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Plus de 20.000 morts chez les seniors en 2024 à cause des chutes : comment expliquer ce phénomène en augmentation

Deux fois plus qu'il y a dix ans et davantage que la grippe : les chutes chez les personnes âgées atteignent un niveau alarmant en France. Pourtant, adapter son logement et maintenir une activité physique régulière permettent d'éviter le pire, à condition d'anticiper.

Un couple de personnes âgées (image d'illustration)

Crédit : Simon Godfrey / Unsplash

Chutes mortelles chez les seniors : 20.000 décès en 2024, un fléau sous-estimé malgré des solutions simples

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Amandine Bégot

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En France, plus de 20.000 personnes de plus de 65 ans sont mortes à cause d'une chute en 2024, selon un bilan publié jeudi 12 mars par Santé publique France (SPF). C'est presque deux fois plus qu'il y a 10 ans. C'est plus que le nombre de victimes de la grippe chaque année. Et pourtant, il existe des solutions pour éviter le pire, la première : adapter son logement. 

Dans l'appartement de Mehdia, une ergothérapeute passe chaque pièce au crible. "Et si on rajoutait une barre ici, ça pourrait vous aider ? Une barre pour vous relever", propose-t-elle en examinant la salle de bain. C’est précisément là que les difficultés se concentrent. "J’avais du mal à monter dans la baignoire, j’ai des problèmes de jambes, chaque fois je me cognais le pied, je suis tombée plusieurs fois", témoigne la retraitée sur RTL.

La solution est concrète : la baignoire sera remplacée par une douche, financée par le bailleur. Une adaptation devenue indispensable face au vieillissement des locataires. "D’ici à 2030, on prévoit une augmentation de 30% de la part des locataires âgés", explique Florian Maillebuau, directeur des politiques sociales à Paris Habitat sur RTL. "La plupart souhaitent repousser au maximum l’entrée en établissement spécialisé".

Anticiper et maintenir une activité physique pour prévenir les chutes

Pour le professeur Bertrand Fougère, gériatre au CHU de Tours, l’adaptation du logement est essentielle, mais elle doit intervenir en amont. "Il faut anticiper, notamment avant la première chute. L’idée, ce n’est pas d’attendre qu’elle survienne pour agir", insiste-t-il sur RTL.

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Car le risque est bien connu des médecins : "Un chuteur rechutera". Autrement dit, sans intervention, une première chute en entraîne souvent d’autres, avec des conséquences potentiellement graves sur l'autonomie.

Au-delà de l’aménagement du domicile, le spécialiste insiste sur un autre pilier : l'activité physique. "Il n’est jamais trop tard pour commencer", assure-t-il. Marche active, exercices de renforcement musculaire ou travail de l’équilibre sont indispensables.

Une hausse à relativiser : effet démographique et meilleur repérage

"Il faut faire des exercices en résistance, par exemple se lever plusieurs fois d’une chaise sans accoudoir, ou tenir en équilibre sur une jambe quelques secondes", détaille-t-il. L’objectif est clair : préserver ses capacités physiques pour limiter le risque de chute.

Avec 20.000 morts en 2024, soit plus que la grippe, le constat est préoccupant. Mais cette augmentation doit être nuancée. "Il y a l’effet démographique qui fait qu’on a plus de chutes", souligne Bertrand Fougère : la population vieillit, et le nombre de personnes à risque augmente mécaniquement.

Autre facteur : une meilleure identification des chutes. Longtemps banalisées, elles étaient souvent passées sous silence. "On se dit : j’ai chuté, je n’en parle pas", souligne le gériatre. Le plan lancé en 2022 a permis de mieux les repérer, contribuant aussi à la hausse des chiffres.

Un plan anti-chutes encore insuffisant

"On n’a pas anticipé, ni les pouvoirs publics, ni les individus", reconnaît Bertrand Fougère. "Vieillir, ça se prépare".

Lancé en 2022, un plan national visait à réduire de 20% les chutes mortelles. Un objectif aujourd’hui loin d’être atteint. "Il était ambitieux", admet le professeur, évoquant aussi l’impact du vieillissement démographique.

Des progrès existent néanmoins, notamment dans le repérage. "On banalise souvent les chutes. Beaucoup n’en parlent pas à leurs proches ni à leur médecin", souligne-t-il. Une meilleure prise de conscience permet désormais de mieux identifier ces accidents, première étape pour les prévenir.

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