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Bruno Bouchard, président de l'université Paris-Dauphine sur RTL le 3 novembre.
Crédit : RTL
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Le mouvement étudiant se poursuit, avec une nouvelle journée de mobilisation dans les lycées et les universités. À Paris-Dauphine, l'établissement est resté bloqué et sa fermeture a été annoncée pour plusieurs jours afin d'assurer, selon sa direction, la continuité pédagogique. Mais au-delà du blocage, l'entretien a surtout mis en lumière la situation financière des universités françaises, que Bruno Bouchard juge très préoccupante.
Invité sur RTL ce lundi 3 novembre, Bruno Bouchard, président de l'université Paris-Dauphine, affirme que "la trajectoire actuelle est une trajectoire qui est assez désastreuse". Il explique que les établissements subissent "un effet ciseau", avec "d'un côté des dotations qui en termes réels régressent" et, de l'autre, "des transferts de charges massifs de l'État vers les universités".
Interrogé sur les annonces du gouvernement, avec 500 millions d'euros supplémentaires pour le budget de l'enseignement supérieur et 1 milliard pour la rénovation des campus, Bruno Bouchard juge l'effort insuffisant. "500 millions, c'est sur un budget d'à peu près 15 milliards", rappelle-t-il, estimant qu'avec l'inflation, cela revient au mieux à une forme de stabilité.
Le président de Dauphine décrit une situation déjà très dégradée. "Les années précédentes c'était plutôt des baisses en termes réels" et "la situation actuelle des universités c'est des universités qui sont pour un très grand nombre dans des plans de redressement", dit-il. Il ajoute : "Avant on parlait de déficit budgétaire, aujourd'hui on parle de problèmes de trésorerie."
Il évoque des projections issues d'un rapport commandé par le ministère, avec "des projections de déficit de l'ordre de 1 milliard en 2027, de 2 milliards en 2030 sur 15 milliards de budget". "C'est énorme", conclut-il.
"Pour créer des places, il faut des profs, il faut des locaux"
Bruno Bouchard
L'une des revendications étudiantes porte sur la création de places supplémentaires dans le supérieur. Bruno Bouchard insiste sur les limites concrètes de cet objectif. "Pour créer des places, il faut des profs, il faut des locaux", rappelle-t-il, en soulignant que beaucoup d'universités font déjà face à des "gels de postes" d'enseignants.
Il replace aussi le débat dans une dynamique démographique plus large. Selon lui, les universités accueillent aujourd'hui 54% des étudiants de l'enseignement supérieur, soit "1,6 million d'étudiants". Après une hausse de plus de 20% en dix ans, ce niveau élevé devrait se maintenir jusqu'en 2034. Or, explique-t-il, les financements n'ont pas suivi cette progression des effectifs.
Pour Bruno Bouchard, la question n'est donc pas seulement d'annoncer de nouvelles places, mais de définir une trajectoire crédible. "Ça ne va pas se faire du jour au lendemain", assure-t-il.
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