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Lindsay Clancy, mère américaine accusée du meurtre de ses trois enfants, lors de son procès le 20 août 2026.
Crédit : CBS Boston/Youtube
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C'est un procès qui secoue les États-Unis et qui soulève à nouveau la question de la santé mentale des mères. Lindsay Clancy, une femme de 36 ans vivant dans le Massachusetts, est accusée d'avoir tué ses trois enfants âgés de cinq ans, trois ans et huit mois au domicile familial de Duxbury le 24 janvier 2023.
Si la mère de famille ne nie pas avoir commis ces meurtres, c'est autour de la notion de préméditation que ce procès prend des proportions hors normes aux États-Unis. Lindsay Clancy affirme en effet avoir souffert de "psychose post-partum" ainsi que d'anxiété, jusqu'à entendre une voix masculine qui lui a ordonné de tuer ses enfants avant de tenter de s'ôter la vie en sautant par la fenêtre.
L'accusation, en revanche, tente de prouver que la mère de famille ne souffrait pas de "psychose post-partum", mais qu'elle avait au contraire prémédité son geste avant de feindre une tentative de suicide, argumentant notamment que les voix entendues par Lindsay Clancy n'ont été mentionnées qu'après le meurtre des trois enfants.
Ce jeudi 20 août, de nouveaux témoins ont été appelés à la barre, alors même que les témoignages se sont succédés lors de ce procès extraordinaire. La mère de Lindsay Clancy avait elle-même pris la parole, décrivant sa fille comme une "mère aimante et dévouée à ses enfants", mais confirmant que sa fille luttait contre des problèmes de santé mentale, rapporte la chaîne américaine CBS.
L'avocat de la défense a lu des messages échangés entre les deux femmes, dans lesquels Lindsay Clancy avait notamment alerté sa mère : "Maman, tu peux venir et rester avec moi quelques temps ? Quelque chose ne va pas." Dans ses messages, Lindsay Clancy se plaignait notamment d'insomnie, expliquant qu'elle avait commencé à prendre un traitement contre l'anxiété prescrit par son médecin, mais qu'elle pensait que cela "empirait les choses".
Une note retrouvée dans le téléphone de Lindsay, prenant la forme d'un journal intime et lue lors du procès met également en cause ces médicaments : "Ils m'ont volé ma maternité et ma vie", écrit Lindsay Clancy comme le rapporte par la chaîne CNN. Ce document, créé en décembre 2022, a été mis à jour pour la dernière fois le 23 janvier 2023, soit la veille du meurtre des trois enfants.
Le Dr Donald Condie, psychiatre clinicien, a également témoigné lors du procès, expliquant que Lindsay Clancy se plaignant de symptômes comme des "vertiges", la "sensation de sentir sédaté le matin si elle réussissait à dormir", rapporte CBS. Autant de symptômes qui, selon lui, sont caractéristiques des personnes "souffrant de dépression post-partum". Mais les procureurs ont notamment pointé du doigt le fait que le Dr Condie n'avait pas examiné lui-même Lindsay Clancy, seulement rapporté des faits lus dans son dossier.
Un autre psychologue clinicien, le Dr Paul Zeizel, qui avait pu échanger avec Lindsay Clancy après le meurtre des enfants et sa tentative de suicide, a témoigné à la barre que selon son opinion après avoir examiné l'accusée, "elle ne feint pas" sa condition psychiatrique. C'est d'ailleurs ce même médecin qui a prêté son téléphone à Lindsay Clancy pour que celle-ci puisse appeler son mari (ils ont depuis divorcé) et lui expliquer avoir entendu une voix qui lui ordonnait de tuer les trois enfants.
Là encore, la procureure a remis en question le témoignage en demandant au médecin s'il avait lui-même conseillé à Lindsay Clancy de prétendre avoir entendu une voix, ce qu'a réfuté le psychologue.
La mère et la soeur de Lindsay Clancy ont toutes les deux témoigné du changement d'humeur de Lindsay Clancy dans les semaines précédant le drame. Sa mère a notamment rapporté une discussion qu'elle a eu avec sa fille et son mari durant laquelle Lindsay leur aurait dit qu'elle "pensait à faire du mal aux enfants".
Mais la procureure a par la suite lu des messages entre Lindsay Clancy et sa mère, quelques jours avant le triple meurtre, dans lesquels l'accusée disait se sentir "mieux" et sa mère de lui répondre que cela lui faisait plaisir de la voir remonter la pente. Lors du procès, la mère de Lindsay a toutefois déclaré que ce message en particulier avait pour but "d'encourager" sa fille à aller mieux, mais que ce n'était pas une observation factuelle de son état de santé.
Tout a long du procès, les deux procureurs ont tenté de mettre en évidence une préméditation, selon eux, du geste de Lindsay Clancy, soulignant à travers plusieurs témoignages qu'elle semblait aller "mieux" dans les jours précédant le meurtre des enfants, et tentant de prouver qu'elle ne souffrait pas de psychose post-partum. Ils ont également pointé du doigt, dans la liste de recherches en ligne effectuées par Lindsay Clancy dans les jours précédents, une question en particulier : "Peut-on soigner un sociopathe ?"
Si cette affaire divise au sein de la salle d'audience, elle met surtout en lumière la question de la santé mentale des femmes, et en particulier des mères. Une étude citée par l'American Medical Women's Association souligne que la dépression post-partum touche 10 à 20% des États-Unis. Jeudi, de nombreuses femmes se sont rassemblées à l'extérieur du tribunal pour apporter leur soutien à Lindsay Clancy. Vêtues de rose, elles ont notamment observé une minute de silence et partagé leurs expériences avec la dépression post-partum.
Si elle est reconnue coupable du meurtre de ses enfants au premier degré (c'est-à-dire un meurtre avec préméditation), Lindsay Clancy pourrait être condamnée à la prison à perpétuité sans possibilité de libération conditionnelle. Si elle n'est pas reconnue responsable en raison de son état psychologique, elle pourrait être envoyée dans une institution psychiatrique du Massachusetts.
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