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Pyrénées-Atlantique : vaste coup de filet dans une secte

Dix personnes de la secte "Tabitha's Place", à Sus, étaient en garde à vue mardi soir à l'issue d'une opération ayant mobilisé 200 gendarmes.

Des gendarmes (photo d'illustration).
Des gendarmes (photo d'illustration).
Crédit : FRANCOIS NASCIMBENI / AFP
La rédaction numérique de RTL & AFP

Pas moins de 200 gendarmes, un hélicoptère, l'Institut de recherche criminelle et des médecins légistes étaient mobilisés mardi 16 juin lors d'une opération dans les locaux de la secte "Tabitha's Place", à Sus, dans les Pyrénées-Atlantiques. Une vaste opération menée avec succès puisque dix personnes, "hommes et femmes responsables de la communauté", ont été placées en garde à vue, neuf à Pau et une à Perpignan où des forces avaient également été mobilisées.

Soupçonné notamment de violences et mauvais traitement sur des enfants, la communauté est sous le coup d'une information judiciaire ouverte par le procureur de Pau Jean-Christophe Muller, en mars 2014 à la suite d'informations données par un ancien adepte a expliqué ce dernier. L'enquête "concerne des faits d'abus de vulnérabilité dans le cadre d'un mouvement à caractère sectaire, des faits de violences sur mineurs concernant les conditions d'éducation, et des faits de travail dissimulé" et de travail des enfants, a-t-il résumé.

Des punitions physiques réglementées et graduées

Les mineurs présents dans la communauté Tabitha's Place, considérée comme une secte par la Commission parlementaire d'enquête sur les sectes,  ont été auditionnés et examinés par des médecins. Quatre d'entre eux, frères et soeurs d'une même famille âgés de 18 mois à treize ans, ont été placés auprès des services sociaux du Conseil général après la découverte de "traces récentes de corrections physiques", qui font partie du "mode d'éducation" dans cette communauté, a souligné le procureur de Pau. Selon la Mission interministérielle de vigilance et de lutte contre les dérives sectaires (Miviludes), "les punitions physiques sont réglementées et graduées" au sein de la secte, avec des coups de baguette d'osier ou de règle sur différentes parties du corps. Pour justifier ces violences, les adeptes invoquent un verset de la Bible : "La folie est liée au coeur des enfants ; le bâton qui les châtie les en éloignera".

L'information judiciaire ouverte pour "soustraction par un parent à l'obligation légale envers ses enfants" doit permettre de savoir dans quelles conditions les "centaines de mineurs" qui transitent dans les locaux de la secte "vivent, sont éduqués et participent à l'activité économique", a affirmé Jean-Christophe Muller. La Miviludes souligne que "les enfants sont levés à 6 heures du matin et reçoivent un enseignement toute la matinée. L'après-midi, ils travaillent avec leurs parents. Ils n'ont pas le droit de jouer, les jouets étant l'oeuvre du diable".

Des membres déjà condamnés

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Les membres de Tabitha's Place, aussi connue sous le nom d'"Ordre apostolique", "Douze tribus" ou "Ruben and Brothers", qui exploitent à Sus des terres agricoles et vendent des fruits et des légumes, sont également soupçonnés de travail dissimulé, de fraude aux prestations sociales, de blanchiment de fraude fiscale.

En mars 2002, 19 membres de Tabitha's Place avaient été condamnés par la Cour d'appel de Pau pour "soustraction aux obligations légales des parents", notamment refus de scolarisation et de vaccination de leurs enfants. En 1997, un enfant de 19 mois y était décédé faute d'alimentation et de soins. Ses parents ont été condamnés à douze ans de réclusion criminelle.

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