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Pourquoi les immatriculations de voitures neuves ont reculé en octobre

ÉDITO - Les immatriculations de voitures neuves ont reculé de 1,52% pour les particuliers au mois d'octobre après le Mondial de l'auto. Décryptage.

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Pourquoi les immatriculations de voitures neuves ont reculé en octobre Crédit Image : DOMINIQUE FAGET / AFP | Crédit Média : RTL | Date :
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Martial You et Claire Gaveau

Le Mondial de l'auto a-t-il eu des conséquences sur les ventes automobiles ? Selon les premiers chiffres dévoilés ce jeudi 1er novembre, les immatriculations de voitures neuves ont reculé de 1,52% pour les particuliers au mois d'octobre.

Un chiffre à nuancer malgré tout. Traditionnellement, il faut toujours attendre un peu pour mesurer l'effet du Mondial, le temps que les ventes se réalisent vraiment. Mais on constate, en général, un petit coup d'accélérateur.

Cette baisse sur le marché des particuliers est en réalité technique. Cela intervient après une chute vertigineuse de près de 13% en septembre alors que les constructeurs ont immatriculé artificiellement des voitures en masse pendant l'été (+19% en juillet, +40% en août).

Non, les Français ne se sont pas rués sur les décapotables pendant l'été. En réalité, au 1er janvier, il y a eu un changement de normes pour l'homologation des moteurs. Beaucoup de constructeurs, notamment français, n'étaient pas prêts. Ils se sont donc pressés d'immatriculer des véhicules aux anciennes normes avant l'application de la nouvelle réglementation.

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Le marché automobile se porte malgré tout très bien en France. On devrait atteindre les 2 millions de voitures neuves vendues aux particuliers d'ici la fin de l'année. C'est le poids de forme du marché tricolore. Avec des marques françaises archi-dominantes qui représentent 6 voitures sur 10.

Dès lors, des bonnes affaires pourraient bien être possibles dans les prochains mois pour les personnes désirant acheter une voiture neuve. Il y aura ainsi des voitures d'occasion "zéro kilomètres" proposées par les concessionnaires. C'est un vieux truc de constructeurs. On immatricule en masse mais ces voitures ne sont pas encore vendues.

Maintenant, il faut financer ce stock énorme et ça coûte cher. On risque donc d'avoir des opérations très incitatives d'ici la fin de l'année.

Des conséquences économiques

Le problème ponctuel, il est plus pour le gouvernement et ses espoirs d'afficher une croissance de 1,7% à la fin de l'année. Le marché automobile est un élément essentiel de la consommation des ménages et la consommation est l'élément majeur de la croissance du pays. Or, depuis septembre, les ventes de voitures sont à l'arrêt (-1,7% pour la consommation des ménages en septembre à cause du marché automobile, selon l'INSEE).

Ça veut dire que le déstockage des voitures immatriculées cet été ne sera vraiment comptabilisé que fin 2018 ou début 2019. Un coup de frein artificiel qui pourrait peser sur les chiffres de croissance du pays.

L'électrique peine à s'imposer

En revanche, les ventes pour les voitures électriques demeurent extrêmement faibles. Elles représentent moins de 1% du marché en Europe. Un chiffre qui est au cœur des préoccupations avec la prime à la conversion et la volonté du gouvernement de doper encore cette prime pour aider les Français à quitter les moteurs thermiques pour aller vers les moteurs électriques ou hybrides.

Aujourd'hui, cette prime peut aller jusqu'à 2.500 euros. Le gouvernement veut la doubler avec l'aide des constructeurs. Il y aura des arbitrages dans les prochaines semaines.

Mais ce qui est intéressant, c'est que ce marché de la voiture est en pleine mutation et qu'on sent que constructeurs et gouvernements ont du mal à suivre le mouvement. À l'heure actuelle, il y a environ 30 millions de voitures qui roulent en France et elles ont environ 8 ans d'âge moyen. Cela signifie qu'elles ne sont pas éligibles à la prime à la conversion mais qu'elles seront bientôt interdites dans les grandes villes quand même.

La prime a connu un succès inattendu : 300.000 changements de vieux modèles par des neufs. 300.000 sur... 30 millions. Soit 1%. Vous vous rendez compte du temps qu'il faudrait et de la masse d'argent public nécessaire pour renouveler le parc.

Renault, le grand gagnant

Si les voitures électriques ont encore du mal à s'imposer, on constate malgré tout que les acheteurs se sont très vite détournés du diesel. C'est une bonne nouvelle environnementale. Le diesel représente moins de 50% des ventes aujourd'hui alors que les acheteurs se tournent essentiellement vers les moteurs essence.

Cependant, les Français roulent encore à 75% au diesel. Et ils ne changeront pas de voitures pour autant. C'est pour ça que la hausse des prix à la pompe est si mal perçue.

Donc, pour faire simple, on subventionne massivement les moteurs électriques et on demande aux constructeurs d'accompagner la transition. C'est logique. Une position soutenue par Renault. Le constructeur français y est largement favorable car un véhicule électrique sur deux vendu est une Zoé. C'est la stratégie tout électrique de Carlos Ghosn qui est récompensée. PSA est plus réticent et ça se comprend puisque la prime à la conversion est, dans les faits, un soutien financier qui profite avant tout à Renault.

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