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"Moi(s) sans tabac" : "Je me suis dit que j’étais vraiment esclave de la cigarette", raconte Benjamin

MOI(S) SANS TABAC (2/4) - RTL.fr vous propose de suivre, en ce mois de novembre, trois fumeurs déterminés à arrêter la cigarette. Au fil des semaines, ces derniers racontent leurs échecs et leurs victoires face à la nicotine.

En mai 2018, près d'un million de fumeurs ont dit stop à la cigarette sur une période d'un an.
En mai 2018, près d'un million de fumeurs ont dit stop à la cigarette sur une période d'un an. Crédit : Illustration / AFP
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Clémence Bauduin
Journaliste

À l’occasion du "Moi(s) sans tabac", opération lancée conjointement par le gouvernement et Tabac Info Service, certains accros à la nicotine tentent de relever le défi d’arrêter la cigarette. Benjamin, Jeanne et Julien se laissent un mois pour ralentir ou mettre un terme définitif à leur consommation de tabac. En douceur, ou de manière ferme, chacun y va de sa méthode pour espérer se débarrasser, enfin, de ce fardeau malodorant et néfaste, mais qui compte près de 16 millions d'adeptes en France.

Benjamin, jeune actif de 25 ans, s'est lancé le défi du Moi(s) sans tabac sans savoir vraiment ce qu'il en attendait. Du 1er au 4 novembre, il n'a pas touché une seule cigarette. Puis le vendredi soir, une soirée et des amis fumeurs ont eu raison de sa bonne volonté. Mais, pour autant, son Moi(s) sans tabac ne s'arrête pas là : Benjamin est fier d'être parvenu à ralentir considérablement la cigarette et compte bien continuer sur cette voie. De son côté, Jeanne se prépare tout doucement à arrêter définitivement la cigarette autour de la mi-novembre, une échéance qu'elle préférait choisir plutôt que de s'imposer le 1er novembre, pour lequel elle ne se sentait pas prête.

Benjamin tient le cap... malgré une entorse au défi le temps d'un soir

Il a craqué. "Ce sont les conditions qui ont rendu la chose impossible, se justifie Benjamin, 25 ans. J’étais en soirée et j’avais un peu bu. Au fur et à mesure que le temps passait, l’envie de fumer allait grandissante. Soit je fumais, soit je rentrais dormir. Si je n’avais pas été en soirée, j’aurais pu tenir encore plusieurs jours", estime-t-il. Après cette entorse, Benjamin s'est autorisé plusieurs cigarettes ce soir-là. "Huit environ, peut-être dix - pas plus de douze. Quitte à m’octroyer une soirée de plaisir - car c’était vraiment un immense plaisir de fumer à nouveau - je n’avais pas envie de me limiter", avoue-t-il. La première cigarette fumée lors de cette soirée est donc loin d'avoir écœuré notre fumeur. "C’était le Nirvana. Les premières lattes ont été un soulagement de dingue, reconnaît-il sans peine. Cela m’a permis de recharger les batteries. Je ne sais pas du tout dans quel état je serais si je n’avais pas fumé depuis le début du mois", s'interroge-t-il.

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Je me suis retrouvé dans un état de déprime proche de la crise de larmes.

Benjamin, 25 ans
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Les conseillers anti-tabac ont beau affirmer que le sevrage est rendu plus facile les jours passant, Benjamin n'est pas de cet avis. "On dit que les envies de cigarette sont violentes mais brèves quand on arrête de fumer, c’est faux. C'est presque la première chose à laquelle je pense en me réveillant - 'Ok, encore une journée sans clopes'", raconte le jeune homme, qui en a fini avec l'école et prépare son mémoire de fin d'études. "Je passe mes soirées seul chez moi sur mon ordinateur, typiquement la conjecture où je fumerais comme un malade en temps normal. De 19 heures à l’heure où je me couche, la clope que je ne fume pas est toujours dans un coin de ma tête. C’est vraiment, vraiment dur".
 
