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Contraints de faire un crédit pour rouler : ces Français étranglés par la hausse des carburants

Le prix des carburants repart à la hausse et pèse de plus en plus lourd dans le quotidien de nombreux Français. Automobilistes, artisans et travailleurs modestes racontent sur RTL des budgets sous tension, des déplacements réduits et, pour certains, le recours au crédit ou aux pleins à l'étranger pour limiter la facture.

Un terminal de paiement par carte à une pompe à essence de Fleurance dans le Gers, le 6 mars 2026.

Crédit : Isabelle Souriment / Hans Lucas / Hans Lucas via AFP

L'INTÉGRALE - Les Auditeurs ont la parole du 09 septembre 2026

00:45:29

Amandine Bégot & Eléonore Aparicio

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Le prix du carburant repart à la hausse, porté par un baril de Brent repassé au-dessus des 100 dollars, ce mercredi 9 septembre. Pour les automobilistes qui dépendent de leur voiture au quotidien, et plus encore pour les artisans, cette flambée se traduit déjà par des arbitrages concrets sur les déplacements, le travail et le budget. 
Stéphane, électricien à Villenave d'Ornon près de Bordeaux, dit devoir désormais organiser son planning en fonction du prix de l'essence. Habitué aux allers-retours entre son domicile et ses chantiers, il est contraint de les regrouper pour limiter ses déplacements. "Je sais qu'avant je faisais un plein avec 60 euros et maintenant c'est 100 balles.100 euros par semaine, il faut 4 semaines, 400 euros et avant c'était moins cher. Donc il faut que je travaille un peu plus pour payer l'essence", calcule-t-il sur RTL.


Certains Français vont jusqu'à contracter des prêts à la consommation pour faire face à la hausse des prix du carburant. Alexandre, dans l'Aisne, raconte dans Les auditeurs ont la parole, le cas d'une amie, femme de ménage, mère divorcée de deux enfants, payée autour de 1.100 euros par mois. Pour aller travailler, elle parcourt 30 kilomètres par jour, sept jours sur sept. Résultat, son budget carburant lui "engloutit plus de la moitié de son reste à vivre". Au point, dit-il, qu'elle a dû souscrire un crédit à la consommation "pour subvenir à ses besoins". 

Ces Français contraints de faire leur plein à l'étranger

Pour ceux qui vivent près d'une frontière, la comparaison est d'autant plus difficile à accepter. Christophe, dans les Pyrénées-Orientales, explique qu'il traverse désormais la frontière espagnole pour faire son plein. 
Là-bas, dit-il, le litre de gazole lui coûte 1,69 euro, contre bien davantage en France. À chaque passage à la pompe, il affirme économiser environ 40 euros. Même constat pour Alexandre, qui se rend en Belgique. Remplir son réservoir de 80 litres lui revient à environ 160 euros, contre presque 200 euros en France.

Derrière ces écarts de prix, Thomas, distributeur de carburant en Bretagne, met directement en cause le poids de la fiscalité. "Quand une semie de gasoil rentre dans une station-service, il y a 45 000 euros de taxes dedans", affirme-t-il. Pour lui, les professionnels ne peuvent pas absorber un plafonnement des prix : "Aujourd'hui, je l'achète à plus de 2 euros le litre" et ils ne dégagent ensuite que "4 à 5 centimes de marge".

On ne peut pas vendre à perte

Francis Pousse, président du syndicat des stations-services Mobilians

Une position partagée par Francis Pousse, président du syndicat des stations-services Mobilians. Il met en garde contre une mesure qu'il juge intenable pour les stations-service. "Ce qui est sûr, c'est qu'un plafonnement arbitraire ferait automatiquement fermer tout un tas de stations, parce qu'on ne peut pas vendre à perte", a-t-il expliqué à l'issue de la réunion avec les distributeurs à Bercy. 


Thomas, distributeur de carburant, avance une piste plus ciblée : suspendre temporairement certains prélèvements, notamment les certificats d'économie d'énergie, qui représentent selon lui "entre 15 et 20 centimes du litre". Une mesure qui pourrait, dit-il, "redonner 20 centimes de moins" et "un peu d'air aux consommateurs".

Bercy écarte, à ce stade, toute aide plus large pour compenser la hausse des carburants, invoquant notamment l'état dégradé des finances publiques. Le ministère se dit également opposé à un plafonnement des prix, estimant qu'une telle mesure reviendrait à "organiser la pénurie".

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