4 min de lecture Politique

Quand le mot de l'année 2016 traduit l'état des sociétés

Au programme de la revue de presse du 16 décembre, le mot sensation de l'année 2016, mais aussi François Fillon et l'affaire William Saurin.

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Quand le mot de l'année 2016 traduit l'état des sociétés Crédit Image : AFP | Crédit Média : Adeline François | Durée : | Date : La page de l'émission
Adeline François
Adeline François
et La rédaction numérique de RTL

S'il ne fallait retenir qu'un mot de cette année 2016, quel serait-il ? C'est le défi que se lance chaque année le dictionnaire d'Oxford, vénérable institution britannique qui, l'an passé, avait choisi le mot "emoji" . Pour 2016, il a élu le terme "post truth", que l'on peut traduire par "post vérité" en français. Comme pour signifier qu'en cette fin d'année 2016, "la vérité est en souffrance", souligne Karl De Meyer, dans le supplément weekend des Échos.

Le terme fait en réalité référence à la primauté de l'émotionnel sur l'objectivité des faits pour modeler l'opinion publique. Une notion, un sentiment que l'on a pu retrouver lors des campagnes du Brexit, et de Donald Trump notamment. L’émergence de "post-vérité" dans le langage a été "alimentée par la montée en puissance des réseaux sociaux en tant que source d’information et la méfiance croissante vis-à-vis des faits présentés par l’establishment".

Un phénomène également dangereux pour la campagne électorale française

Et le phénomène de post-vérité ne concerne pas que ce qui est hors des frontières françaises. La campagne électorale risquant d'en souffrir si l'on ne fait pas attentino. Ainsi le Huffington Post s'intéresse ce 16 décembre, dans une enquête très fouillée, à une nouvelle campagne de déstabilisation numérique, née sur les réseaux sociaux et visant le candidat de la droite, François Fillon, rebaptisé par la fachosphère "Farid Fillon". Une campagne  censée démontrer sa complaisance, voire sa "compromission", vis-à-vis de l'islamisme. Et cette menace va pousser l'équipe Fillon à riposter dans les jours qui viennent au moyen d'une page anti-intox dédiée sur le site du candidat, afin d'allumer des "contre-feux".

Une campagne assez similaire avait enquiquiné le candidat Alain Juppé pendant la campagne de la primaire de la droite. Sans pouvoir le quantifier, l'équipe de l'édile bordelais considère aujourd'hui que "le phénomène Ali Juppé" a joué un rôle dans la défaite du maire de l'homme politique. Une défaite particulièrement amère pour lui, si l'on en croit Le Figaro de ce 16 décembre.Le journal consacre une page aux blues des candidats de la primaire à droite. quelque quatre semaines après le premier tour. Les recalés tentent toujours d'encaisser leur défaite. Et selon les propres termes d'Alain Juppé à un parlementaire, la situation est particulièrement difficile. " Je n'ai eu qu'une vie de souffrance", dit-il. "Tout ce que j'ai fait en politique s'est mal fini".

L'affaire William Saurin

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La presse commence à s’intéresser de près à la patronne de William Saurin, Monique Piffaut, décédée il y a trois semaines alors qu'un audit a permis de découvrir que les comptes de son entreprise étaient truqués depuis des années. enfin, découvrir n'est peut être pas le mot. Il faut lire donc lire l'article aussi savoureux qu'un cassoulet fait maison du site du Point intitulé "Et si Monique Piffaut avait toujours triché ?". Depuis sa mort, les langues se délient au sein de l'entreprise, et certains salariés tablant sur la prescription des faits ont avoué qu'en 2001, au moment du rachat de William saurin, la patronne de la maison mère leur avait demandé "d'arranger le bilan de l'entreprise". La dirigeante à la poigne de fer n'en était sans doute pas à son coup d'essai. En interne, il se murmure que la fraude durait depuis des décennies. Peut-être même depuis toujours. À chaque fin d'exercice, durant quelques jours, Monique Piffaut s'enfermait dans un bureau avec son ancienne secrétaire, Arlette. Les deux femmes, armées de bordereaux vierges, fabriquaient des centaines de fausses factures au nom de divers clients. Et si un banquier avait le malheur d'essayer d'en parler à un membre du service comptabilité, Monique Piffaut entrait dans une colère noir.

Jusqu'au bout, même lorsqu'il lui rendait visite à l'hôpital américain, le directeur général adjoint, Denis Michault, aurait tenté de convaincre sa patronne d'assumer son escroquerie. Seule certitude,  elle n'a pas fraudé pour s'enrichir personnellement. La patronne n'aurait laissé derrière elle que l'équivalent de 32 000 euros d'objets et bijoux en plus de ses lourds secrets…

Noël dans l'air

Ce 16 décembre, est, par ailleurs, la journée mondial du pull de Noël, dit le pull moche. "Osez le pull moche", s'exclame Le Parisien, tandis que Le Monde propose de revenir aux sources de cette étrange tradition qui nous vient des anglo saxons. Détournée et transposée dans le monde de l'entreprise, elle n'a pas toujours été sarcastique. Le pull de Noël moche a longtemps été une tradition familiale tout a fait premier degré. On offrait à Noël des pulls tricotés à la main avec des motifs comme des rennes, des flocons ou des sapins. Jusqu'en 2001 et le film Le journal de  Bridget jones, où l'héroine croise le futur homme de sa vie, Marc Darcy, qui arbore un pull à tête de rennes... La journée mondiale du pull de Noël moche était donc né. 

Autre tradition de Noël originaire des États-Unis : les films. Dont un en particulier, qui sera diffusé dans quelques jours, Yule Log. Le magazine Stylist raconte ce 16 décembre que ce long-métrage est diffusé depuis une cinquantaine d'années à la télévision américaine. Programme en bois, Yule Log est un film de trois heures regardé par des millions d'américains depuis la chaîne Wpix. Il s'agit d'un plan fixe de trois heures sur un feu de cheminée. Au départ, l'idée était d'offrir un feu de cheminée à tous les New-Yorkais qui vivaient en appartement. Mais en 1989, un nouveau patron arrive et décide de supprimer la diffusion du film au motif que pendant trois heures il n'y avait ni publicité, ni sponsor. La chaîne croule sous les courriers d'injures, des cassettes VHS circulent sous le manteau pour se passer quand même le film. Il faudra attendre 13 ans pour que Yule log soit à nouveau programmé lors du Noël qui a suivi le 11 septembre, pour apporter du réconfort aux New-Yorkais.

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