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"On est un peu les mal-aimés" : en grève, les médecins du privé dénoncent un manque de reconnaissance du secteur libéral

Les praticiens des cliniques rejoignent ce week-end le mouvement de grève des médecins libéraux. La Fédération de hospitalière privée dénonce un manque de reconnaissance du secteur.

Un médecin (illustration).

Crédit : Online Marketing / Unsplash

Lamine Gharbi, président de la fédération hospitalière privée : "On est un peu les mal aimés"

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Laurène Rocheteau

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Les praticiens du privé se font entendre. Les médecins des cliniques privées rejoignent ce week-end le mouvement de grève des libéraux qui dure depuis le 5 janvier dernier. Au-delà des revendications budgétaires liées à la loi de financement de la Sécurité sociale, les professionnels du privé dénoncent un manque de reconnaissance du secteur libéral. 

Invité de RTL samedi 10 janvier, le dr Lamine Gharbi, président de la Fédération hospitalière privée, dénonce même une "maltraitance institutionnalisée" du secteur libéral : "C'est la non-reconnaissance de la pénibilité, des efforts que font les médecins tous les jours pour prendre en charge les patients. C'est une difficulté aujourd'hui qui est accrue par des mesures vexatoires," déclare-t-il.

Il évoque un "ras-le-bol" de la profession qui va s'exprimer ce samedi, lors d'une manifestation nationale prévue à Paris à partir de la mi-journée.

Ils demandent une prise de conscience

Si l'argent versé au secteur médical "est passé d'une enveloppe de 200 milliards d'euros à 260 milliards d'euros entre l'avant et l'après-Covid," ce montant a seulement permis de rééquilibrer le "retard dans la rémunération" des professions médicales. Mais le dr Gharbi affirme que le fondement de ce mouvement social n'est aujourd'hui "pas un problème financier", mais bien une question de reconnaissance de l'importance des professions libérales. 

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"Il faut que le gouvernement prenne conscience, parce qu'on manque de médecins (...) il faut les choyer, les encourager." Il dénonce un système qui "tape" sur les médecins en permanence, et qui ne reconnaît pas la complémentarité entre le public et le secteur libéral. Ce mouvement de grève, largement suivi, "permet aussi de montrer que sans nous, le public ne peut pas fonctionner". Le secteur libéral réalise "35% de l'activité sur le territoire national, avec 17% des ressources," rappelle le dr Gharbi. "L'hôpital public assure de très belles missions, de formation, d'enseignement, de permanence des soins, mais sans nous, ça ne fonctionne pas."

Concernant le secteur libéral, "on est un peu les mal aimés, donc on voudrait retrouver nos lettres de noblesse et la fierté, surtout la fierté de soigner et d'accompagner les patients," estime le président de la Fédération hospitalière privée.

Un rendez-vous avec le Premier ministre ?

Alors que le mouvement de grève doit continuer de prendre de l'ampleur dans les prochains jours, avec 100.000 opérations déprogrammées dans la semaine, la ministre de la Santé, Stéphanie Rist, a proposé de recevoir les syndicats ce samedi. Une invitation restée pour le moment sans réponse. 

"On n'ira pas, parce qu'on a attendu ces propositions toute la semaine, et s'il voulait, il n'y a rien de concret. Donc y aller aujourd'hui, ça n'a pas de sens," explique Lamine Gharbi. Avec de grosses perturbations prévues dans les prochains jours dans le secteur, le médecine estime que le mouvement en est à sa "mi-temps". Les syndicats demandent à rencontrer le Premier ministre, "parce que c'est lui qui détient les arbitrages, ce n'est pas que le ministère de la Santé".

Dans les cliniques, les opérations lourdes ont été déprogrammées pour laisser place en fin de semaine aux chirurgies en ambulatoire, qui voient les patients rentrer chez eux dans la journée. Des médecins ont été réquisitionnés pour assurer les urgences et le fonctionnement des maternités, mais des patients peuvent se voir transférer vers des établissements publics durant cette grève. 

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