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Vers un retour des "Gilets jaunes" ? Pourquoi les appels à manifester du 17 octobre gagnent du terrain sur les réseaux sociaux

Les appels à ressortir les gilets jaunes se propagent sur les réseaux sociaux, portés par la flambée des prix à la pompe et l'inquiétude sur le pouvoir d'achat. Une date cristallise les tensions, le 17 octobre 2026.

Un "gilet jaune" sur les champs-Élysée, samedi 5 janvier 2019

Crédit : Lucas BARIOULET / AFP

Morad Djabari & Jérémy Descours

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Se dirige-t-on vers un retour des "Gilets jaunes" ? Le 17 octobre peut-il rallumer la mèche ? Sur les réseaux sociaux, les appels à manifester se multiplient sur fond de pétrole en hausse et de pouvoir d'achat sous tension

Certains expriment un simple ras-le-bol. D'autres espèrent clairement revoir les gilets jaunes. "Je suis prêt à enfiler le gilet jaune", lâche un internaute. Un autre, face caméra, résume la colère : "L'eau coûte cher, l'électricité coûte cher, la nourriture coûte cher. Et l'essence, ça se rajoute".

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Une date revient donc avec insistance : le 17 octobre. Une carte largement relayée sur TikTok mentionne plusieurs villes où des rassemblements sont évoqués, parmi lesquelles Angers, Bordeaux, Clermont-Ferrand, Dijon, Grenoble, Lille, Lyon, Paris, Marseille, Montpellier, Nantes, Nice ou encore Perpignan. À ce stade pourtant, il reste très difficile de mesurer la réalité de cette mobilisation annoncée.

Une première mobilisation mardi à La Rochelle ?

Car derrière ces appels, il n'y a pour l'instant ni structure nationale, ni organisation clairement identifiée, ni mot d'ordre unifié. La mécanique rappelle par certains aspects les débuts des gilets jaunes : une colère qui part de la base, se propage en ligne, agrège des frustrations multiples et cherche un débouché dans la rue. Mais pour l'heure, rien ne dit que cette agitation numérique se traduira par une mobilisation d'ampleur.

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L'exemple de La Rochelle illustre cette incertitude. Flavien, ancien gilet jaune, a déclaré un rassemblement à la préfecture le mardi 15 septembre prochain à 10 heures. Sur Facebook, plus de 650 personnes se disent intéressées. Mais moins de 30 annoncent réellement leur participation. Et le précédent du mouvement "Bloquons tout", il y a un an presque jour pour jour, invite lui aussi à la prudence : très relayé sur les réseaux sociaux, il avait finalement débouché sur une mobilisation limitée.

Des Français inquiets de la situation du pays

Si l'hypothèse d'un retour des "Gilets jaunes" ressurgit aussi vite, c'est parce que le terrain social est de nouveau sous tension. Le baril de Brent continuait encore de progresser ce vendredi, à 105 dollars en fin de matinée. Et selon un sondage Elabe publié le 10 septembre, 61% des Français citent l'inquiétude parmi les mots décrivant leur état d'esprit face à la situation du pays. Et 67% des Français estiment que leur pouvoir d'achat a baissé ces derniers mois, soit 11 points de plus qu'en janvier. 

Deux tiers des Français disent d'ailleurs manquer d'argent pour vivre correctement, pour un montant moyen de 530 euros par mois. Près de trois sur dix déclarent avoir été à découvert plusieurs fois au cours des douze derniers mois, en moyenne dès le 17 du mois. Le carburant reste, dans ce climat, un marqueur particulièrement sensible. Les automobilistes fixent en moyenne à 1,84 euro le litre le seuil au-delà duquel le prix devient inacceptable. Un sur deux dit avoir déjà renoncé à certains déplacements pour limiter ses dépenses.

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Le PCF cherche à mobiliser sur les ronds-points

Dans ce contexte, plusieurs responsables politiques cherchent déjà à capter cette colère. Le patron du PCF, Fabien Roussel, a appelé les Français à "se mobiliser sur les ronds-points" si le gouvernement n'agit pas rapidement sur les prix de l'énergie. Il réclame notamment une baisse de la TVA sur les carburants et la suppression de certains prélèvements, pour faire baisser immédiatement le prix à la pompe. 

Sur RTL, ce vendredi 11 septembre, Ségolène Royal a elle aussi estimé qu'un litre d'essence "ne doit pas dépasser 1,70 euro", en plaidant pour une action sur la TVA et sur les marges du raffinage.

Le gouvernement, lui, a fermé la porte à une baisse générale des taxes. La porte-parole Maud Bregeon a défendu des aides ciblées, réservées à ceux qui en ont le plus besoin. Reste à savoir si le 17 octobre marquera le retour des gilets jaunes ? Rien ne permet encore de l'affirmer. Mais cette fin de non-recevoir peut aussi renforcer le sentiment d'abandon d'une partie des Français... Réponse dans les prochaines semaines. 

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