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Prix du lait : Lactalis et les producteurs à la une

La presse relaie largement les discussions menées ce mardi 30 août et la perspective d'un accord longtemps espéré.

BEGOT 245300 La Revue de Presse Amandine Begot
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Prix du lait : Lactalis et les producteurs à la une Crédit Image : Maxime Villalonga | Crédit Média : Adeline François | Durée : | Date : La page de l'émission
Adeline François
Adeline François
Journaliste RTL

Au premier plan, un homme qui nage sur le dos et se laisse porter par les flots. Juste derrière lui, trois autres semblent se lancer dans un crawl effréné, on distingue le regard perçant et déterminé de l'un d'eux. La course à laquelle ils participent est une course pour la vie. En arrière-plan, leurs compagnons d'infortune les observent depuis une grande barque et hésitent à se jeter à l'eau eux aussi. Combien sont-ils ? 400, 700 peut-être, sur ce bateau de pêche à la coque bleue ? La scène s'est déroulée hier après-midi entre les cotes libyennes et italiennes. La photo impressionnante est en une de l'édition internationale du New York Times et de The Independant à Londres. 6500 réfugiés secourus sur la seule journée d'hier en Méditerranée. "Le chaos en Libye et un relâchement des contrôles aux frontières ont fait de la région un hub pour les Africains qui tentent le voyage vers l'Europe", explique le New York Times

Sur le site du Figaro, c'est une autre photo. Celle d'Omran, ce petit garçon syrien couvert de poussière et secouru après un bombardement à Alep. Sa bouille a fait le tour du monde il y a trois semaines. On savait qu'il avait pu quitter l'hôpital le 19 août, mais depuis on ignorait ce qu'il était devenu. "Nous avons retrouvé sa trace", explique le journal, il "est en sécurité et vit avec sa famille dans la ville d'Alep". 

Sa photo se retrouve aussi ce matin dans Les Échos sous ce titre : "Face au chaos du monde, reprendre le chemin de la raison". "Le regard de ce petit garçon devrait nous hanter, écrit Dominique Moïsi, mais ce sont d'autres images en apparence plus paisibles qui dominent notre imaginaire de Français, plus que l'impact des bombes sur les corps, c'est le spectacle des femmes entrant dans l'eau couverte qui nous passionne. Cette querelle du burkini est l'illustration tragique et un peu ridicule à la fois de notre perte de repères devant la complexité sinon le chaos. Nous savons encore moins qu'hier, hiérarchiser les enjeux et les défis du monde". "Et c'est  ainsi que les sujets économiques risquent de passer à la trappe", écrit juste à côté Dominique Seux dans son édito intitulé "L'économie avant le burkini".

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L’économie et la crise du lait font la une

"Pourront-ils faire plier le milliardaire du lait ?" s'interroge en une le Maine Libre, alors que débute ce matin de nouvelles négociations entre Lactalis et les représentants des producteurs laitiers. La presse semble avoir choisi son bord et tire à boulet rouge sur le géant laitier. "Un groupe secret sous les feux de l'actualité", titre Le Figaro. "Dis papa, c'est quoi Lactalis ?", se demande Le Parisien-Aujourd'hui en France. Et en une de L'Humanité : "Comment l'empire Lactalis asservit les producteurs".

"Derrière le conflit sur le prix du lait, se cache ni plus ni moins un choix de société", écrit Laurent Bodin dans l'Alsace. La question est de savoir quelle agriculture nous voulons pour la France du XXIe siècle.

Pour Dominique Garraud dans La Charente Libre, "si rien n'est fait au niveau européen pour revenir à une stratégie agricole commune et cohérente, il est à craindre que toutes les aides accordées ponctuellement aux filières sinistrées relèvent de soins palliatifs à des exploitants agricoles en voie de disparition."

Le Courrier Picard, lui, a choisi un autre angle : la crise du lait vu de la fameuse ferme des 1000 vaches dans la Somme, 9 millions de litres de lait produits cette année et vendus non pas à Lactalis, mais à une coopérative belge. "La crise du lait n'a rien à voir avec nous", dit le patron de la ferme des 1000 vaches, le problème c'est que le prix du lait n'a quasiment pas évolué en trente ans et que les coûts de production ont explosé. La solution c’est de se regrouper. C’est ce qu'il a fait. Mais franchement, des fermes de 1000 vaches partout en France, ça fait pas rêver.

Pour trouver du rêve ce matin, c'est à Marseille qu'il faut aller

"Le rêve américain", titre carrément La Provence avec la bannière étoilée flottant au-dessus du vieux port et le large sourire de Franck McCourt, futur propriétaire de l'OM. "Plus belle la vente", titre le site de Sofoot, en racontant la journée comme un épisode de Plus belle la vie, avec dans les rôles principaux la reine Marga, Hollywood Franck et Jean-Claude Gaudin, alias l'éternel. C'est très drôle.

"C'est du foot, mais bien plus que cela puisqu'il s'agit de l'OM", s'emporte Denis Daumin dans La Nouvelle République du Centre-Ouest. "Quand un émir qatari rachète le PSG et Ibrahimovic en bonus, c'est un caprice de parvenu. Lorsque Margarita Louis-Dreyfus s'apprête à signer avec un milliardaire américain, c'est l'épilogue d'un conte de fées. Rien n'est pareil à Marseille. Rien n'est signé, mais c'est comme si c'était fait, l'histoire ne s'est pas arrêtée, elle patientait, nuance."

C’est la une de L'Équipe aussi : "Les secrets du rachat", le journal raconte heure par heure la journée d'hier qui s'est conclue par la transaction entre Margarita Louis-Dreyfus et l'homme d'affaires américain,  où l'on apprend que le rachat s'est finalisé dans une berline entre l'hôtel Pullman sur la corniche et l'hôtel de ville. 

Une autre histoire de voiture à lire ce matin

Renault-Peugeot, le clivage gauche-droite au volant, article du Monde daté d'aujourd'hui. Plutôt losange ou plutôt lion, les Français ont longtemps opté pour l'un des deux constructeurs en fonction... de leur bord politique. Si vous étiez à gauche, vous rouliez Renault, si vous étiez à droite, vous rouliez Peugeot. Pourquoi ? En fait il faut remonter à la libération et au rapport Pons qui avait fixé à l'époque le cahier des charges des différentes firmes automobiles et avait assigné à Renault, fraîchement nationalisé, d'oublier son passé dans le haut de gamme pour produire des modèles plus grand public, tandis que Peugeot, dont les dirigeants avaient résisté à l'ennemi, allait pouvoir continuer à s'adresser à sa clientèle plutôt aisée

Ainsi naquit la Renault 4 Chevaux puis la 4L, tandis que Peugeot sortait sa 203. Renault restera longtemps un symbole de gauche avec en toile de fond la forteresse ouvrière des usines de Billancourt, Mitterrand se fera présenter chaque nouveau modèle dans la cour de l'Élysée et s'affichera en supercinq. Le plus drôle c'est que 60 ans plus tard, le clivage a changé de bord, les propriétaires de Peugeot se situent plus volontiers à gauche que ceux de Renault, reste à savoir dans quelle voiture s'est conclue la vente de l'OM !

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2016-08-30 09:49:10
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