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STX, symbole de la désindustrialisation française

ÉDITO - Le Président Macron a célébré mercredi 31 mai à Saint-Nazaire le lancement d’un maxi-paquebot de croisière. L’occasion d'annoncer une nouvelle commande ferme. Et pourtant, ce chantier va être vendu.

Le paquebot MSC Meraviglia, "cathédrale sur l'eau", au port de Saint-Nazaire
Le paquebot MSC Meraviglia, "cathédrale sur l'eau", au port de Saint-Nazaire
Crédit : AFP / JEAN-SEBASTIEN EVRARD
Christian Menanteau : STX, symbole de la désindustrialisation française
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STX, symbole de la désindustrialisation française
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Loïc Farge
Loïc Farge

Le chantier de Saint-Nazaire va connaître son troisième propriétaire en moins de dix ans. Il est encore aujourd'hui la propriété du Coréen STX. Après une escale sans gloire en Asie, il doit théoriquement passer sous pavillon du numéro un européen du secteur, l'Italien Fincantieri. C'est un chantier réputé : il est le seul, avec Saint-Nazaire, capable de faire voguer les nouveaux monstres des mers destinés aux croisières. Avec 19.200 personnes, il a deux fois plus d’envergure que les anciens chantiers de l’Atlantique. L'objectif affiché par le repreneur italien est la constitution d'un Airbus de la navale.

Saint-Nazaire est une installation industrielle qui marche bien. Pourquoi la vendre ? Parce que son propriétaire actuel, le Coréen STX, est en faillite. L'État ne possède que 33% du capital. C'est suffisant pour bloquer toute opération hostile, mais insuffisant pour jouer au patron. Sur le fond, ce qui peut paraître choquant c'est la modicité du prix d'achat : cet outil a 12 milliards d'euros de commandes ferme, un plan de travail complet pour ses 7.600 collaborateurs jusqu'en 2026, une technologie de pointe. Ce paquet cadeau ne vaut que 80 millions d'euros. Et ce qui est encore plus troublant, c'est l'absence de tout candidat tricolore à la reprise.

En fait ce dossier nous renvoie à nos faiblesses structurelles : nous n'avons plus de grandes entreprises capables de prendre en main une société de ce gabarit, ni de banques suffisamment culottées pour financer ses développements.

La meilleure défense de Saint-Nazaire, c'est son savoir-faire et sa compétitivité

Christian Menanteau

Plusieurs responsables politiques veulent s'opposer à la vente ou nationaliser. C'est une analyse à courte vue, surtout ravageuse pour les intérêts français. Si nos entreprises sont peu entreprenantes dans l'Hexagone, elles sont parmi les plus audacieuses dans les raids à l'étranger.

À lire aussi

Bannir un industriel italien, même s'il a des partenariats avec un Chinois, ce serait masquer que Vivendi  croque le grand opérateur télécom italien, que Carrefour avale les deux principaux distributeurs du pays, que BNP Paribas fait son marché dans la botte, que Lactel a mis la main sur les joyaux de l'industrie laitière italienne, ou que LVMH et Pinault raflent à tour bras les plus belles marques du luxe transalpin. Ce serait plus que contre-productif. Ce serait un aveu supplémentaire de faiblesse. La meilleure défense de Saint-Nazaire, c'est son savoir-faire et sa compétitivité.

Le bloc-notes

- Les premiers effets du Brexit : une baisse des investissements de 1,5%  et une augmentation des faillites de 8%.

- Les loyers repartent à la baisse en France : -0.5% sur le premier semestre.

La note du jour

14/20 au couple Arianespace-Airbus, qui s'apprête à lancer le premier satellite tout électrique européen.

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