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"Pas une vie ordinaire" : dormir dehors et réviser pour le brevet, le quotidien d'Héra, collégienne sans-abri à Lyon

Alors que l'Unicef et la FAS dénoncent la hausse dramatique du nombre d'enfants à la rue à l'approche de la rentrée, plus de 2.300 mineurs dorment sans toit en France. Parmi eux, Héra, 14 ans, tente de préparer son année de troisième sans savoir où elle dormira le soir.

Un enfant sans-abri (illustration)

Crédit : JEFF PACHOUD / AFP

"Pas une vie ordinaire" : dormir dehors et réviser pour le brevet, le quotidien d'Héra, collégienne sans-abri à Lyon

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Hortense Crépin & Jérémy Descours & AFP

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Plus de 2.300 enfants dorment à la rue en France faute de places d'hébergement d'urgence disponibles. C'est le constat dressé par un baromètre publié, ce mercredi 26 août, par l'Unicef France et la Fédération des acteurs de la solidarité (FAS), qui dénoncent une nouvelle dégradation de la situation.

Selon les associations, au moins 2.355 enfants, dont 514 âgés de moins de trois ans, sont restés sans solution d'hébergement après un appel au 115, le numéro d'urgence pour les personnes sans abri. Le nombre d'enfants sans hébergement a progressé de 9% par rapport à 2025 et de 42% depuis 2022, année où le gouvernement avait réaffirmé son objectif de "zéro enfant à la rue".

"On reste sous les arrêts de bus"

RTL a rencontré Héra, 14 ans. Avec ses parents et ses deux sœurs, cette adolescente d'origine algérienne n'a plus de toit à Lyon depuis maintenant six mois. Quand la famille compose le 115, aucune solution ne lui est proposée. C'est finalement un collectif citoyen qui l'accueille dans une école.

"Ce n'est pas une vie ordinaire. On sort le matin, on revient le soir, on dort dans le gymnase. On n'a même pas de douches, on n'a pas où cuisiner. Et moi, quand je sors du collège, je reste dehors avec ma mère. Quand la météo n'est pas bonne, parfois, on reste sous les arrêts de bus", raconte la jeune fille.

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Dormir sans adresse fixe tout en essayant de suivre ses cours : Héra décrit aussi un profond sentiment de honte. "Ça me dérange, je ne veux pas que mes camarades sachent ma situation. Je dois réviser dehors et je prends tous mes cahiers pour travailler dehors", confie-t-elle au micro de RTL.

À quelques jours de la rentrée, la collégienne garde pourtant le sourire en évoquant son année de troisième et la préparation du brevet. Mais une incertitude demeure : elle ne sait toujours pas où elle dormira le soir de la rentrée scolaire.

"Il est urgent que les décideurs publics agissent"

Face à ces situations, "il est urgent que les décideurs publics agissent", a souligné Adeline Hazan, présidente de l'Unicef France, citée par l'AFP après la publication du baromètre. La dirigeante associative appelle à "un sursaut politique" qu'elle juge "vital pour ces enfants". "Si garantir un toit à tous les enfants n'est pas notre priorité, qu'est-ce qui l'est ?", demande-t-elle.

L'Unicef France et la FAS soulignent toutefois que les données de leur rapport ne sont pas exhaustives. Elles rappellent que certaines familles ne parviennent pas à joindre le 115 ou renoncent à l'appeler. Les mineurs non accompagnés sans abri, ainsi que les familles vivant en squat ou en bidonville, ne sont pas non plus comptabilisés.

Les deux associations rappellent aussi "les conséquences dramatiques du sans-abrisme sur la vie et le bien-être des enfants" : dégradation de la santé physique et mentale, isolement social, exposition à la violence et difficultés de scolarisation. Selon elles, 14 enfants de moins de quatre ans et 12 adolescents âgés de 15 à 18 ans sont morts à la rue en 2025.

Appel à un plan de production de logements sociaux

Pour tenter d'enrayer cette situation, l'Unicef France et la FAS plaident notamment pour un plan massif de production de logements sociaux. Elles s'appuient aussi sur un rapport publié en juillet 2025 par trois inspections générales, qui estimait que le programme d’hébergement d'urgence souffre d'une sous-budgétisation chronique et d'un déficit de pilotage, ne lui permettant pas de répondre à l'ensemble des demandes.

À l'approche de l'élection présidentielle de 2027, les associations demandent que la lutte contre le sans-abrisme des enfants devienne une priorité absolue des politiques du logement et de l'hébergement.

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