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Pourquoi nos ancêtres Néandertal et Sapiens pratiquaient le cannibalisme

Selon un chercheur britannique, les hommes préhistoriques ne mangeaient leur congénères pour se nourrir.

Un crane de Neandertal découvert en Espagne.
Un crane de Neandertal découvert en Espagne.
Crédit : MARY EVANS/SIPA
Geoffroy Lang & AFP

Quelles sont les parties du corps humains sont les plus nourrissantes ? C’est l’objet d’étude d’un d’un chercheur britannique spécialiste du paléolithique. Pour comprendre le cannibalisme pratiqué par les hommes préhistoriques, James Cole a eu l'idée de calculer la valeur nutritionnelle du corps humain. Verdict : elle n'est pas particulièrement riche. Le but recherché n'aurait donc pas été purement alimentaire, en déduit-il. 

Selon son tableau des différentes parties du corps humain indiquant leur poids respectif et leur valeur nutritionnelle exprimée en calories (graisse et protéines), il apparaît que le cerveau et la moëlle épinière ne pèsent pas lourd, mais sont très caloriques, que les cuisses ont un bon potentiel calorique, mais que le tissu adipeux est encore plus riche. 

Des animaux beaucoup plus nourrissant

La viande de mammouth, d'ours, de sanglier, de castor, de bison était nettement plus énergétique, selon un autre tableau comparatif publié jeudi par le chercheur dans la revue Scientific Reports. Un homme de 66 kilos fournit potentiellement 1.300 calories par kilo de muscle. Le mammouth est à 2.000 calories par kilo, l'ours à 4.000 (trois fois plus que l'homme) tout comme le sanglier et le castor.

La valeur calorique globale des muscles d'un homme est évaluée à 32.376. Elle est de 3.600.000 pour un mammouth, 1.260.000 pour un rhinocéros laineux, 600.000 pour un ours, 200.100 pour un cheval. 
"Au niveau individuel, l'homme affiche un taux calorique peu élevé. Et même si vous mettez cinq ou six individus, cela procurera toujours moins de calories qu'un seul cheval ou un bison", note James Cole.

Des pratiques rituelles et culturelles

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Pourquoi les hommes préhistoriques se donnaient tant de peine à se chasser les uns les autres, alors que ”l'homme est plus intelligent et son comportement est complexe. Ce devait être plus difficile de tuer six hommes qu'un cheval”, s’interroge James Cole. Les raisons de cette anthropophagie devaient donc être "culturelles ou sociales" (défense du territoire...).

L'homme de Néandertal, notre cousin disparu, mangeait de la viande humaine (site français de Moula-Guercy, site d'El Sidron en Espagne), et l'homme moderne, Homo Sapiens, était lui aussi anthropophage comme le montrent des ossements trouvés dans la grotte de Maszycka en Pologne (15.000 ans environ avant notre ère) et dans la grotte anglaise de Gough (14.700 avant notre ère). Pour la plupart de ces sites, le cannibalisme a été expliqué par un besoin de nourriture. Mais pour quelques autres, des motifs rituels ont été mis en avant. Dans la grotte de Gough, trois crânes transformés en coupe à boire par Homo Sapiens ont été découverts. 

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