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Non, Dupond-Moretti ne veut pas libérer des criminels à cause du coronavirus

FACT CHECKING - Sur les réseaux sociaux, une rumeur court selon laquelle le ministre de la Justice souhaite "vider" les prisons pour qu'elles ne se transforment pas en clusters de contamination.

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Non, Dupond-Moretti ne veut pas libérer des criminels à cause du coronavirus Crédit Image : Christophe ARCHAMBAULT / AFP | Crédit Média : RTL | Date :
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Jean-Mathieu Pernin édité par Maeliss Innocenti

Éric Dupond-Moretti souhaite réduire le nombre de détenus en prison face à l’épidémie de coronavirus, mais ça n’a rien à voir avec de l’impunité. Lundi, le Figaro a dévoilé une note du ministère de la Justice envoyée aux parquets et aux services pénitentiaires rappelant la nécessité de "maintenir autant que possible", dans chaque établissement, une densité carcérale "compatible avec les mesures sanitaires"

Pour limiter cette surpopulation, Éric Dupond-Moretti veut des peines alternatives à l’incarcération comme le bracelet électronique et trouver une autre punition que la prison pour les courtes peines. L’information s'est diffusée en quelques minutes sur les réseaux sociaux, où elle a vite été contestée par une frange à droite de la droite droite. "On sort les délinquants de prison", "Open bar pour les malfrats", "On sacrifie notre sécurité". Le président de Debout la France Nicolas Dupont-Aignan a même écrit "STOP à l'impunité : interpellons, condamnons, enfermons et expulsons !" sans que l’on voie vraiment le rapport. Mais non, le garde des Sceaux ne veut pas libérer mais simplement appliquer la loi, logique pour un ministre de la Justice.

Selon le ministère de la Justice, il y a actuellement en France 62.000 détenus. Pendant le confinement du printemps, ce chiffre était descendu à 59.000. Le garde des Sceaux s’inquiète d’une surpopulation derrière les barreaux qui favoriserait la propagation du virus. Le taux d’occupation atteint les 103% et grimpe même jusqu’à 116% en maisons d’arrêt, où s'entassent les prévenus et les détenus purgeant une courte peine. Cette situation complique à l'évidence le respect des gestes barrières et les mesures d'isolement en cas de contamination.

Aménager les peines pour éviter les clusters en prison

À la date du 20 octobre, 117 détenus étaient positifs et 1.043 placés en quatorzaine. Sans compter les agents pénitentiaires, contaminés eux aussi mais dont le chiffre n’est pas connu.

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Pour éviter une flambée du coronavirus dans les centrales, il ne s’agit pas de libérer les prisonniers mais d’utiliser les outils mis à sa disposition par la réforme des peines entrée en vigueur le 24 mars dernier. Elle prévoit des alternatives à l’incarcération, notamment à domicile sous bracelet électronique, pour les peines inférieures ou égales à six mois, ainsi que des aménagements dès l’audience pour les peines de moins d’un an. Il ne s’agit donc pas de moins punir, mais d’aménager les punitions pour éviter la contamination.

Entre le 16 mars et le 13 avril, 9.923 détenus sont sortis de prison à la suite des ordonnances gouvernementales. Ça ne concernait ni les crimes ni les violences conjugales mais des fins de peines ou des courtes peines. En janvier dernier, la France avait été condamnée par la Cour européenne des droits de l’Homme en raison de la récurrence de sa surpopulation carcérale, le coronavirus en amène, tragiquement, la confirmation.

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