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Toulouse : dans les coulisses du CCMM, le Samu de la mer

Le Centre de consultation médicale maritime, installé à l'hôpital Purpan de Toulouse, reçoit tous les appels des marins français ou francophones en cas d'urgence médicale.

Au CCMM de Toulouse, le docteur Patrick et son équipe réponde à plus de 6.000 appels chaque année.
Au CCMM de Toulouse, le docteur Patrick et son équipe réponde à plus de 6.000 appels chaque année.
Crédit : RTL / Patrick Isson
Toulouse : dans les coulisses du CCMM, le Samu de la mer
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Patrick Isson - édité par Florine Boukhelifa

La ville rose est le centre du monde pour les plaisanciers français en détresse. À Toulouse, tous les appels des marins français ou francophones, en cas d'urgence médicale, atterrissent dans l'un des bâtiments de l'hôpital Purpan, au Centre de consultation médicale maritime (CCMM). Une sorte de Samu de la mer, où plus de 6.000 appels sont traités chaque année et dont RTL a pu pousser les portes.

Ce jour-là, l'infirmière référente santé d'un ferry situé à plusieurs heures des côtes méditerranéennes rappelle le centre après avoir fait appel à un médecin dans la nuit. Un passager a été victime d'un malaise cardiaque, elle a donc suivi les conseils et le protocole du médecin de garde de Toulouse. "J'ai progressivement diminué l'apport en oxygène, ça va maintenant faire une heure, il se sent simplement fatigué", indique-t-elle, tout en saluant la collaboration avec le CCMM, qui a permis de sauver ce patient.

S'il s'agit cette fois d'une collègue, tout se passe également bien lorsqu'ils s'agit des capitaines ou des commandants. "Ce sont des relations qui sont très dans l'écoute, avec des gens qui prennent leurs responsabilités. Franchement, à ce niveau-là, c'est un travail qui est vraiment chouette", explique Patrick Roux, responsable du CCMM.

Des résultats comparables à l'intervention d'un médecin

Dans la grande majorité des cas, l'intervention de ce Samu de la mer permet d'éviter le recours à des secours extérieurs. "80% des situations auxquelles on a à faire face aboutissent à une prise en charge à bord des navires par le biais des compétences des responsables des soins qui ont reçu une formation", poursuit le médecin. Réglementairement, ces derniers sont également contraints d'avoir "une dotation médicale, qui permet de mettre en place une stratégie thérapeutique".

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Le centre gère aussi la crise du coronavirus. Cette semaine encore, quatre clusters ont été détectés sur des navires français. Parmi les interventions les plus régulières, les traumas, avec là aussi des gestes guidés à distance par les médecins, comme poser des points de suture ou encore réduire une luxation d'épaule. "Quand le patient est à trois jours d'un port, il va falloir aider le commandant, qui n'a pas été formé à ça, à lui enseigner la manœuvre et c'est aussi l'intérêt de cette activité-là : démontrer que malgré l'absence d'un médecin, on peut être capable d'arriver à des résultats quasi comparables", indique Patrick Roux.

Pour les cas les plus graves, des secours extérieurs peuvent être décidés, notamment l'envoi d'un hélicoptère ou l'appui d'un autre bateau. Néanmoins, ces dispositifs prennent beaucoup plus de temps.

L'importance de se former aux premiers secours

L'été est une période particulièrement chargée pour le Samu de la mer. À cette période, le transport maritime de passagers et en nette augmentation. Selon le docteur Patrick Roux, "le surcroît d'activité est estimé aux alentours de 30%", avec les ferrys qui lient la Métropole à la Corse ou à d'autres pays.

L'activité des plaisanciers est aussi en forte hausse avec les conditions météorologiques favorables depuis le début de l'été. Ce public est beaucoup plus fragile, car il n'est pas souvent formé aux gestes de premiers secours. Patrick Roux conseille alors d'avoir "un minimum de notions de secourisme, être capable de faire un pansement compressif ou un massage cardiaque par exemple, parce que c'est ce qui va sauver les gens". "Si les premiers secours sont mal ou pas faits avant que les secours professionnels ne puissent arriver, forcément des choses se passeront beaucoup moins bien", alerte-il.

Cette année le CCMM de Toulouse va probablement battre son record de fréquentation, et participer au sauvetage de nombreuses vies sur les mers et les océans de toute la planète.

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