur

Janick Leclair, 38 ans, diplômée d'un CAPES de lettres modernes et passionnée de littérature, se trouve dans l'impossibilité d'enseigner à cause de son handicap.

Un professeur utilise le langage des signes dans une classe avec des enfants sourds
Un professeur utilise le langage des signes dans une classe avec des enfants sourds
Crédit : AFP / Archives, Rémy Gabalda
Toulouse : sourde, une femme se voit interdire d'enseigner
01:34
Patrick Isson & Clémence Bauduin

Elle rêvait d'être professeur mais doit renoncer à cause de sa surdité. Janick Leclair, une habitante de Toulouse, est sourde depuis l'âge de 5 ans, conséquence d'une méningite. Aujourd'hui âgée de 38 ans, cette passionnée de livres, diplômée d'un CAPES de lettres modernes obtenu à l'été 2015,  se voit refuser d'enseigner à cause de son handicap. Pourtant, elle comprend tout, du moment qu’elle peut voir les lèvres de ses interlocuteurs. À la rentrée 2016, affectée à un lycée de Saint-Gaudens (Haute-Garonne), elle a touché son rêve du doigt. Mais au dernier moment, on l'a déclarée inapte.

Le couperet est tombé sous la forme d'un simple mail, la veille de la rentrée scolaire. "Il a été décidé que mon handicap n'était pas compatible avec le métier de professeur", explique-t-elle. Si Janick Leclair veut bénéficier d’une assistante, elle doit obtenir l’avis de la médecine de prévention du rectorat, en charge de l’aménagement des postes. L'enseignante a pourtant un poste attitré en tant que professeur de français depuis septembre 2016 au lycée de Saint-Gaudens, dans deux classes de seconde. "Ce qui est dur, c'est surtout le doute qu'ils m'ont mis dans la tête, déplore-t-elle. J'étais tellement motivée, tellement enthousiaste à l'idée de pouvoir partager ma passion". Janick est toutefois plus que déterminée à mener son combat pour, dit-elle, "ouvrir les portes de l'enseignement aux personnes atteintes de surdité".

En attendant, la machine juridique est en marche. Pour pouvoir enseigner, la trentenaire doit obtenir l’autorisation du comité médical départemental, sous l’autorité du rectorat. Celui-ci ne donnera sa réponse qu’après l’avis de deux experts. Les résultats de la contre-expertise doivent être connus le 8 mars. La décision du comité devrait suivre. Si Janick n’avait pas demandé d’assistant, elle enseignerait aujourd’hui à Saint-Gaudens. Cette requête a déclenché une série d’expertises qui l’empêchent désormais d’enseigner, même sans assistant.

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