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Pédophilie : comment l'Église cherche-t-elle ses millions pour indemniser les victimes ?

D'où viennent les fonds pour indemniser les victimes de pédophilie dans l'Église ? Vingt millions d'euros ont déjà été réunis.

Une église catholique (illustration)
Une église catholique (illustration)
Crédit : AFP/Gilles Targat
Pédophilie : comment l'Église cherche-t-elle ses millions pour indemniser les victimes ?
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Marie Guerrier

Enquête ce mardi 8 février sur les 20 premiers millions d'euros réunis pour indemniser les victimes de prêtres pédophiles. Il y a trois mois, à Lourdes, les évêques se sont engagés à financer cette indemnisation. Combien les diocèses ont-ils versé ? Comment ont- ils trouvé l’argent ? 

D’abord, qui s'occupe de collecter et de gérer ces millions ? C'est le fonds SELAM (Solidarité et lutte contre les agressions sexuelles sur mineurs). Une instance présidée par Gilles Vermot Desroches. "On a dit qu'on communiquerait le jour où on passe cette aide et 20 millions, on vient de la passer. C'est important parce que ça passe d'engagements annoncés à un début de réalisation", explique-t-il. 


Le tout premier donateur, c'était une victime dit-il, et tous les jours, trois ou quatre donateurs individuels se manifestent. Mais pour l'essentiel, c'est l'Église qui contribue. "La très, très grande majorité des évêques eux-mêmes qui voulait montrer par là leur engagement personnel dans cette démarche et comment ils la soutenaient. Et puis aujourd'hui, chacun des diocèses a apporté sa contribution".

Placements financiers ou immobiliers

Le fonds SELAM ne communique pas les montants. Il faut donc poser la question aux diocèses. À Reims par exemple, Sixte-Anne Rousselot détaille. "Le montant des legs de quatre prêtres mis en cause dans des affaires de criminalité depuis 1950, qui avaient fait de l'Association diocésaine de Reims leur héritière. (...) Donc, on a reconstitué les montants et les équivalents et on est arrivé à une somme de 357.400 euros qu'on a donc versée au Fonds SELAM en décembre dernier". 

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Les diocèses de Nevers, de Bordeaux ont aussi reversé des sommes léguées par des prêtres abuseurs. Alors, il y a une règle : on ne prend pas sur les dons des fidèles. Les 100 diocèses doivent donc piocher dans leurs réserves.

Et de quoi sont-elles constituées ces réserves ? Placements financiers, placements immobiliers. Chaque diocèse contribue au prorata de ses ressources. Tous n'ont pas les mêmes moyens. Paris, le diocèse le plus riche, est propriétaire de 100.000 mètres carré d'immeubles de rapport dans la capitale. Il s'est engagé à verser jusqu'à 2 millions d'euros au fonds SELAM. 

Le diocèse de Valence aussi a prélevé sur ses revenus locatifs : 130.000 euros. De l’immobilier également pour Rennes : 500.000 euros. Pour Lyon des produits de placement : 750.000 euros, Angers : 250.000 qui seront débloqués par tranche sur 5 ans. Dans le diocèse de Laval, c’est le "syndicat ecclésiastique", association créée en 1924 pour soutenir les prêtres en difficulté, qui va verser 100.000 euros. 

Tous les diocèses jouent-ils la transparence?

"Nous vendrons des biens s'il le faut", avaient dit aussi les évêques. C'est parfois le cas, un bâtiment ici, un terrain là, à Saint Brieuc, Créteil, Besançon, Lille, Nantes. Le père Laurent Berthout lui est dans le diocèse de Bayeux et Lisieux. "La première somme versée était à la hauteur de 60.000 euros à partir de fonds propres et nous attendons actuellement la vente de deux appartements et d'une maison dans l'agglomération caennaise. Les biens modestes, qui ne sont pas très grands pour arriver à une contribution totale de 300.000 euros. 


Tous les diocèses jouent-ils la transparence ? Non. Versailles, Limoges, Saint-Denis, Pontoise, Tours, Le Mans, et d'autres encore, refusent de parler de leur contribution. Cela finira par se savoir, les comptes des diocèses sont publiés chaque année. Et il faudra peut-être remettre au pot. L'instance indépendante de reconnaissance et de réparation qui étudiera les demandes d'indemnisation des victimes et fixera les montants sera officiellement installée dans trois semaines.. 

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