Benjamin craignait que l'arrêt de la cigarette altère son humeur et son comportement alimentaire. "Je ne mange pas plus au cours des repas. Par contre, je mange un paquet de bonbons entier - ou presque - chaque soir, c’est infernal". Du côté du caractère, les choses sont moins compliquées que ce qu'il avait anticipé. "Je ne me suis pas encore trouvé irritable", se réjouit-il. En revanche, Benjamin a fait face à un sentiment particulier au lendemain de la soirée où il a fumé. "Je me suis trouvé dans un état de déprime proche de la crise de larmes alors que rien ne va mal, s'étonne-t-il. Je pense que c’est parce que je suis en sevrage et parce que la veille, mon corps avait reçu la nicotine qu’il demandait et que ça lui avait été repris aussi sec". Cet épisode s'est accompagné d'une difficulté à trouver le sommeil et des nausées.

Je suis fasciné par tous les changements physiques et mentaux que provoque sur moi le sevrage.

Benjamin, moins de 10 cigarettes en 10 jours
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Ces quelques jours sans cigarette ont fait de Benjamin un homme heureux. "J’étais parti sur ce Moi(s) sans tabac sans trop y croire alors, même si j'ai craqué, je me surprends Je suis passé de 15 cigarettes par jour à seulement une soirée dans la semaine, sans patch ni cigarette électronique. Je n’ai pas craqué une seconde fois après la soirée", s'enthousiasme-t-il. S'il ne s'attendait pas à subir un épisode de déprime, Benjamin se rend compte des bienfaits de l'arrêt. "Je suis fasciné par tous les changements physiques et mentaux que provoque sur moi le sevrage, explique-t-il. Je me suis rendu compte que j’avais la bouche sèche depuis des années : j’ai maintenant l’impression de produire beaucoup plus de salive qu’avant ! Je sens aussi que mon haleine est incomparablement moins chargée".
 
En parallèle, l'arrêt du tabac provoque une réelle prise de conscience chez le fumeur. "Je réalise ma dépendance à la cigarette et c’est effrayant. Au vu du plaisir que j’ai éprouvé en fumant lors de la soirée, j’ai eu l’impression d’être un héroïnomane en sevrage. C’était trop bon mais cela ne m’a pas renvoyé une image très glorieuse de moi-même. Je me suis dit que j’étais vraiment esclave de la cigarette". "Chaque jour, cela devient graduellement plus difficile mais je tiens. Peut-être qu’après le Moi(s) sans tabac j’aurai réussi à limiter, et ce sera déjà une petite victoire".

Jeanne se prépare psychologiquement à arrêter

Jeanne, elle, n'a pas commencé son Moi(s) sans tabac, qui sera en fait plus qu'un simple mois, puisque la jeune femme compte bien arrêter la cigarette pour de bon. Avec ses deux sœurs, elles ont convenu d'un arrêt définitif autour du 12 novembre, date de son anniversaire. "Je commence à stresser avec la date qui approche", confie cette semaine la jeune femme. Si elle ne compte pas avoir recours aux adjuvants médicinaux, celle-ci reste ouverte à tous moyens de l'aider à franchir le cap, comme l'ouvrage "miracle" d'Allen Carr, La Méthode simple pour en finir avec la cigarette. "J'ai commencé la lecture du livre pour me motiver", explique-t-elle. En parallèle, Jeanne s'est renseignée pour s'inscrire dans une salle de sport. Contrairement aux idées reçues, faire du sport ne compense pas la santé cardio-vasculaire lorsque l'on est fumeur. Cela permet en revanche de réguler son stress, un point non négligeable lorsque l'on décide d'arrêter de fumer.

Retrouvez Benjamin, Jeanne et Julien la semaine prochaine, pour voir comment les deux hommes parviennent à mi-parcours du défi et comment l'étudiante démarre son challenge. RTL.fr prendra des nouvelles de Jeanne aux alentours du 15 novembre. Celle-ci se sera normalement lancée, à son tour, et avec ses deux sœurs, dans le grand défi du Moi(s) sans tabac.

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2016-11-12 11:00:00
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