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Attentats du 11-Septembre : 25 ans après, l'unité des États-Unis à l'épreuve

New York rend hommage ce vendredi aux victimes des attaques du 11-Septembre, il y a 25 ans, sans Donald Trump mais avec Zohran Mamdani, premier maire musulman de son histoire, une présence dénoncée par certains conservateurs.

Des fleurs ont été déposées au "Ground Zero", où se trouvaient les tours

Crédit : Michael M. Santiago / GETTY IMAGES NORTH AMERICA / Getty Images via AFP

Marie-Lys de Fremond & AFP

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New York n'oubliera jamais le 11-Septembre. Ce vendredi, la foule se presse à "Ground Zero" autour des deux vastes bassins matérialisant les deux tours détruites du World Trade Center.

Il y a vingt-cinq ans, jour pour jour, quatre avions de ligne détournés par des terroristes islamistes d’Al-Qaïda se sont écrasés sur le sol américain, dont deux contre les Twin Towers de New York. Près de 3.000 personnes ont perdu la vie dans les attentats. 

Un quart de siècle après, les commémorations du 11-Septembre se déroulent dans un pays plus divisé que jamais. Deux mois avant les midterms, les élections de mi-mandat du pays, et dans le contexte de la guerre au Moyen-Orient, des tensions émergent à la fois à la Maison Blanche et autour du New York City Hall. La veille, à Dallas, le vice-président JD Vance a qualifié le parti démocrate de "parti de la haine".

La Grande Pomme rend hommage aux victimes des attaques du 11-Septembre, sans Donald Trump mais avec Zohran Mamdani, le premier maire musulman de son histoire, une présence dénoncée par certains conservateurs. 

Une pétition contre la présence de Zohran Mamdani

"Je me sens offensé par sa venue." Samedi 5 septembre, Rudy Giuliani a fait une violente charge contre l'actuel maire de New York, sur la chaîne conservatrice américaine Newsmax. Ce proche de Donald Trump, et maire républicain de New York lors des attentats du 11 septembre 2001, a soutenu une pétition lancée contre la présence de son successeur démocrate à la commémoration de ce vendredi. 

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Cette pétition, qui a recueilli plus de 100.000 signatures, a été lancée par Giovanni Galante. Celui-ci, veuf depuis les attentats, a expliqué au média américain CBS que la présence de Mamdani représenterait "un manque de respect pour [les] familles, en raison des gens qu'il soutient".

En cause notamment, la proximité de l'édile avec l'imam Siraj Wahhaj, soupçonné à l'époque d'avoir participé à l'attentat du World Trade Center de 1993, ainsi que la nomination de Ramzi Kassem à un haut poste juridique de New York. Ce-dernier a en effet été l'avocat de membres d'Al-Qaïda, dont le beau-frère d'un des terroristes du 11 septembre. 

En réponse à la polémique, l'actuel maire a confirmé sa venue en ajoutant sur la chaîne étatsunienne Spectrum News : "Je suis fier d'être le maire de cette ville. J'aime cette ville, j'aime ce pays. Je veux que cette semaine soit consacrée aux familles auxquelles des êtres chers ont été arrachés (...) ainsi qu'aux premiers intervenants (...) et aux personnes qui se sont mobilisées pour leurs concitoyens new-yorkais". 

La semaine dernière, Zohran Mamdani avait également signé deux arrêtés : le premier pour instituer le 11 septembre comme "Journée du souvenir et de l'engagement citoyen", le deuxième pour moderniser les procédures de préparation aux situations d'urgence de la ville. 


Cette semaine, il a par ailleurs annoncé la publication de dizaines de milliers de documents révélant, selon lui, des dissimulations de la ville sur la toxicité de l'air après les attaques contre le World Trade Center.

En plus des 2.977 personnes décédées aux États-Unis le jour des attentats, principalement à New York, plus de 9.400 autres sont mortes des suites de maladies liées à leur exposition, selon le programme fédéral de suivi médical.

"Des gens sont tombés malades parce que les dirigeants auxquels ils faisaient confiance leur ont menti en leur affirmant qu'ils pouvaient respirer sans danger un air toxique", a insisté Zohran Mamdani.

Le 11-Septembre, un tournant

Se tissent aussi, en toile de fond, des motivations politiques. C'est en tout cas ce que semble sous-entendre Giuliani chez Newsmax, lorsqu'il aborde le sujet de son successeur, premier chef de la ville musulman. Selon Giuliani les terroristes du 11 septembre, hostiles envers l'Amérique, "ne s'en cachaient pas, contrairement à Mamdani qui tente de le dissimuler". La prise de position radicale de Rudy Giuliani est analysée sociologiquement par le quotidien américain New York Times comme le signe du virage "très à droite" de l'homme politique.

Mamdani avait de son côté déclaré l'an dernier, toujours dans le New York Times, que les attentats de 2001 avaient marqué un tournant islamophobe envers les musulmans Américains, désormais considérés comme "autre". Vingt-cinq ans après, sa position de maire dans cette ville touchée par l'attentat est le symbole d'une évolution. 

L'homme politique avait aussi été accusé d'être pro-Hamas, du fait notamment de son opposition assumée envers Benyamin Netanyahou. En juillet, le maire avait annoncé soutenir l'arrestation du chef d'État israélien s'il se rendait à l'ONU en septembre. Le président Trump avait alors dénoncé ces propos, et assuré que Netanyahou ne serait pas arrêté aux États-Unis.

Une cérémonie apolitique avant des élections décisives

Parmi les personnalités politiques attendues ce vendredi à la cérémonie d'hommage, sont cités les anciens présidents Bill Clinton, George W. Bush, Barack Obama et Joe Biden, ainsi que d'anciens maires de la ville.

Donald Trump a choisi de s'exprimer lui au Pentagone. Il est représenté à New York par son vice-président JD Vance. Selon le New York Times et CNN, il lui aurait été refusé de faire un discours lors de cette cérémonie apolitique, d'où sa décision de rester près de la capitale. 


La célébration d'hommage a lieu le lendemain de son congrès politique de mi-mandat au Texas. Le président Trump est en pleine campagne des "midterms" qui signent le renouvellement de la Chambre des représentants et d'un tiers du Sénat, qui auront lieu dans deux mois le 3 novembre.

Or, les votes sont souvent au détriment du président en place, et permettent de mesurer l'opinion publique à mi-mandat. Ainsi, la prise de parole présidentielle pourrait prendre un autre sens lors de l'hommage au Pentagone. 

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