3 min de lecture Loire-Atlantique

"Passeurs de terres", la coopérative qui protège l’activité agricole

REPORTAGE - À la ferme des Roches à Couëron en Loire-Atlantique, une petite ferme d’une trentaine d’hectares, proche de la ville, vient d’être achetée par une coopérative foncière agricole.

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Les passeurs de terres Crédit Image : Patrice Gabard | Crédit Média : RTL | Durée : | Date : La page de l'émission
Patrice Gabard édité par Venantia Petillault

C'est un achat solidaire pour préserver l’activité agricole, permettre aux éleveurs de poursuivre leur métier et lutter ainsi contre l’urbanisation. Cette coopérative s’appelle "Passeurs de terres" et l’acte officiel a été signé début novembre.

La ferme des Roches d’où l’on distingue parfaitement les quartiers est de Couëron, de l’autre côté d’un petit vallon, appartient à la même famille depuis 1946 et les 9 enfants de la dernière fratrie, qui ont tous plus de 80 ans aujourd’hui, ne voulaient pas que l’histoire s’arrête là, au moment de passer la main.

À commencer par Marie Thérèse Blineau qui vient toujours acheter son lait à la ferme : "Moi j’ai vécu 50 ans paysanne ici et nous on a toujours rêvé que ça restait parce que vous voyez les maisons là-bas, nous on veut préserver le travail des paysans, on veut que ça continue et que les jeunes prennent la suite".

De la ferme des Roches on aperçoit les quartiers est de Couëron , de l'autre côté d'un petit vallon marécageux. Crédits : Patrice Gabard |
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De la ferme des Roches on aperçoit les quartiers est de Couëron , de l'autre côté d'un petit vallon marécageux. Crédits : Patrice Gabard |
De gauche à droite : Marie Thérèse Blineau qui vient de passer la main à Christian David et son fils Ghislain via la coopérative Passeurs de Terres qui a acheté la ferme pour maintenir l'activité agricole. Crédits : Patrice Gabard |
En plus des marchés locaux, la fromagerie de la Ferme des Roches ouvre trois soirs par semaine Crédits : Patrice Gabard |
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Autrement dit permettre à Christian David, installé là depuis 1994 en production laitière et associé aujourd’hui à son fils Ghislain, de poursuivre leur activité : "Il y a une pression très forte sur Couëron sur l’urbanisme, liée à des citadins qui ont envie de nature eux aussi, ça se comprend mais nous c’est notre métier, on vit de la terre et on fait vivre d’autres gens de la terre, c’est une grosse pression !". C’est là justement qu’intervient "Passeurs de terres", pour acheter des terres et protéger l’activité agricole. 

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Les explications d’Elisabeth Guist’hau, administratrice de la coopérative créée en 2018 : "Elle propose à l’acquisition citoyenne des parts de société coopérative à 100 euros et donc le citoyen qui prend une part ou plusieurs parts rentre dans la coopérative, et la coopérative peut ensuite se porter acquéreur des projets correspondants. Cette contribution, elle est solidaire dans le sens où ce ne sont pas des parts qui vont avoir des dividendes, c’est du placement éthique et solidaire. Aujourd’hui, il y a 210 personnes dans la coopérative, c’est une belle réussite".

Le profil de ces 210 coopérateurs

Ils sont d’abord attachés à ce que l’on appelle l’agriculture paysanne avec ses pratiques respectueuses de l’environnement ainsi que les circuits court, ce qu’incarne parfaitement la ferme des Roches qui fait de la vente en direct, trois fois par semaine, sous la houlette de Ghislain David : "Nous, on décide de vivre avec le prix correct qu’il nous faut pour vivre, donc on transforme. Aujourd’hui on fait du yaourt, du fromage blanc, du riz au lait, de la crème, du beurre, des fromages frais et du lait entier". 

De nombreux clients de la ferme sont devenus ainsi souscripteurs. Parmi eux, Jacques Testard, ancien élu vert de Couëron : "Je suis un souscripteur comme beaucoup de locaux, on n’est pas loin de Nantes, on est une ville de 25.000 habitants qui a déjà beaucoup construit, où les terres à proximité de la ville pourraient se trouver menacées donc il faut absolument les protéger et les sauver. On est même surpris de certaines personnes qui souscrivent qui n’étaient pas du tout dans ce trip là et les gens y adhèrent assez facilement parce qu’ils savent ce qu’ils mangent, ils savent ce qu’ils boivent, c’est parfait quoi !"

"C’est quelque chose qui nous tient à cœur, c’est quelque chose de collectif, c’est une association qui est reconnue d’utilité publique, ça nous donne une force pour résister contre l’urbanisation et ça nous permet de voir plus loin, sur plusieurs générations", "forcément ça nous rassure, on se dit que notre avenir a de l’avenir parce que nos terres vont être défendues par plusieurs personnes, s’il y a un projet quelconque sur nos terrains, on sera plusieurs, on ne sera pas un, deux ou quatre paysans , on sera peut-être 300 ou 500 à lutter contre ça. L’objectif, c’était que ce site-là reste une ferme le plus longtemps possible". Et en ce début d’année, la coopérative "Passeurs de terres" travaille à 5 autres projets de rachat de ferme dans les Pays de la Loire. 

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