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Un brassard de police. (Illustration)
Crédit : THOMAS COEX / AFP
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Les conditions de l'enfant ont suscité un vif émoi. Un garçon de huit ans a passé plusieurs semaines enfermé dans sa chambre surchauffée, sans eau ni nourriture, à Nîmes, dans le Gard. Un juge des enfants a pris la décision de le retirer à sa mère et à son beau-père, qui en avaient la garde, le vendredi 14 août, pour soupçons de manquements à l'éducation.
Sans la solidarité organisée de ses voisins qui lui apportaient à manger et à boire, l'histoire de ce jeune enfant aurait pu virer au drame.
Les services du commissariat de Nîmes ont été avertis le vendredi 14 août par l'aide sociale à l'enfance qu'un enfant de huit ans devait faire l'objet d'un retrait de chez sa mère, où il vivait avec son beau-père et son demi-frère âgé de 18 mois, selon la procureure de la République de Nîmes. Les forces de l'ordre sont intervenues ce même jour, sous les applaudissements du voisinage.
Les différents témoignages des voisins diffusés sur les réseaux sociaux ou par la voie de la presse ont sans doute poussé la justice à agir rapidement, face à l'émoi suscité par la situation du garçon. Ce dernier manquait d'eau et de nourriture, selon plusieurs témoins. Ils indiquent aussi qu'il était enfermé dans une chambre surchauffée, en pleine période de canicule. "Ça fait depuis tout l'été qu'il ne sort pas. On ne l'a pas vu dehors. Il était H24 dans sa chambre, enfermé toute la journée", a confié Morgane, une voisine, au micro de RTL.
Une riveraine a également indiqué que l'enfant était victime de sévices. "Dès son arrivée, le nouveau compagnon de sa mère a fait de Léo un véritable bouc émissaire. (...) Il lui disait qu’il ne méritait pas de vivre, qu’il allait lui passer les mains sous l’eau bouillante, il l’insultait", a confié une riveraine à nos confrères de Midi-Libre.
La procureure de la République a saisi le commissariat de police de Nîmes d'une enquête pénale afin d'établir dans un premier temps l'existence potentielle de faits de manquements à l'éducation. Ces investigations doivent aussi permettre de recueillir et confronter des éléments pour l’instant en partie non fiabilisés.
Le jeune garçon a eu la chance de bénéficier d'un important élan de solidarité de la part de ses voisins. Au micro de RTL, Morgane, explique comment ses premiers soupçons sont nés. "À un moment donné, il demande à ma fille du chocolat, des choses comme ça. Donc je me suis dit : 'Peut-être qu'il n'en a pas'", se souvient la mère de famille. "Ensuite, ça a commencé par : 'J'ai soif, je veux à boire, j'ai faim…' Donc là, je me suis questionnée", ajoute-t-elle avant d'assurer qu'elle avait déjà fait un signalement un an et demi plus tôt".
Les doutes se sont renforcés tout au long de l'été quand elle ne voyait pas le garçon sortir de chez lui. "Ce n'est pas normal pour un enfant", souligne Morgane, "sans compter qu'il me demandait à manger et à boire". "Il collait des mots à sa fenêtre en pensant qu'on allait les voir, mais on ne pouvait pas voir. Il avait écrit des choses dessus, on ne sait pas quoi. Et puis il balançait des mots par terre : 'Appelez la police', 'A l'aide'. C'est une maman qui les a trouvés", détaille-t-elle.
Grâce à un sac à dos flottant au-dessus du vide, tenu par une corde qui descend en rappel vers l'appartement du dessous, les voisins sont parvenus à le ravitailler pendant deux semaines. "Au niveau du visage, il était blanc, blanc, blanc", insiste sa voisine, "il avait vraiment maigri du visage".
Le vendredi 14 août, le retrait du garçon a été réalisé "en urgence", selon les mots de la procureure, Cécile Gensac, sur la base d'une ordonnance de placement de cet enfant qui date du 11 août 2026. Celle-ci est donc antérieure aux faits de maltraitance évoqués par les voisins.
La mère avait fait une demande de placement en raison de "difficultés croissantes face aux troubles de la personnalité de l'enfant, et par incidence à la mésentente au sein du foyer".
L'enfant de huit ans était suivi depuis 2023 par un juge des enfants en raison de troubles de la personnalité notamment liés à la séparation des deux parents, mais aussi d’un "positionnement éducatif conflictuel entre les deux parents". Cette mesure d'assistance avait été renforcée en 2025.
Faute de place immédiate en famille d'accueil, les services de l'aide sociale à l'enfance ont entamé une recherche active d'un lieu de placement pour le garçon.
Il a été placé en foyer en attendant. Une enquête pénale a été ouverte pour tenter d'identifier toute infraction à l'encontre des adultes chargés de sa santé et de son éducation.
Aucun placement n'a été prononcé à ce stade pour le demi-frère de 18 mois. Selon les policiers qui sont intervenus le 14 août, celui-ci semblait "bien traité par ses deux parents". Il doit tout de même être examiné prochainement par l'unité médico-judiciaire.
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