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Sumo : quand les lutteurs japonais ne font plus le poids

REPLAY - Le champion des champions, qui s'apprête à devenir une légende au pays du sumo, n'est pas de nationalité japonaise.

Un combat de sumo (illustration)
Un combat de sumo (illustration)
Crédit : AFP
RTL DEJA 20/04/206
03:22
Jean-Alphonse Richard

C'est un bouleversement historique qui va se produire au Japon. On pourrait même appeler ça un tsunami sur les tatamis, même si c'est ici de sumo dont il s'agit... Le sport sacré. Le 8 mai prochain le champion des champions va être consacré sauf qu'il s'agit d'un étranger, un non Japonais, qui va devenir définitivement le plus grand lutteur de tous les temps...

Il s'appelle Hakuho, il a 31 ans. Plutôt longiligne avec ses 155 kilos pour un mètre 98, c'est un Mongol né à Oulan-Bator. Et du 8 au 22 mai prochain, pour le grand tournoi de printemps au Ryogoku à Tokyo, le temple du sumo, Hakuho va devenir une légende que plus personne ne pourra plus jamais rattraper. Il va certainement passer le cap des 36 victoires en grand prix, du jamais vu dans ce sport puisqu'il s'agit du record absolu toutes générations confondues. Battu donc, non pas par un Japonais, mais par un Mongol. Quand on sait que le sumo est un pan du Japon éternel... qu'il fait partie du shintoïsme, la religion d'État, c'est effectivement un bouleversement...

Cela veut-il dire que le sumo n'est plus japonais ?

Ce serait faire une conclusion un peu rapide. Mais on peut s'interroger... Akuho, qui domine depuis un bon moment déjà le sumo, va être le symbole de celui qui bat les Japonais au cœur même de leur sport, mais ce n'est pas tout. Derrière lui, les numéros 2 et 3 du sumo sont également des Mongols. Depuis des années, il y a fréquemment l'apparition d'étrangers, des Hawaïens, un Égyptien qui se fait appeler Hosuma Halachi et même un Brésilien, Vander Ramos alias Kuniazuma. Natif de Santo André, arrivé à 16 ans à Tokyo, Samba et sumo, c'est presque folklorique... Mais ça n'amuse pas vraiment les gardiens du temple. 

Cette domination s'exerce en plus en dépit d'une réglementation drastique. Un seul étranger est autorisé par écurie de sumo. Les non japonais sont épiés au moindre faux pas. Hakuho a déjà essuyé des remontrances pour attitude non conforme à l'esprit du sumo mais malgré ces barrières - au passage, il n'y a aucun Français parmi les sumotori - les Japonais sont aujourd'hui battus à plate coutures.

Comment expliquer qu'ils ne règnent plus sur ce sport qui leur appartient ?

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Yokuzouna,  c'est effectivement  le terme qui désigne le grand champion de sumo, ce sport où les Japonais ne font désormais plus le poids.

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