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Agnès Saal assume sa faute et la regrette à "un point infini"

L'ex-patronne de l'INA, exclue de la fonction publique pour deux ans suite au scandale provoqué par ses 40.000 euros de frais de taxi, se confie au "Monde" et dénonce "l'emballement médiatique" qui a entouré l'affaire.

Agnès Saal au siège social de l'INA à Bry-sur-Marne
Agnès Saal au siège social de l'INA à Bry-sur-Marne
Micro RTL (illustration)
Caroline Brenière

Agnès Saal s'exprime lundi 11 janvier pour la première fois depuis sa mise en cause, en avril 2015, lors d'un entretien avec Le Monde. L'ancienne présidente de l'Institut National de l'Audiovisuel (INA), exclue de la fonction publique pour deux ans dont six mois fermes suite au scandale provoqué par ses 40.000 euros de frais de taxi, éprouve un regret "sincère, profond" et assume sa faute. "Il ne s'agit ni de la nier, ni de la sous-estimer, ni de tenter de me disculper ou de trouver des circonstances atténuantes. Je n'ai pas l'intention de former un recours", assure-t-elle.

En se confiant au Monde, l'ex-patronne espère "remettre un peu de sens et d'humanité dans cette histoire", vécue comme une "petite apocalypse" qui a mis sa vie "en miettes". Elle voudrait, après huit mois de silence, que sa parole soit entendue et souhaite apporter "un certain nombre d'éléments d'explication, sinon de justification" afin que les personnes ayant été choquées puissent "prendre connaissance d'éléments qui n'ont pas été mis en avant jusqu'ici". 

Il fallait bien que je puisse me déplacer même quand le chauffeur était absent

Agnès Saal
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Lorsque Agnès Saal a été nommée à l'INA en 2014, une voiture de fonction, avec chauffeur aux heures de service, a été mise à sa disposition. Pourtant, elle n'a pas le permis de conduire, ce qui explique pour elle le choix d'un abonnement de taxi. Elle n'a pas voulu profiter, "peut-être sottement", avoue-t-elle, d'un second chauffeur, qui aurait représenté un coût annuel de plus de 60.000 euros pour l'INA. "Compte tenu de mes horaires et de mon rythme de travail, il fallait bien que je puisse me déplacer même quand le chauffeur était absent", se justifie-t-elle. L'abonnement de taxi semblait alors être une solution idéale, qui lui permettait de travailler davantage. 

L'ancienne présidente de l'INA explique ensuite avoir utilisé cet abonnement comme une voiture de fonction, "de bonne foi". Les codes de l'abonnement lui sont remis, mais "sans définition précise ni cadrage préalable des conditions" d'utilisation. C'est là, pour elle, le cœur du problème. Elle décide alors de partager les codes avec son fils, à utiliser "en cas d'urgence" en raison de son emploi du temps chargé qui la rendait souvent indisponible. Elle reconnait son erreur de n'avoir jamais vérifié l'utilisation de ce code, mais accuse cependant le manque d'alerte. "À aucun moment on vient me dire : 'Attention, les montants sont trop élevés, certaines courses semblent anormales...' Rien ne m'incite à rectifier ma pratique", se justifie-t-elle, expliquant également qu'elle ne voyait pas le détail de ses courses et n'y pensait pas. 

Je suis devenue un dérivatif, un symbole, l'incarnation d'une trahison des élites

Agnès Saal
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Agnès Saal dénonce surtout "l'emballement médiatique" qui a entouré cette affaire, "tombée à un très mauvais moment". "Je suis devenue un dérivatif, un symbole, l'incarnation d'une trahison des élites, alors que je suis à l'opposé de cette image de haut fonctionnaire cupide qui dilapide les fonds publics", note-elle. Elle constate que dès la sortie de l'affaire, "[la] dénigrer est devenu un sport national. Chacun y est allé de son crachat et [elle] en [a] reçu bien au-delà de ce [qu'elle] pensait mériter." Pour elle, cette folie médiatique explique la sanction violente, "rapide et radicale".
Après cette sanction disciplinaire, Agnès Saal attend aujourd'hui la suite judiciaire de l'affaire. "Ce que je souhaite obtenir maintenant, c'est un droit à la reconstruction d'une réputation et d'un honneur qui ont été jetés aux chiens. J'aspire à pouvoir tourner la page", conclut-elle. 

98 personnalités du monde de la culture et de la haute fonction publique, amis de Agnès Saal, vont adresser une lettre au président de la République pour protester contre cette sanction jugée injuste, révèle lundi 11 janvier le magazine Le Point.

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