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Psychologie, santé, amour : 82% des adolescents ont une vision positive de leur vie

Une étude menée par Santé publique France révèle que l'adolescence n'est pas un passage si ingrat de la vie, à en croire un échantillon de 7.000 jeunes français sondés en 2014.

Les comédiens du film "Entre les murs", dont l'intrigue se passe dans un collège (2008)
Les comédiens du film "Entre les murs", dont l'intrigue se passe dans un collège (2008)
Crédit : HADJ/SIPA
Clémence Bauduin
Journaliste

Les adolescents vont globalement bien, selon une récente étude publiée par Santé publique France. Tous les quatre ans, une étude d'envergure internationale s'intéresse au bien-être des jeunes de 11 à 15 ans. Intitulée Health Behaviour in School-aged Children (HBSC) et menée dans 40 pays au total, l'enquête montre que, contrairement aux idées reçues, les collégiens sont globalement heureux. Le volet français de la dernière édition de ce sondage vient d'être dévoilé et porte sur l'année 2014. L'échantillon de 7.000 collégiens sondés pour le volet français de l'étude, voulu représentatif des 11-15 ans, démontre toutefois que 82% des adolescents français ont une appréciation positive de leur vie.

Santé publique France, l’agence nationale chargée de la veille et de la prévention santé, a publié le compte-rendu relatif aux adolescents français. "Les adolescents vont en fait plutôt bien, mais il y a des points d’alerte sur lesquels les efforts doivent porter", relève Emmanuelle Godeau, médecin de santé publique qui coordonne l’étude depuis l’académie de Toulouse, auprès de nos confrères du Monde qui relaient les résultats. Ces derniers révèlent, dans le détail, qu'un quart des adolescents éprouvent des troubles somatiques et psychologiques réguliers, tels des difficultés à s’endormir pour 36,7 % de ce quart, de la nervosité pour 24,5 % de ce même quart ou encore de déprime pour 17,3 %. La santé s'en trouve impactée : 21,7% disent souffrir du dos, 17,3% de la tête et 15,4% du ventre plus d’une fois par semaine depuis six mois.

La proportion des adolescents considérant leur vie comme positive a baissé depuis 2010
La proportion des adolescents considérant leur vie comme positive a baissé depuis 2010
Crédit : Capture d'écran HBSC Santé publique France

Les filles moins heureuses

Davantage de filles se plaignent de ces maux. De manière globale, elles s'avèrent être moins bien dans leur peau que les garçons. Quand 82% d'entre elles percevaient leur vie comme positive en 2010, elles ne sont plus que 78% à faire ce constat en 2014. "Elles intériorisent davantage leur malaise que les garçons et l’éprouvent dans leur corps, selon Emmanuelle Godeau. C’est un phénomène observé dans tous les pays de l’étude". En cause notamment, une crainte de l'avenir liée à la conjoncture économique, à laquelle les jeunes femmes seraient plus "sensibles". Les choses ne s'arrangent pas sur le critère de l'estime de soi : 35,5 % des jeunes femmes de corpulence normale qui ont été sondées se trouvent "un peu" ou "beaucoup" trop grosses. Les garçons, eux, ont tendance à se trouver trop maigres.

L'étude alerte également sur le temps journalier passé par nos adolescents devant les écrans : 7h48 par jour, en semaine comme en weekend, tous écrans confondus. Des différences notables apparaissent aussi selon la provenance sociale des jeunes gens, notamment dans le domaine de l'hygiène de vie, de l'alimentation et du sport. Les catégories défavorisées sont davantage en proie au surpoids (18 %) que les jeunes moins favorisés (8%). A contrario, l'usage de cannabis se retrouve davantage chez les plus aisés (14,7%) que chez les catégories intermédiaires et défavorisées (8%), de même que pour le tabac et l'alcool.

Une période clé pour l'amitié

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Côté cœur, la situation semble au beau fixe pour les adolescents. 86% des 11-15 ans sondés affirment avoir déjà été amoureux, et 70% confient être déjà sortis avec quelqu’un. Sur le plan de la sexualité, 9% des collégiens ont eu des rapports sexuels arrivés en classe de 4e et 18% en 3e, des chiffres en baisse comparés à ceux de 2010. Une donnée inquiétante se glisse dans ce pan de l'étude : 22% des filles ayant déjà vécu leur première fois affirment qu'elles auraient préféré que ce moment arrive "plus tard". "On peut se demander dans quelle mesure ces rapports ont été consentis", analyse ainsi Emmanuelle Godeau. Une bonne nouvelle concerne toutefois l’usage de la contraception, puisque 86 % des jeunes "initiés" affirment s'être protégés. 

À la maison, seuls 36,6% des collégiens estiment que la communication est bonne. Ces derniers affirment dialoguer plus aisément avec leur mère (72%) qu’avec leur père (54 %). Toutefois, 69 % des adolescents affirment se sentir fortement soutenus par leur famille. Mais l'étude fait également remarquer que l'adolescence est une période clé pour l'amitié : 63 % des garçons et 76 % des filles soulignent l'importance du soutien de leurs amis dans leurs vies.

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