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Nouvel an : d'où vient le mot "vœux" ?

On présente ses vœux de bonne année depuis le XVIIe siècle, nous apprend Muriel Gilbert… Mais leur orthographe aurait pu être bien plus simple !

Les soirées clandestines inquiètent à l'approche du Nouvel an(illustration)
Les soirées clandestines inquiètent à l'approche du Nouvel an(illustration)
Crédit : iStock / Getty Images Plus
Nouvel An : d'où vient le mot "vœux" ?
03:25
Muriel Gilbert
Muriel Gilbert
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Aujourd’hui, c’est le jour ou jamais, parlons "vœux". Et, pour commencer, je vous les présente amis des mots : mes meilleurs vœux pour l’année qui commence ! À noter, précise l’Académie française, que l'on ne peut pas "souhaiter ses vœux", puisque vœu est déjà "synonyme de souhait [...] On ne dit pas que l’on souhaite des souhaits à tel ou tel, [donc] on ne dit pas plus qu’on lui souhaite des vœux."

Bref, on présente ses vœux ou alors, on souhaite le meilleur. Les puristes vous diront encore que "meilleurs vœux" tout court est moins chic que "mes meilleurs vœux". Je ne me prononcerai pas là-dessus. En revanche, vu l’année 2020 que nous avons tous passée, j’ai déjà reçu pour 2021, au lieu de "vœux de bonne année", des "vœux de meilleure année". Pourquoi pas ? Une meilleure année, c’est pas de refus !

Au fait, depuis quand présente-t-on ses vœux, comme ça, en janvier ? On trouve la trace de l’utilisation du mot "vœux" dans le sens des souhaits que l’on adresse à quelqu’un en début d’année à partir du XVIIe siècle, nous apprend le Dictionnaire historique de la langue française.

Le vœu descend du latin "votum"

 Rappelons que, contrairement à ce que l’on voit souvent sur les vitrines des magasins, "vœux" s'écrit bien avec un e dans l'o. Pourtant, c’est vrai qu’on aurait pu échapper à cette petite complication : figurez-vous que le mot "vœu" ne s’est pas toujours écrit avec un e dans l’o … Au XIIe siècle, il s’écrivait tout simplement V.E.U.

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Comme souvent avec les caprices de notre orthographe, cette blagounette-là remonte au Moyen Âge, époque où des lettrés latinistes et peut-être un rien pervers ont trouvé pertinent d’insérer un e dans l’o à la place d’un E tout court afin de rappeler la racine latine du mot.

Car notre vœu descend du latin votum, qui désigne, explique le Dictionnaire historique, "une promesse faite aux dieux en échange d’une faveur demandée ou accordée". D’où les vœux des religieux entrant dans les ordres ou ceux des jeunes mariés à l’église. On retrouve aussi cette racine, votum, dans l’ex-voto, par exemple, cet objet symbolique que les fidèles accrochent dans un lieu de culte en remerciement pour une prière qui a porté ses fruits.

Du vœu au vote

"Votum" fait penser à "vote" également. C’est en effet la même origine latine que notre vœu, mais le vote nous est arrivé d’outre-Manche, où il était employé dans ce sens d'expression d’un souhait politique dès le XVe siècle (voilà un anglicisme dont personne ne se plaint). 

Le mot "vote" arrive en français en 1702, mais il ne s’installe véritablement, assez logiquement, qu’à partir de la Révolution, d’abord en concurrence avec le mot "votation", qui finira par disparaître chez nous mais que les Suisses ont conservé.

Ah, j’en profite pour former un vœu pieux, l’un de ces vœux que l’on forme en sachant qu’ils ne se réaliseront pas : n’oubliez plus le X à pieux quand vous parlez de « vœu pieux », justement.

Un "vœu pieux", c’est pas de X à vœu, qui est au singulier, mais il en faut un à pieux, cet adjectif qui fait référence à la piété et qui, comme l’adjectif vieux par exemple, prend un X même au singulier… ce qui évite qu’on le confonde avec un bâton, qui lui est un pieu … sans X.

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