1. Accueil
  2. Actu
  3. Société
  4. Les animaux marins, victimes de la pollution sonore des activités humaines
3 min de lecture

Les animaux marins, victimes de la pollution sonore des activités humaines

La mer aussi subit la pollution sonore. Et ça ne fait pas du bien aux animaux qui la peuplent, rapporte la revue "We Demain".

Illustration d'une baleine et d'un bateau au large de la Chine en 2017
Illustration d'une baleine et d'un bateau au large de la Chine en 2017
Crédit : STR / AFP
La Revue de Presse du 12 mai 2021
03:46
La Revue de Presse du 12 mai 2021
03:46
Isabelle Choquet

Ce mercredi, plongée sous-marine dans un boucan d’enfer. On appelle ça "le monde du silence". Tu parles. La mer aussi subit la pollution sonore. Et ça ne fait pas du bien aux poissons, rapporte la revue We Demain

Sous l’océan, en fait, ce n’est jamais silencieux. Il y a le chant des baleines, le "frou frou" des crevettes, les orages qui se font entendre jusque sous l’eau. Même près de la plage, les espèces marines n’ont pas les portugaises ensablées. La plupart perçoivent les ondes sonores. C’est même indispensable à leur survie, pour communiquer, repérer les dangers, trouver de la nourriture. 

Sauf que trop, c’est trop. Aux Bahamas, en 2000, on a trouvé une quinzaine de baleines à bec et de dauphins échoués. Leurs organes auditifs étaient ravagés par les sonars des bateaux de l’armée américaine. Il y a aussi la prospection pétrolière. En 2008, une centaine de dauphins ont agonisé sur les côtes de Madagascar, désorientés par les sonars d’Exxon Mobil.

Un calvaire pour les animaux marins

Depuis, les scientifiques ont fait la preuve du calvaire que subissent les animaux marins à cause du bruit des hommes. Le trafic maritime est un bruit de fond permanent, mais il y a aussi les activités portuaires, les constructions côtières, la pêche, les jet-ski, et des travaux dantesques. 

À lire aussi

Les marsouins et les phoques d’Europe du nord sont obligés de quitter leurs lieux de vie à cause des chantiers de parcs éoliens maritimes. Le saumon et le bar sont stressés par la prospection sismique du pétrole sous-marin, avec des canons à air comprimé. Vous allez me dire, il n’y a pas un chantier sous-marin tous les 100 mètres. C’est vrai. 

Les sons plus vite propagés dans l'eau

Mais les sons dans l’eau se propagent quatre fois plus vite que dans l’air. Ils peuvent voyager sur des centaines et même des milliers de kilomètres. Alors très vite, le tapage est insupportable. Le niveau de bruit moyen aurait ainsi augmenté de près de 20 décibels sur les 50 dernières années, c'est-à-dire 100 fois plus de puissance sonore et une portée 10 fois plus importante. Et pas moyen de se boucher les oreilles ou de fermer la porte. 

Heureusement, les ONG, les chercheurs et même l’Europe se mobilisent. Par exemple, on fabrique aujourd'hui des rideaux de bulles pour limiter la propagation du bruit autour des chantiers. C’est efficace, mais très cher et pas très écolo. Alors on travaille aussi sur une membrane remplie d’air, une sorte de coussin anti-bruit. 

Des bateaux plus silencieux ?

Pour rendre les bateaux plus silencieux, on fait appel aux spécialistes de la construction navale de défense. En effet, le bateaux et les sous-marins militaires, c’est discret par nature. Naval Group teste ainsi des hélices avec moins de "cavitation". La cavitation, ce sont les bulles produites par la rotation de l’hélice, et c’est ça qui fait du bruit. 

Reste que la mesure la plus efficace, c’est de réduire la vitesse des bateaux. On a fait l’expérience en demandant aux navires marchands de passer à 11 nœuds, d’habitude c’est entre 13 et 18. Résultat spectaculaire: l’intensité sonore a baissé de 50%. En plus ça réduit la pollution, et le risque de collision avec les baleines. 

Mais pour que ça marche, il faudrait imposer la norme à l’échelle mondiale, sinon ça pose des problèmes de concurrence. “Ralentir, c’est la base", dit un scientifique. "Les consommateurs doivent prendre conscience de l’enjeu. Il faut qu’on s’habitue à ce que les produits qui voyagent par bateau mettent plus de temps à nous parvenir. Qu’on achète plus local aussi, pour diminuer le trafic”. C’est l’effet papillon : acheter du “made in pas loin”, pour arrêter de casser les oreilles des poissons. 

La rédaction vous recommande

Commentaires

Afin d'assurer la sécurité et la qualité de ce site, nous vous demandons de vous identifier pour laisser vos commentaires.
Cette inscription sera valable sur le site RTL.fr.

Signaler un commentaire

En Direct
/